Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


   
Monsieur Jacques Marseille qui est, paraît-il, économiste. Je ne sais pas s’il a des origines provençales mais il semble amateur de galéjades si j’en crois un de ses récents articles dans l’hebdomadaire Le Point qui comparait les performances économiques de la Corse à celle des « dragons » asiatiques.
 
Il y a eu et il y a encore de grands économistes.
Le plus grand d’entre eux, John Maynard Keynes, avait non seulement le génie de l’économie mais encore une remarquable culture classique, un grand sens de l’humour et un sens des affaires qui avait fait sa fortune et même celle de son collège de Cambridge qu’il avait fait bénéficié de ses talents de spéculateur.
 
Monsieur Marseille, si j’en crois Le Canard Enchaîné n’a même pas été fichu de gérer convenablement une petite maison d’édition et démontre par son remarquable article sur la Corse et les dragons asiatiques qu’il ne connaît ni la Corse, ni l’une, ni les autres.
 
Il se trouve que je connais un peu la Corse et aussi une petite ville de l’Inde peuplée de 300 000 habitants et qui est considérée comme l’un des plus dynamiques de ce pays en matière de nouvelles technologies. Je ne sais pas où Monsieur Marseille a pris les chiffres extravagants qu’il cite à propos de la Corse mais je voudrais simplement lui indiquer que l’activité touristique n’a pas progressé dans notre île depuis quatre ans en terme de chiffre d’affaires et de bénéfice, que l’agriculture y est en crise profonde et que l’industrie n’y subsiste qu’à dose homéopathique.
 
J’ai connu Gurgaon à la fin des années 80.
C’était une banlieue plus ou moins commerçante encore très largement agricole où le téléphone fonctionnait assez mal et où l’ordinateur était une rareté.
C’est aujourd’hui probablement l’endroit au monde où il se produit le plus de logiciel au mètre carré, où les champs se sont recouverts d’immenses buildings de verre fumé abritant des dizaines de milliers d’informaticiens, où les bruyants marchés traditionnels ont été remplacés par d’immenses centres commerciaux climatisés et où la moindre boutique est doté d’un site internet au point que l’on peut se dire qu’une telle cité est représentative de l’économie télématique de demain.
 
Si j’en avais le temps et l’occasion, je montrerai à Monsieur Marseille la Corse et Gurgaon en regrettant avec lui que les choses ne progressent pas aussi vite chez nous que là-bas.
 
Mais je pourrais aussi lui montrer l’effrayante pollution de Gurgaon, la nuisance de l’autoroute et des échangeurs qui se développent tentaculairement sur toute la ville, la misère noire des bidonvilles qui subsistent au pied des immenses tours où les seigneurs de l’informatique échangent avec le monde pour lui faire comprendre que les atouts de la Corse sont d’une autre nature : l’environnement, l’art de vivre, l’espace.
 
Car il ne faut peut-être pas regretter que la Corse ne ressemble pas à ces coins d’enfer asiatiques qui connaissent des croissances à deux chiffres, mais aussi le désespoir des laissés pour compte, et l’horreur économique qui touche ceux qui réussissent le mieux.

Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 06/09/2006
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