Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


   

Depuis de longs mois et bientôt depuis deux ans, je ne cesse d'écrire sur le risque d'éclatement de ce que j'appelle la bulle financière publique, celle des Etats et des banques centrales qui, les uns et les autres, ont mis sur le marché des milliers de milliards de dollars, sans contreparties et sans taux d'intérêt, dans une sorte de thérapeutique de l'excès par l'excès, consistant à soigner l'alcoolique par des tournées supplémentaires de whisky !

A plus long terme, j'écris depuis des années sur le sujet des finances publiques et je contribue même à l'enseignement de l'Ecole Nationale d'Administration sur ces sujets en soulignant notamment la faillite de nos finances publiques françaises et, en particulier le poids insupportable de charges de retraite qui n'ont pas été provisionnées.

J'écrivais ainsi dans le journal Le Monde, en 2002, une « Chronique comptable d'une faillite nationale annoncée » tandis que cette inquiétude majeure a constitué, au fil des années, l'essentiel de mon enseignement à l'ENA.

Il devient évident aujourd'hui que si les injections massives de liquidités dans l'économie par la sphère publique a momentanément sauvé le système financier de l'effondrement, elle ne constitue pas un traitement du mal mais seulement une thérapeutique d'urgence dont la seule ambition est de maintenir provisoirement en vie le malade.

Si l'on s'abstient de traiter au fond la maladie et que l'on se contente de prolonger et d'amplifier les thérapeutiques d'urgence, on va provoquer une nouvelle crise dont on peut craindre qu'elle n'entraîne un véritable collapsus.

Sans entrer dans les détails de mécanismes complexes, l'excès monstrueux de déficits des Etats et le fait que les banques centrales ont depuis longtemps dépassé les limites de ce qu'elles pouvaient raisonnablement faire entraine une irrésistible montée des taux d'intérêt réels dont l'effet est exactement inverse à celui de toutes les mesures de relance qui ont été financées par des déficits publics.

Aujourd'hui, les Etats-unis d'Amérique empruntent à trente ans à 5% et à dix ans à 4%. La montée des taux sur les bons du Trésor public entraine une montée des taux dans le secteur privé tandis que la Banque centrale de peut plus suivre, c'est-à-dire continuer de fournir de la liquidité à 0% en acceptant comme contreparties des papiers sans valeur négociable.

Avec des croissances de la masse monétaire monstrueuses, il est évident que l'inflation va revenir dès lors que la production et la consommation commenceront à se relever et que, dès lors, nous nous trouverons avec une explosion des taux d'intérêt à moyen et long terme, sachant que nous sommes déjà à plus de 5% d'intérêts réels aux Etats-Unis, puisqu'un taux nominal de 5% des emprunts publics à long terme se pratique dans un contexte de baisse des prix !

Comme il arrive souvent en thérapeutique, un médicament peut être très utile voire sauver la vie à certaines doses mais devenir dangereux voire mortel en provoquant des effets inverses de ceux qui étaient recherchés par une posologie raisonnable, lorsqu'on en abuse.

Le lecteur patient pourra lire sur mon site, à la rubrique Prises de parole, ma note intitulé « « Décennie perdue » ou émergence d'un nouveau monde économique » et, s'il le peut, le dernier numéro de « The Economist », intitulé « Debt, the biggest bill in history ».





Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 16/06/2009
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