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La pensée virale

11/03/2015
La pensée virale
La pensée virale prolifère dans notre monde de la communication.
Une sottise, un lieu commun, une contre-vérité, voire une manipulation ou encore un mélange aléatoire de tout cela apparaît un jour sur la toile comme un virus mute inopinément ou se forme dans un milieu vivant et, en quelques heures, se répand dans le corps planétaire de l’électronique.
Dans la vie biologique, le virus se répand avec difficulté : il faut passer d’un être vivant à un autre et parfois franchir la barrière des espèces, tandis que la « pensée virale » ne connaît ni l’un, ni l’autre et « l’épidémie » peut être immédiate et contaminer l’ensemble à une vitesse impressionnante puisque la transmission électronique est instantanée et que l’essentiel de nos objets électroniques sont interconnectés.
La métaphore du bouche à oreille paraît plus appropriée mais, là encore, ce phénomène bien connu, qui est sans doute aussi ancien que le langage articulé et qui a transmis depuis l’aube des temps humains une infinité de rumeurs infondées, présente trois différences essentielles avec la transmission électronique, tout simplement parce que le bouche à oreille est un phénomène éminemment humain et que la rumeur dans nos sociétés se répand par ce biais à une vitesse biologique et certainement pas électronique.
La diffusion est infiniment plus lente puisque toutes les bouches ne sont pas connectées instantanément à toutes les oreilles alors que tous les émetteurs électroniques sont potentiellement connectés à tous les récepteurs électroniques.
La rumeur évolue, se déforme plus ou moins à chaque transmission, s’alourdit de variantes ou d’anecdotes, se heurte à la barrière des langages avec tous les aléas qu’entraine, au-delà même des mots que l’on peut traduire, la différence des concepts et des contextes. La pensée virale électronique, même si elle est susceptible de quelques évolutions, a une vertu d’invariance considérable puisqu’elle est souvent transmise bien avant d’avoir été lue ou réfléchie.
Enfin, la rumeur peut rester souterraine sans jamais s’écrire. Si certaines rumeurs ont la vie dure, une capacité remarquable à resurgir, elles peuvent aussi disparaître sans laisser de traces. Il n’en est pas de même d’une pensée virale électronique.
Même absurde, même à l’évidence fausse, même si elle a fait l’objet de toutes sortes de rectifications raisonnables et documentées, il est totalement impossible de l’effacer de l’univers des mémoires électroniques dans laquelle elle demeurera tant que la dernière machine n’aura pas été détruite par quelque cataclysme planétaire.
Il est donc extraordinairement difficile de lutter contre une information inexacte, manifestement fausse dès lors qu’elle s’est répandue sur la toile.
Le projet de loi du gouvernement relatif aux compétences des collectivités territoriales prévoit une disposition qui permet à ces dernières qui gèrent directement une aire marine protégée d’instituer une redevance pour le mouillage des navires dans le périmètre autorisé de ces zones.
Les parcs marins sont gérés par l’Agence des aires marines protégées, établissement public de l’Etat, et ne peuvent par conséquent instituer une telle redevance, pas plus que les parcs nationaux marins qui sont gérés par les établissements publics de l’Etats spécifiques.
Les seules aires marines protégées gérées par une collectivité territoriale ou un établissement public de ladite collectivité sont plus que rares.
Deux se trouvent en Corse et une troisième dans les Pyrénées-Orientales.
S’agissant des Pyrénées-Orientales, il n’existe ni volonté, ni possibilité d’instituer une redevance de mouillage dans la réserve de Cerbères-Banyuls pour la simple raison qu’il n’y a pas de zone de mouillage forain abritée dans la réserve elle-même.
La réserve naturelle de Scandola, en Corse, interdit le mouillage nocturne dans l’ensemble de son aire, ce qui exclut automatiquement l’institution d’une redevance, tandis que les bateaux dans cette zone vont mouillent dans le golfe de Girolata qui se situe hors de la réserve naturelle.
En revanche, dans la réserve naturelle des bouches de Bonifacio, de très nombreux navires, et notamment beaucoup de navires de très grande taille, mouillent parfois pour plusieurs nuits dans les parties autorisées de la réserve.
Cette affluence est due, non pas au fait que le mouillage est taxé dans le parc de la Maddalena voisin, et contrairement à toutes les contrevérités répandues toujours taxé, mais parce que sans doute l’agrément du site est supérieur aux Lavezzi.
Pour ces grands navires, une redevance de quelques dizaines voire quelques centaines d’euros ne représente que fort peu de choses quand on connaît les budgets quotidiens de tels navires.
Ces très nombreux navires au mouillage posent problème dans une réserve naturelle. Faut-il pour autant interdire le mouillage ou rechercher un moyen terme en instituant une redevance dont le produit permettrait de mieux concilier préservation de l’environnement et accueil des plaisanciers ?
Ainsi, il appartiendra à la Collectivité territoriale de Corse, si la loi est votée, et après qu’un décret aura fixé un tarif, d’organiser des zones de mouillage et, après concertation, d’instituer une redevance qui ne concernera que les navires les plus importants et après concertation avec les parties intéressées.
Ces faits n’ont pas empêché que se répande l’idée que « toutes les aires marines protégées de France et de Navarre se verraient imposées l’institution d’une taxe universelle de 25 euros par mètre linéaire etc… » et, dans quinze jours ou un mois, quand il sera évident pour tous qu’effectivement la portée de la loi est extrêmement limitée et localisée, ceux qui ont répandu la rumeur, au lieu de reconnaître leur excès et leur erreur, affirmeront que c’est grâce à leur mobilisation et leur vigilance que la plaisance française a échappé à un péril mortel.

Commentaires (89) | Rédigé par Paul Giacobbi le 11/03/2015
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