Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


   
Les ambiguïtés françaises ou plus exactement les ambiguïtés de l’Etat-UMP rendent plus improbable encore une issue diplomatique et pacifique dans la crise qui oppose l’Iran et pratiquement le reste du monde sur le nucléaire.
 
Il faut savoir que l’Iran possède probablement la technologie nécessaire à la construction d’une bombe atomique et qu’il n’est pas exclu que l’Iran ait en fait participé aux essais nucléaires pakistanais.
Ce qui manque à l’Iran c’est la matière fissile et c’est très précisément ce qu’elle s’efforce d’acquérir par un programme industriel de centrifugation dont l’ambition affichée jointe au refus d’un contrôle de l’AIEA ne peuvent s’expliquer que par la volonté de produire, à grande échelle, un arsenal nucléaire.
 
Dans ce contexte la position française affaiblit considérablement la capacité de la communauté internationale à régler pacifiquement cette crise.
 
Premièrement, la diplomatie française vise deux objectifs à la fois ce qui est généralement incompatible. Au moment même où le monde entier veut faire pression sur l’Iran pour lui faire renoncer à son programme nucléaire militaire, la France veut obtenir de Téhéran un relâchement de l’étau du Hezbollah sur le Liban d’où la multiplication des positions accommodantes sur le nucléaire et l’épisode ridicule du voyage secret de Douste Blazy à Téhéran qui a été annulé parce que le secret avait fini par être publié dans toute la presse.
 
Deuxièmement, la France défend l’idée d’un droit imprescriptible de l’Iran à bénéficier de transfert de technologie nucléaire civile. Or pour bénéficier de ce droit, il faut non seulement être signataire du TNP (Traité de non prolifération nucléaire), mais encore avoir respecté ses obligations en matière de contrôle sans restriction ni réserve. C’est évidemment l’inverse que fait l’Iran qui a de ce fait perdu tout droit, pour le moment et pour longtemps, de bénéficier du transfert de technologie nucléaire civile.
 
Troisièmement, si la solution diplomatique ne fonctionne pas chacun sait que la communauté internationale n’aura plus que deux possibilités : soit détruire les installations nucléaires iraniennes, soit accepter que l’Iran se dote de l’arme nucléaire ce qui entraînerait d’ailleurs que plusieurs pays de la région l’imiteraient et que le TNP, déjà bien affaibli par l’accord nucléaire entre l’Inde et les Etats-Unis serait de facto privé de toute portée. La France sait bien que la solution diplomatique a peu de chance d’aboutir et d’autant moins que c’est la France elle-même qui vient de fissurer la crédibilité de cette solution. Dès lors notre Etat-UMP annonce déjà, par la voix de Jacques Chirac, que ce n’est pas grave si l’Iran a une arme nucléaire ce qui est une manière implicite de confirmer que si la voix diplomatique échouait, la France serait aussi opposée à la destruction militaire des installations nucléaires iraniennes.
 
Les amours franco-iranienne en matière nucléaire sont une très veille histoire. Aujourd’hui face à une crise d’une incroyable gravité, notre diplomatie brouillonne ruine toute possibilité d’un règlement pacifique, s’oppose par avance à toute solution armée, et finit par considérer que l’accession de l’Iran au nucléaire militaire n’est pas un véritable problème.
 
Dans quelques jours ou dans quelques mois au plus tard la crise iranienne éclatera : soit une offensive militaire aérienne aura tenté la destruction des sites de productions d’uranium enrichi, soit l’Iran aura construit une arme nucléaire. On imagine l’ampleur d’une telle crise. Que dira alors la France ? Que tout cela n’est pas grave ?

Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 06/02/2007
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