Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

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La planche à billets
Il y a bien longtemps que cette expression n'a plus aucun sens puisque la quasi totalité de la monnaie en circulation n'est pas créée par l'impression de billets de banque mais par la plume du banquier et ce n'est pas sans raison que les britanniques et les américains traduisent notre « faire marcher la planche à billets » par un plus juste « to use banker's pen ».
Cependant, en quelques années, la Banque Centrale Européenne a multiplié par deux son bilan, c'est-à-dire que ses balances générales sont passées de 1 500 milliards d'euros à 3 000, soit l'équivalent de 30% du PIB de la zone euro.
Cela signifie que la BCE a créé 1 500 milliards d'euros de ce que l'on appelle la « base monétaire » et que sur cette base, l'activité bancaire, même si elle connaît une progression relativement limitée, a généré une création de monnaie bien supérieure.
Nous en sommes donc au niveau du Japon pour ce qui est du rapport entre le bilan de la banque centrale et le PIB : nous dépassons largement la situation des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne.
L'Europe rentre en récession pour la seconde fois en cinq ans, avec une alimentation des marchés financiers et des banques et indirectement des Etats quasiment illimitée du fait des financements à 1% et à trois ans de la BCE à hauteur de 1 000 milliards d'euros, de l'acquisition massive par le BCE à hauteur de 200 milliards d'euros de bons du Trésor des pays de la zone euro et par une pratique débridée de l'escompte à des taux d'intérêt réels négatifs.
Abreuvés de liquidités, les opérateurs financiers se sont installés dans une heureuse quiétude qui leur permet de faire des profits considérables en prêtant aux Etats, en lançant à nouveau des opérations spéculatives, c'est-à-dire en finançant grâce à des prêts qu'on leur accorde à 1% des placements qui leur rapportent plus de 5%, tout en étant garantis que, quoi qu'il arrive, ils pourront toujours disposer de ressources en liquidités illimitées et pratiquement gratuites.
Dès lors, point besoin pour ces opérateurs financiers de pratiquer leur métier ordinaire qui est tout de même de prêter aux entreprises et aux particuliers : ils continuent à le faire à un rythme de progression extrêmement limité et, en définitive, la liquidité qui leur est servie et les garanties qui leur sont accordées n'ont aucune effet sur la croissance, bien au contraire, cette
abondance gratuite et infinie les fait se détourner du financement de la consommation et de l'investissement.
Ce phénomène est bien connu des économistes. On appelle cela la « trappe à liquidités ». L'économie japonaise y est tombée il y a une vingtaine d'années. C'est ce que l'on a appelé dans ce pays « the lost decade », une expression qui a été forgée à la fin des années 90 mais qu'il faut maintenant mettre au pluriel puisque manifestement l'empire nippon n'en est toujours pas sorti.

Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 07/03/2012
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