Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


   

Beaucoup de commentateurs se sont étonnés et réjouit des résultats financiers remarquables des grandes banques américaines.

Sans même rappeler que ces honorables établissements étaient au bord de la faillite il y a quelques mois et qu'ils ont dû être renfloués avec des apports en capital de l'Etat qui logiquement auraient dû aboutir à leur nationalisation, il me faut éclairer le lecteur sur la recette très simple qui permet aujourd'hui de concocter ce retour au profit.

Prenez une grande banque américaine, dont le capital social se monterait par exemple à 100 milliards de dollars dont 80% appartiennent au Trésor public, lequel d'ailleurs laisse gouverner l'établissement par les actionnaires possédant les 20% restant.

Cette très honorable banque a encore dans ses placards et ses tiroirs obscurs 200 ou 300 milliards d'actifs illiquides qu'aucun marché n'accepterait et que même le client le plus naïf de Bernard Madoff aurait repoussé en haussant les épaules.

Tout chartered accountant de base saurait que normalement ces actifs illiquides, dont personne ne peut déterminer précisément la valeur même potentielle et qui n'ont en tout cas à court terme aucune valeur vénale doivent être intégralement provisionnées.

Le lecteur naïf, intoxiqué par le discours techno-comptable sur les effets cycliques dans les bilans, me dira que je me trompe et qu'en réalité, il ne faut pas provisionner.

Mais je persiste et signe, et relève d'ailleurs que contrairement à tout ce qui est raconté, les références comptables évoluent bien moins vite dans les manuels que dans les discours politiques.

Toujours est-il que notre banque en faillite virtuelle va faire comme si de rien n'était et considérer comme des valeurs d'actifs qu'aucun doute n'affecte des véhicules d'investissement en cascade dont les terminaisons se perdent au fin fond des îles Caïman.

Comme je l'ai souvent rappelé, la banque ne court au fond aucun risque puisque si elle a besoin d'argent, elle escomptera à peu près tout et n'importe quoi, voire empruntera sans contrepartie, à des taux proches de 0, à la banque centrale des Etats-unis.

Mais alors me direz-vous d'où vient le profit dans ce jeu difficile d'équilibristes ?

Une fois le risque écarté, tout à la fois d'un point de vue pratique et comptable, la source du profit vient essentiellement de ce que la banque emprunte à un taux proche de zéro à la banque centrale et prête cet argent au Trésor public, entre 4 et 5% pour les bons à trente ans.

Pour le reste la banque prête très peu à l'économie, c'est-à-dire aux entreprises et aux ménages.

Ainsi va notre « reprise économique » qui se fonde aujourd'hui exclusivement en ce début d'été torride, sur un effet de reconstitution des stocks, qui s'arrêtera tout seul dans deux ou trois mois, et sur un profit bancaire dont l'équation est très simple : non déclaration des provisions indispensables, refinancement gratuit et sans contrôle des contreparties, recyclage des concours à 0% de la banque centrale en prêts au Trésor à des taux élevés.

Certes le printemps est vert et plaisant, souvenons-nous cependant que l'été risque d'être chaud et orageux !


Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 17/07/2009
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