Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


   

Je m'étais déjà amusé de la naïveté de ceux qui pensent que le Général Rondot qui a fait toute sa carrière dans le Renseignement au plus haut niveau, pouvait laisser des traces d'affaires sensibles sous forme de notes ou pouvait craindre l'épreuve d'une garde à vue.

Des journalistes ont aujourd'hui la naïveté de dire que le Général Rondot se serait fait piéger par son disque d'ordinateur.

Je suis personnellement persuadé que le Général Rondot n'a jamais rien mis de confidentiel sur aucun support que ce soit et que si jamais un jour, il avait mis quoi que ce soit sur son ordinateur, il aurait depuis longtemps détruit le disque dur en le cassant à coup de marteau, en plongeant ce qu'il en serait resté dans de l'acide sulfurique, en brûlant ce qui serait sorti de ce bain acide et en dispersant les cendres en haute mer.

A moins qu'il ne soit devenu gâteux et encore peut-on imaginer que les réflexes fondamentaux d'un espion survivraient longtemps à une maladie neuro-dégénérative, il est certain que le général Rondot ne s'est pas fait piéger par ses notes et son disque dur et qu'il a mis à disposition de la justice les documents qu'il souhaitait que celle-ci connaisse.

La question se pose seulement de savoir si le Général Rondot a agi de sa propre initiative dans le but de nuire à Monsieur de Villepin et à Jacques Chirac ou s'il a eu un ou plusieurs commanditaires. On peut aussi se demander s'il a agi par vengeance personnelle ou pour satisfaire la vengeance d'autrui et enfin s'il a été payé ou s'il a agi à titre gratuit.

La réponse à ces questions est pratiquement impossible à obtenir.

Le Général Rondot n'a laissé aucune trace, aucun indice qui pourrait révéler ses motivations ou ses commanditaires. Sa vie est suffisamment masquée et secrète pour qu'il soit impossible d'en tirer des indications fiables. Et on pourra l'interroger autant que l'on voudra, même sous la torture, il ne parlera jamais que de ce qu'il a décidé depuis longtemps et pour des motifs très précis de dire.

On peut seulement envisager bien des pistes.

Dans sa vie et sa carrière, le Général a peut-être été contredit, directement ou indirectement par les personnes à qui il veut nuire. Ses commanditaires peuvent se trouver au Moyen-Orient. Il peut aussi avoir un lien direct ou indirect avec d'autres politiques français qui voulaient nuire à Jacques Chirac ou Dominique de Villepin, mais ce n'est même pas la piste la plus probable et encore moins la seule.

Puisque les journalistes,comme la justice ne trouveront jamais le fin mot, il serait à tout le moins utile que les uns et les autres comprennent que cette histoire est une manipulation à plusieurs degrés et qu'en tout état de cause, l'idée que le Général Rondot a eu la naïveté de laisser découvrir par les enquêteurs des documents qu'il aurait voulu leur cacher relève d'une immense méconnaissance des principes fondamentaux du Renseignement et de ce que sont les espions.

Ceci étant, il ne ressortira de tout cela pas grand chose sur le plan judiciaire mais l'objectif est atteint : le gouvernement français de Monsieur de Villepin a été ridiculisé, l'ancien Premier ministre éliminé de la course à la présidentielle, Jacques Chirac renvoyé à sa retraite corrézienne, tandis que le Général Rondot doit s'amuser de la bêtise de tous ceux qui gobent la farce invraisemblable de son disque dur que l'on fait parler ou des notes confidentielles qu'il aurait dissimulées dans le cagibi de son appartement.

Compte tenu de l'absence de professionnalisme de notre presse et du manque de recul de nos enquêteurs, il n'est pas besoin d'un maître du renseignement pour organiser une telle manipulation, il aurait peut-être suffit de la monter à partir de la concierge de l'immeuble parisien de Dominique de Villepin !

Après tout,l'affaire Dreyfus est partie en France de la découverte parune femme de ménage d'un document intéressant dans lacorbeille à papier de l'ambassadeur d'Allemagne, lequeldocument exploité par un crétin obnubilé pard'abjects préjugés antisémites a donné lahonteuse affaire Dreyfus qui a ignoblement sali notre République.Disque dur, corbeille à papier, fond de cagibi, la France, unecertaine France vit toujours au ras de la moquette.


Commentaires (2) | Rédigé par Paul Giacobbi le 18/07/2007
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