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Guerre et paix

10/09/2013
Guerre et paix
Une pesanteur sémantique nous ramenant comme toutes les pesanteurs vers le bas veut aujourd’hui que dans le monde occidental on ne veuille plus appeler les choses par leur nom et ne les désigner que par un succédané politiquement correct.
Ainsi ne veut-on plus faire la guerre à personne et lorsque l’agressivité naturelle des gouvernements en péril nous pousse à une action guerrière, on ne déclare plus la guerre et l’on baptise des opérations militaires de toutes sortes de noms variables selon les situations : « intervention militaire ciblée », « frappes dissuasives », « opérations de protection des populations civiles », « opérations militaires pour le respect du droit international » etc…
Ne pas appeler la guerre par son nom permet aux Etats modernes de prétendre respecter le droit, interne et international, voire prendre sa défense « par des actions militaires appropriées » alors même qu’il s’agit de violer le droit constitutionnel comme le droit international.
Dans le projet de frapper la Syrie militairement en représailles à l’attaque chimique du 21 août, et quel que soit le bienfondé moral ou politique de ce projet, force est de constater une double violation interne et internationale.
La Constitution française rend obligatoire une autorisation de l’Assemblée nationale préalable au déclenchement d’une guerre. On peut effectivement dans l’urgence lancer une opération militaire sans déclarer la guerre mais rappelons ici qu’il n’y avait aucune urgence qui ait exonéré notre gouvernement d’une autorisation préalable puisque l’on savait que le déclenchement des opérations militaires ne pouvait être immédiat, que deux autres partenaires et alliés avaient décidé de consulter leurs Parlements respectifs en requérant leur autorisation et qu’en France même puisque « l’urgence » nous laissait largement le temps d’organiser un débat parlementaire qui plus est dans le cas d’une session extraordinaire exclusivement dédiée à cette affaire, nous aurions eu largement le temps d’organiser un vote.
Sur le plan international, chacun sait qu’en vertu de la Charte des Nations unies, quand la France est signataire, le recours à la force n’est permis qu’en cas de légitime défense ou lorsque le Conseil de Sécurité l’a expressément autorisé.
Sans d’ailleurs qu’il ait été nécessaire de recourir à la force, la diplomatie va permettre sans doute à l’ONU de prendre le contrôle des armes chimiques syriennes et d’en organiser la destruction.
Pour autant, la menace de recours à la force n’a peut-être pas été inutile puisqu’elle a pu contribuer à susciter la position russe relative aux armes chimiques et le régime de Damas de l’accepter.
Pour l’heure, il importe de replacer ce débat dans le cadre du Conseil de sécurité des Nations Unies et quoi qu’il arrive de revenir au respect de nos institutions en faisant précéder toute intervention d’une déclaration préalable de guerre et d’un vote du Parlement.
Faute de quoi, nous partirions en guerre comme d’autres partent en vrille sans nous rendre compte que celle-ci peut nous conduire très bas et très vite !

Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 10/09/2013

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