Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse |
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Notre gouvernement dit qu'il a réussi pour 2011 à réduire le déficit de l'Etat à 90 milliards d'euros. La réalité est bien différente.
En date du 23 mai 2011, le site de l'agence France Trésor indique que pour l'exercice 2010, l'Etat a réalisé 188 milliards d'euros en « émissions à moyen et long terme (obligations assimilables du Trésor et bons du Trésor à taux fixe et intérêts annuels), nets des rachats effectués par l'Etat et par la Caisse de la dette publique (CDP).
Selon la même source, le déficit pour 2010 se serait monté à 149, 7 milliards d'euros auxquels on doit ajouter les amortissements de dette à long terme (29,5 milliards d'euros et à moyen terme 53,5 milliards d'euros).
La différence entre les deux chiffres, près de 149 milliards pour le déficit et 188 milliards pour les émissions obligataires, ne correspond pas au montant des amortissements (83 milliards d'euros) en raison de divers ajustements (annulation de titres de l'Etat par la Caisse de la dette publique, amortissement de dette reprises par l'Etat, variations de dépôts des correspondants etc...).
En définitive, le recours de l'Etat au marché obligataire a bien été de 188 milliards d'euros, c'est-à-dire une somme qui se rapproche dangereusement du montant des ressources fiscales de l'Etat pour le même exercice qui ont été de l'ordre de 250 milliards d'euros...
S'agissant de l'exercice 2011, la prévision de déficit de l'Etat, soit 92 milliards d'euros, se fonde sur une prévision de croissance qui se révélera à l'évidence très exagérément optimiste, de même que je ne suis pas certain, en période préélectorale, qu'il soit véritablement possible de s'en tenir aux chiffres envisagés en matière de maîtrise des dépenses...
Par ailleurs, ce chiffre ne tient évidemment pas compte du recours à l'emprunt nécessaire pour financer l'amortissement de la dette antérieure, de telle sorte qu'il serait difficile de croire que les émissions obligataires de l'Etat français pour 2011 seront inférieures à 180 milliards d'euros.
S'agissant des Etats-Unis, le président Obama a modifié la norme comptable qui intégrait jusque-là les amortissements de la dette (remboursement des bons du Trésor arrivant à échéance) dans le calcul du déficit. C'est d'autant plus critiquable que la maturité de la dette publique américaine est de l'ordre de soixante mois. Il faut donc s'attendre à partir de l'exercice 2012 (c'est-à-dire cinq ans après le début de la crise en 2007 qui a entraîné une brutale augmentation de l'emprunt public) à une hausse vertigineuse et récurrente du recours à l'emprunt de ce pays sauf si, entre temps, le « Tea party » a pu prendre le pouvoir et mettre en oeuvre son programme de rigueur qui entraînerait d'ailleurs un désastre encore plus grand.
Je n'ai personnellement pas attendu le début de la crise financière mondiale en 2007 pour évoquer le risque de faillite de l'Etat. J'avais commis le 12 octobre 2002 une « chronique comptable d'une faillite nationale annoncée » que le Monde avait publiée (en pièce jointe ci-après).
Tour à tour, les pays « fragiles » de la zone euro sont affectés par la crise de leurs finances publiques : Grèce, Irlande, Portugal et bientôt Espagne et Italie. Nous n'en sommes plus très loin et même l'Allemagne, avec les passifs incommensurables de ses banques et les déficits californiens de certains de ses Länder, n'est pas dans la situation que l'on croit.
La réalité, c'est que la France aura à faire face dans les mois ou les années qui viennent à une crise majeure de ses finances publiques. Je m'étonne que les candidats en parlent si peu. Je m'étonne que le Parlement n'évoque que bien rarement ce sujet.
En date du 23 mai 2011, le site de l'agence France Trésor indique que pour l'exercice 2010, l'Etat a réalisé 188 milliards d'euros en « émissions à moyen et long terme (obligations assimilables du Trésor et bons du Trésor à taux fixe et intérêts annuels), nets des rachats effectués par l'Etat et par la Caisse de la dette publique (CDP).
Selon la même source, le déficit pour 2010 se serait monté à 149, 7 milliards d'euros auxquels on doit ajouter les amortissements de dette à long terme (29,5 milliards d'euros et à moyen terme 53,5 milliards d'euros).
La différence entre les deux chiffres, près de 149 milliards pour le déficit et 188 milliards pour les émissions obligataires, ne correspond pas au montant des amortissements (83 milliards d'euros) en raison de divers ajustements (annulation de titres de l'Etat par la Caisse de la dette publique, amortissement de dette reprises par l'Etat, variations de dépôts des correspondants etc...).
En définitive, le recours de l'Etat au marché obligataire a bien été de 188 milliards d'euros, c'est-à-dire une somme qui se rapproche dangereusement du montant des ressources fiscales de l'Etat pour le même exercice qui ont été de l'ordre de 250 milliards d'euros...
S'agissant de l'exercice 2011, la prévision de déficit de l'Etat, soit 92 milliards d'euros, se fonde sur une prévision de croissance qui se révélera à l'évidence très exagérément optimiste, de même que je ne suis pas certain, en période préélectorale, qu'il soit véritablement possible de s'en tenir aux chiffres envisagés en matière de maîtrise des dépenses...
Par ailleurs, ce chiffre ne tient évidemment pas compte du recours à l'emprunt nécessaire pour financer l'amortissement de la dette antérieure, de telle sorte qu'il serait difficile de croire que les émissions obligataires de l'Etat français pour 2011 seront inférieures à 180 milliards d'euros.
S'agissant des Etats-Unis, le président Obama a modifié la norme comptable qui intégrait jusque-là les amortissements de la dette (remboursement des bons du Trésor arrivant à échéance) dans le calcul du déficit. C'est d'autant plus critiquable que la maturité de la dette publique américaine est de l'ordre de soixante mois. Il faut donc s'attendre à partir de l'exercice 2012 (c'est-à-dire cinq ans après le début de la crise en 2007 qui a entraîné une brutale augmentation de l'emprunt public) à une hausse vertigineuse et récurrente du recours à l'emprunt de ce pays sauf si, entre temps, le « Tea party » a pu prendre le pouvoir et mettre en oeuvre son programme de rigueur qui entraînerait d'ailleurs un désastre encore plus grand.
Je n'ai personnellement pas attendu le début de la crise financière mondiale en 2007 pour évoquer le risque de faillite de l'Etat. J'avais commis le 12 octobre 2002 une « chronique comptable d'une faillite nationale annoncée » que le Monde avait publiée (en pièce jointe ci-après).
Tour à tour, les pays « fragiles » de la zone euro sont affectés par la crise de leurs finances publiques : Grèce, Irlande, Portugal et bientôt Espagne et Italie. Nous n'en sommes plus très loin et même l'Allemagne, avec les passifs incommensurables de ses banques et les déficits californiens de certains de ses Länder, n'est pas dans la situation que l'on croit.
La réalité, c'est que la France aura à faire face dans les mois ou les années qui viennent à une crise majeure de ses finances publiques. Je m'étonne que les candidats en parlent si peu. Je m'étonne que le Parlement n'évoque que bien rarement ce sujet.
ChroniqueComptable.pdf
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Commentaires (1)
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Rédigé par Paul Giacobbi le 24/05/2011
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