Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


   

Ma question au gouvernement, séance du 27 janvier 2014.


Monsieur le Premier ministre,
passons à présent de la loi Macron à la macroéconomie. La Banque centrale européenne a décidé
de souscrire directement des bons du Trésor pour la bagatelle de mille milliards d'euros alors qu'elle rachète déjà
massivement aux banques les bons du Trésor qu'elles ont souscrits, parfois dans la
microseconde. Le bilan de la BCE a été multiplié par deux ou trois depuis 2007 __
comme aux États-Unis et en Grande-Bretagne __ et représente aujourd'hui 20 % du PIB
de la zone euro.
Cette politique, tant vantée, s'est soldée par un échec retentissant au Japon, où le bilan
de la banque centrale atteint pourtant 60 % du PIB et devrait avoisiner les 80 % dans
deux ans.
Aux États-Unis, le succès est relatif dans un pays qui finance ses déficits en aspirant
l'épargne du reste du monde grâce au privilège du dollar et avec une croissance
américaine essentiellement financière et fortement inégalitaire. Cette mesure
contribuera, c'est vrai, à empêcher la déflation de s'installer mais elle gonflera la
spéculation financière.
Or, l'excès de liquidité monétaire est la cause profonde de la crise mondiale : c'est elle
qui nous condamne à des crises spéculatives à répétition. En 1950, le crédit au secteur
privé représentait 50 % du PIB des pays occidentaux, 170 % en 2007 et 200 %
aujourd'hui.
Ce phénomène est devenu une addiction que nous essayons vainement de réguler.
Peut-on cependant guérir une addiction en augmentant sans cesse la dose de
substance addictive et sans changer le mode de vie qui y a conduit ?
Le Gouvernement peut-il préciser sa doctrine en ce domaine et la position qu'il défendra
dans le débat sur la dette grecque ?

M. le président. La parole est à M. le secrétaire d'État chargé du budget.

M. Christian Eckert , secrétaire d'État chargé du budget. Monsieur le député, je vous
remercie d'excuser l'absence de M. Michel Sapin, retenu à Bruxelles par une réunion de
l'Ecofin.
Votre question renvoie à plusieurs sujets, la politique économique menée dans la zone
euro, les orientations de la politique budgétaire de chacun des États, la situation en
Grèce et l'endettement des acteurs privés.
Tous ces aspects appellent une action déterminée en faveur de la croissance et de
l'emploi. C'est sur ce point que les citoyens, Français et Européens, nous demanderont
des comptes.
Dans ce contexte, la récente décision de la
Banque centrale européenne de rendre la politique monétaire encore plus
accommodante en rachetant des titres souverains doit être saluée. La BCE a pris ses
responsabilités face à la faiblesse excessive de la croissance et de l'inflation qui
pénalise nos économies et érode notre contrat social. Elle continuera à agir ainsi tant
que l'inflation ne sera pas revenue à 2 %. C'est une bonne nouvelle.
Cela étant, la politique monétaire ne peut pas tout. Les gouvernements et la
Commission doivent également prendre leurs responsabilités en utilisant tous les leviers
disponibles pour soutenir la croissance. C'est ce que nous avons fait en France en
choisissant résolument de poursuivre la réduction des déficits, selon un rythme adapté
et compatible avec notre objectif de croissance.
Quant à la Grèce, notre position est simple. Les Grecs ont démocratiquement choisi un
nouveau gouvernement qui a fait preuve de responsabilité. Il souhaite engager le
dialogue et s'est montré déterminé à lutter contre la fraude fiscale. Nous serons à ses
côtés.

Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 27/01/2015
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