Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


   
La mère de toutes les bulles, The Mother of all Bubbles
Le monde des économistes commence à s’inquiéter de ce que les déficits et l’endettement abyssal des Etats-Unis d’Amérique pourraient conduire à l’éclatement de la plus monstrueuse des bulles spéculatives qui est à l’origine de toutes les autres.
Il y a pourtant bien longtemps que les raisons de s’inquiéter existent et tout aussi longtemps que l’on aurait dû y prêter attention, déjà dans les années 70, un économiste et banquier français, Jean Denizet, démontrait à quel point était singulière l’aventure du dollar par laquelle le pays le plus riche mais aussi le plus endetté de la planète faisait financer par l’épargne du reste du monde son irresponsabilité financière.
Après cinq années de tourmente économique et financière au cours desquelles l’ouragan de la crise a successivement ravagé l’immobilier américain, l’Europe et, plus particulièrement les pays les plus fragiles et les plus déséquilibrés, le cyclone pourrait bien revenir à son point d’origine et y faire éclater une catastrophe dont les répercussions se feront sentir sur toute la planète.
J’ai déjà exposé ici ou ailleurs l’inquiétude qui pouvait naître quand on sait que le Trésor public américain devra cette année rembourser 4 000 milliards de dollars arrivant à échéance, soit un quart du PIB du pays.
Les commentateurs béats et ignorants ont déjà bien sûr répondu stupidement en évoquant la fameuse planche à billets, c’est-à-dire techniquement la souscription de bons du Trésor américain par la banque centrale.
D’autres, encore plus ignorants de notre monde, expliquent d’un air entendu que les chinois financeront cette dette.
Enfin, les plus inconscients considèrent que tout cela n’a aucune importance et que ce qui compte c’est la production américaine, la richesse ou la créativité du pays.
Nous avons malheureusement d’excellentes raisons, théoriques, pratiques et expérimentales de ne croire à aucune de ces solutions soit disant évidentes.
S’agissant de la production industrielles, qui viendrait par génération spontanée effacer la dette, il faut d’abord remarquer que la balance commerciale des Etats-Unis est structurellement déficitaire depuis la guerre de Corée, que ce pays s’est désindustrialisé à un rythme comparable à celui des autres nations occidentales et que l’on a bien vu l’effondrement de l’industrie automobile américaine sauvée in extremis par une nationalisation provisoire alors même qu’elle n’est plus depuis longtemps que le fantôme de ce qu’a été une grande industrie, autrefois symbole et fleuron du capitalisme américain.
S’agissant des chinois, leur position est claire depuis plusieurs années, ils souhaitent une diminution de la part des valeurs américaines dans leurs réserves, ce qui veut dire clairement que les Etats-Unis auront plus à rembourser l’autorité monétaire chinoise pour les bons du Trésor qu’ils ont souscrits dans le passé qu’à espérer en faire souscrire pour des montants supérieurs dans l’avenir.
Quant à la banque centrale américaine, dont le bilan a pratiquement triplé depuis 2007, il est clair que ses dirigeants sont terriblement divisés sur le sujet au point que même son président, M. Bernanke, apôtre et prophète de la création monétaire sans limite comme panacée applicable à tous les problèmes économiques, commence maintenant à dire qu’il faut une politique budgétaire responsable qui suppose à court terme une stabilisation du ratio de la dette par rapport au PIB.
Il y a déjà plusieurs années que même un professeur aussi médiatique que M. Stiglitz avait dénoncé le fait que les achats massifs de bons du Trésor par la Fed l’avaient amenée à naviguer sur des « mers inconnues »…
Il faudra plus qu’un discours du très éloquent président américain pour régler cette question.
Les européens feraient bien de régler sans délai les questions pendantes de Chypre et de l’Italie avant que l’ouragan américain ne se réveille et menace à nouveau, mais plus dangereusement encore que par le passé, de nous emporter.

Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 28/02/2013
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