Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

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La résurrection des « Brady Bonds »
Dans les années 80, la plupart des pays d'Amérique latine avaient fait défaut ou était en risque d'y arriver. Le secrétaire d'Etat au Trésor américain, Nicholas Brady, avait eu l'idée de faire émettre par ces pays des bons libellés en dollars, à échéance de trente ans pour lesquels étaient organisés avec le Fonds Monétaire International, la Banque Mondiale et la Fed de New York tout un système de garantie.
En dehors de l'Amérique latine (Argentine, Brésil, Costa Rica, Brésil, Equateur et Uruguay), ce type de bons a été également émis pour sauver de la faillite des pays comme le Maroc, le Vénézuela et la Pologne.
Plusieurs pays occidentaux et principalement la France proposent aujourd'hui une résurrection d'un mode de refinancement du même genre qui consisterait en fait à dire à un créancier de la Grèce qui normalement devait être remboursé au mois de juin 2011 : « Nous sommes d'accord pour vous rembourser en juin... mais en juin 2041!».
Evidemment dans ce cas-là, le créancier pourra commencer à avoir un petit doute sur un remboursement qui interviendrait dans trente ans, à la condition que le pays émetteur existe toujours, que les garants soient toujours solvables et que le créancier lui-même soit toujours de ce monde...
L'émission de tels bons en remplacement des paiements à échéance constitue non pas un moyen ingénieux de refinancer un pays menacé de cessation de paiement mais un vague souffle d'espérance pour les malheureux créanciers que l'on renvoie à trente ans...
Les agences de notation ont parfaitement raison de considérer que si la Grèce recourt à de tels procédés, elle sera effectivement en situation de cessation de paiement, tandis que les commissaires aux comptes des créanciers, notamment des banques qui ont spéculé sur les émissions obligataires publiques de la Grèce, exigeront la provision de l'intégralité de ces créances irrecouvrables.
Pour beaucoup de banques européennes et notamment françaises, ces provisions seront passées par milliards et dizaines de milliards de dollars.
Quant aux Etats-Unis, la date du 2 août s'approche à grands pas sans qu'à ce jour les Républicains et les Démocrates se soient mis d'accord sur un plan d'économie drastique et sur un relèvement du plafond de l'emprunt du Trésor public américain.
Combien de fois ai-je répété, depuis 2007, que la crise allait durer dix ans et que la deuxième phase de la crise serait celle de la « sphère publique, celle des déficits des Etats, du gonflement des bilans des banques centrales et de la folle accumulation de liquidités spéculatives libellées en dollars dans un système monétaire international qui échappe largement à tout contrôle et qui constitue aujourd'hui la plus vaste des bulles financières de l'histoire » ?

Commentaires (3) | Rédigé par Paul Giacobbi le 12/07/2011
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