Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

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L’économie mondiale otage des taux d’intérêt
Pour les particuliers, les taux d’intérêt se résument au rapport qu’il peut y avoir entre les taux de leur crédit immobilier et l’inflation et éventuellement les taux auxquels ils paient, bien qu’ils en soient rarement conscients, leurs crédits à la consommation.
Pour le monde financier, le taux d’intérêt est une donnée volatile, absolument fondamentale pour l’économie, parfois manipulée par les banques centrales.
Depuis plusieurs années, s’est installée dans notre économie mondiale une mécanique planétaire par laquelle les banques centrales, pour atténuer une crise économique persistante, maintiennent des taux d’intérêt anormalement bas à coup de milliers de milliards de dollars d’injection de liquidités dans les banques commerciales.
Ces dernières, en particulier aux Etats-Unis, désormais habituées à ces taux d’intérêt très bas qu’elles prennent pour une donnée intangible, ont pris le risque de détenir une grande partie de leurs avoirs à long terme sous forme de bons du Trésor. Ces banques possèdent donc, à titre de contrepartie à leurs prêts, et donc à leurs risques, des avoirs à long terme publics à des taux d’intérêt bas, ce qui fait que si les taux d’intérêt généraux remontent, elles essuieront des pertes qui peuvent être colossales et entraîner pour l’économie un tel déséquilibre qu’il génèrera une nouvelle crise financière d’une ampleur nettement supérieure à celle que nous subissons depuis 2007.
Or, le risque d’augmentation des taux d’intérêt est bien réel pour deux raisons principales :
- Les banques centrales ne peuvent éternellement continuer à doubler tous les deux ou trois ans leur bilan en produisant d’immense quantité de monnaie qui sans stimuler l’économie abondent la spéculation financière.
- Les pays monstrueusement endettés comme les Etats-Unis d’Amérique savent bien qu’ils ne peuvent pas continuer ainsi éternellement
Ce qui se passe aux Etats-Unis est particulièrement significatif puisque exactement au même moment un nouveau président est nommé à la tête de la Banque centrale, le professeur Janet Yellen, et que cette dame a pour mission essentielle de ralentir la fourniture massive de liquidités sans pour autant ruiner l’économie, ce qui est une tâche impossible, tandis que le Congrès, même s’il exprime ses contradictions à la manière d’un scenario de western, s’interroge sur le moyen de ralentir la fuite en avant budgétaire du pays.
Ce qui est extraordinaire, c’est que dans un moment aussi tendu où nous marchons au bord de l’abîme, sans entrevoir à ce jour aucun moyen d’écarter le risque d’y tomber, on entend de petites musiques rassurantes qui nous susurrent au motif que la croissance serait passée de 0,1 à 0,2%, que la crise est bientôt terminée !

Commentaires (3) | Rédigé par Paul Giacobbi le 11/10/2013
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