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Gordon Down

03/06/2009

La déconfiture annoncée du parti travailliste britannique est un événement extrêmement significatif non seulement pour la grande-Bretagne mais encore pour l'ensemble de l'Europe.

Pour la Grande-Bretagne, nous savons que le mode de scrutin uninominal à un tour est d'une incroyable brutalité et que dès lors qu'un parti passe en troisième position, il perd la quasi totalité de ses sièges à la Chambre des Communes et peut être condamné à une éternelle traversée du désert. C'est ce qui est arrivé au vieux parti libéral au début du XXème siècle et c'est ce qui est en train d'arriver au parti travailliste qui risque d'être en quatrième position aux élections européennes et au mieux en troisième aux élections législatives.

Les causes en sont multiples – usure du pouvoir, crise économique, scandale des notes de frais à la Chambre des Communes etc... - mais la cause fondamentale est peut-être à rechercher dans le caractère schizophrénique du vieux parti travailliste britannique.

D'un côté, le « Labour » est théoriquement la représentation de la classe ouvrière et a longtemps été, jusqu'au réformes structurelles de Tony Blair, la branche politique du « TUC » (Trade Unions Congress). Mais, d'un autre côté, le « New Labour » est une émanation plutôt élitiste d'une génération de jeunes gens bien éduqués dans les meilleures écoles et les meilleures universités, qui se soucient comme d'une guigne d'une classe laborieuse qu'ils ne connaissent pas vraiment et qui, à bien des égards, étaient beaucoup plus représentatifs des jeunes traders branchés de la City que des derniers ouvriers métallurgistes de Sheffield ou de Birmingham.

La leçon, comme l'on disait autrefois dans les public schools, devrait nous être profitable à nous autres français dont la schizophrénie de gauche fait coexister dans une synthèse complètement improbable, parfois chez les mêmes personnes, le trotskisme et le néolibéralisme.

Je ne sais pas ce qu'il adviendra de la recomposition politique britannique dans laquelle s'opposeront désormais un néoconservatisme juvénile et une opposition composite, formée dans le plus grand désordre de rares bataillons socialistes en déroute, de libéraux plus ou moins démocrates et de régionalistes ou marginaux en tout genre.

En tout état de cause, la chute du cyclope qui occupe aujourd'hui le fauteuil de Winston Curchill nous explique peut-être pourquoi la rue qu'il habite provisoirement porte le nom de Downing street.




Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 03/06/2009
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