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G20 dans l'impasse

24/02/2011
G20 dans l'impasse
C'était une très ancienne tradition occidentale que les pays riches et puissants se réunissent pour défendre leur suprématie économique en prétextant ainsi garantir pour toute la planète « l'ordre économique mondiale ».
Cela s'est passé à Bretton Woods à une époque où plus de la moitié des réserves des banques centrales du monde étaient à Fort Knox et où littéralement le billet vert valait de l'or.
Cela s'est poursuivi avec la réunion des « G » successivement 6, 7, 8 et 20 qui, depuis 1975, sont supposés apporter des solutions aux problèmes économiques qui secouent notre monde de plus en plus violemment.
La dernière crise, celle qui a commencé en 2007, voit aujourd'hui l'affrontement entre les anciens riches (l'Europe et les Etats-Unis) et d'anciens pauvres qui sont en train de dépasser les premiers et qui n'acceptent plus leur tutelle et, moins encore, d'honorer leurs chèques sans provision.
La crise actuelle vient de ce que les pays occidentaux, et en particulier les Etats-Unis, ne maintiennent plus leur croissance et leur richesse qu'en aspirant à eux l'épargne du reste du monde et en particulier celle des grands pays émergents qui désormais concentrent de plus en plus la production de biens et de services de la planète.
Dans un tel contexte, l'idée que le G20 pourrait trouver des solutions techniques ou encore un accord politique qui consisterait à ce que la Chine ou l'inde et de préférence les deux ensemble acceptent d'une manière ou d'une autre de restreindre leur expansion économique et commerciale pour permettre aux Etats-Unis et à l'Europe de ne pas trop souffrir de déséquilibre de leur commerce extérieur et de leurs finances publiques est totalement irréaliste.
Le seul accord qui pourrait exister devrait se fonder au plan politique sur le fait que les pays occidentaux acceptent de payer les conséquences de leur déclin industriel et sur le plan technique à ce qu'un nouvel ordre monétaire mondial soit instauré non plus sur la base du dollar mais sur celle de l'instrument monétaire du Fonds Monétaire International, c'est-à-dire sur les « Droits de Tirage Spéciaux ».
Tout cela est parfois un peu technique mais on peut l'expliquer simplement : un vieux monsieur, l'Oncle Sam, qui a été très riche parce qu'il travaillait beaucoup et était efficace, a de plus en plus de mal à vendre ce qu'il produit désormais beaucoup trop cher et tire maintenant l'essentiel de son revenu des prêts que lui consentent les nouveaux riches des quartiers lointains du village planétaire, lesquels produisent mieux, plus et moins cher que lui.
La situation a duré des décennies et l'Oncle Sam, après avoir connu plusieurs fois la menace de la faillite, demande aux nouveaux riches de consentir à produire moins et plus cher de manière à lui permettre de conserver une partie de ses revenus.
Mais les nouveaux riches comprennent maintenant qu'ils sont en train de prendre le dessus et la seule chose qui les retienne d'acculer le vieil Oncle Sam à la faillite, c'est qu'ils lui ont prêté beaucoup d'argent et que sa chute leur ferait perdre cet argent.
Dans un tel contexte, le G20, essaie de s'accorder sur le moyen de mesurer à quelle vitesse l'Oncle Sam court à la ruine et dans quels délais ses concurrents vont parvenir à lui prendre le dessus.
Mais le G20 ne parvient même pas à s'accorder vraiment sur une mesure objective.
Qui accepterait, en Chine ou en Inde, de renoncer partiellement à la croissance au motif qu'il faudrait préserver les intérêts de l'Occident qui pendant plus d'un siècle a fait peser sur le reste du monde tout le poids de l'impérialisme économique et parfois politique ?
J'ai très modestement proposé que l'on associe aussi aux travaux du G20 les pays les plus pauvres car les pauvres d'aujourd'hui sont les riches de demain et les plus puissantes économies mondiales ne pourront continuer à connaître une certaine expansion que si les plus pauvres devenant un peu plus riches peuvent accéder à la consommation et à l'investissement.
Le G20 est en train de devenir une foire d'empoigne où, plus vraisemblablement, il se contentera de plus en plus de formuler quelques voeux pieux, dans des communiqués alambiqués qui ménagent la chèvre et le chou et qui s'efforcent de dissimuler les contradictions les plus profondes sous quelques phrases bien balancées que tout le monde aura oublié aussitôt qu'elles auront été écrites.

Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 24/02/2011
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