Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


   

On a accusé tout le monde : le climat qui n'est plus ce qu'il était, des bandes de gauchistes qui ont inventé un nouveau mode de terrorisme, les chasseurs qui visent les câbles...

En attendant que M. Pépy n'accuse les oiseaux de provoquer avec leurs sales pattes des ruptures de caténaires, il me paraît important de rappeler quelques notions élémentaires sur le sujet.

Tout d'abord, dire que ce qui menace le plus une caténaire, c'est un très grand froid, alors même que nous vivons paraît-il dans une époque de réchauffement climatique, c'est évidemment contradictoire.

Je remarque d'ailleurs que lorsqu'il fait très froid et que la caténaires gèle, le train s'arrête bien avant qu'il n'y ait rupture.

S'agissant des gauchistes, il semblerait que les seules preuves trouvées chez eux consisterait en quelques billets de train et un indicateur des chemins de fer et qu'en tout cas les éléments probants sont tellement insignifiants qu'ils n'arrivent pas à justifier le maintien en détention de ces jeunes gens. Quant au chasseur qui aurait réussi à la chevrotine à provoquer la rupture de câbles en le visant, il est soit exceptionnellement habile, soit vraiment extraordinairement malchanceux.

La vérité, c'est que la caténaire du TGV est soumise à des contraintes mécaniques très fortes, celles d'une motrice circulant à plus de 300 km/h, que les câbles doivent être régulièrement contrôlés, retendues, et aussi renouvelées.

En 1996, je m'étais occupé de la cession de l'activité caténaire de l'Entreprise Industrielle, à l'époque deuxième entreprise d'électricité en France, car la SNCF tardait à réaliser les nouvelles voies de TGV tandis qu'elle avait réduit à presque rien la maintenance et le renouvellement des réseaux caténaires en service.

J'ai donc mené la cession de cette activité au groupe COGIFER qui réalisait des voies ferrées et de la signalisation ferroviaire dans l'Europe entière mais qui n'avait pas de compétence en matière de caténaires.

Par ailleurs, depuis lors, c'est Réseau Ferré de France qui s'occupe des voies ferrées qu'utilise la SNCF, et cette séparation est manifestement cause de renvois de responsabilité et de mauvaise qualité de maintenance du réseau.

Nous sommes donc au coeur de la méthode française : on invente le train le plus moderne du monde et probablement le plus efficient sur le plan technique mais on néglige d'entretenir sa ligne de traction de telle sorte que malgré ses performances de vitesse, il finit par être plus souvent en retard ou bloqué que la voie routière ou l'avion.

Au lieu de reconnaître ses torts et ses lacunes, on accuse tout le monde, le ciel, une conspiration ultra-gauchiste, les chasseurs de câbles électriques, en attendant d'accuser les volatiles !

Et au lieu de s'excuser auprès du client, de l'informer, on l'abandonne sans rien lui dire et on lui promet un remboursement hypothétique et tardif de son billet de train !

Lorsqu'on n'entretient pas un équipement public, cela tient nettement plus longtemps que prévu et puis finalement, quand on a dépassé de quelques années la date à laquelle on aurait dû procéder au renouvellement, tout se met à craquer en même temps un peu partout.

Et en attendant, au lieu de mettre en oeuvre un plan massif de renouvellement de ces équipements, la SNCF a décidé d'augmenter une fois encore ses tarifs et cette nouvelle stratégie de rupture de la direction de la SNCF finira par faire péter un câble à sa clientèle !

Après avoir été un symbole de l'inventivité de la technologie nationale, le TGV et sa caténaire sont en train de devenir un symbole de plus du mal français.




Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 13/01/2009
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