Florence ou la violence des contraires
23/08/2010
Pour la plupart des visiteurs, Florence est à la fois une prodigieuse accumulation de beautés avec sans doute la plus grande densité de chefs-d'oeuvres artistiques au monde, et la quintessence de la douceur de vivre.
Ainsi Florence serait-elle l'expression de la sérénité esthétique à tous les sens du mot.
A l'inverse, j'ai surtout ressenti à Florence la violence des contraires même s'ils ne s'expriment plus aujourd'hui qu'à travers les oeuvres d'art que des siècles de déchirements tragiques nous ont légués.
Florence a connu une sorte d'ébauche de démocratie mais a très vite sombré dans de sanglantes guerres civiles, dont un épisode de fondamentalisme théocratique dont elle n'est sortie que pour s'installer dans une longue période de monarchie absolue.
L'esprit florentin s'est déchiré entre la raison géométrique et la folie religieuse, une rigueur pudibonde et la sensualité la plus débridée de son époque. Même un Botticelli, dont la peinture est parfois à la limite de la plus libre des suggestions, fut pris dans la tourmente fanatique de son ami Savonarole.
La religion elle-même a divergé à Florence entre la douceur séraphique d'un Beato Angelico et la prédication intégriste de cet autre frère dominicain précité et on a du mal à imaginer que tous deux ont occupé à quelques décennies d'intervalle des cellules voisines au couvent San Marco.
L'esthétique florentine elle-même est le produit d'influences contraires. Si la géométrie architecturale et celle des façades ou des sols des églises nous paraît une expression du génie occidental, les motifs zelligués de Santa Maria Novella ou de San Miniato al Monte ne surprennent pas ceux qui connaissent les abstractions des mosaïques marocaines ou les incrustations précieuses du Taj Mahal au point que ces églises catholiques ont un décor qui ne déparerait pas dans une mosquée orientale.
Le monde contemporain n'a ajouté à ces contraires que de bien médiocres contrastes : la splendeur des oeuvres présentées dans le cadre crasseux et illisible du musée des Offices par exemple...
Je conseille néanmoins à toutes et à tous la visite de Florence et surtout aux corses qui ont l'avantage de pouvoir y accéder en moins de quatre heures, en bateau express et voiture au départ de Bastia.
Ainsi Florence serait-elle l'expression de la sérénité esthétique à tous les sens du mot.
A l'inverse, j'ai surtout ressenti à Florence la violence des contraires même s'ils ne s'expriment plus aujourd'hui qu'à travers les oeuvres d'art que des siècles de déchirements tragiques nous ont légués.
Florence a connu une sorte d'ébauche de démocratie mais a très vite sombré dans de sanglantes guerres civiles, dont un épisode de fondamentalisme théocratique dont elle n'est sortie que pour s'installer dans une longue période de monarchie absolue.
L'esprit florentin s'est déchiré entre la raison géométrique et la folie religieuse, une rigueur pudibonde et la sensualité la plus débridée de son époque. Même un Botticelli, dont la peinture est parfois à la limite de la plus libre des suggestions, fut pris dans la tourmente fanatique de son ami Savonarole.
La religion elle-même a divergé à Florence entre la douceur séraphique d'un Beato Angelico et la prédication intégriste de cet autre frère dominicain précité et on a du mal à imaginer que tous deux ont occupé à quelques décennies d'intervalle des cellules voisines au couvent San Marco.
L'esthétique florentine elle-même est le produit d'influences contraires. Si la géométrie architecturale et celle des façades ou des sols des églises nous paraît une expression du génie occidental, les motifs zelligués de Santa Maria Novella ou de San Miniato al Monte ne surprennent pas ceux qui connaissent les abstractions des mosaïques marocaines ou les incrustations précieuses du Taj Mahal au point que ces églises catholiques ont un décor qui ne déparerait pas dans une mosquée orientale.
Le monde contemporain n'a ajouté à ces contraires que de bien médiocres contrastes : la splendeur des oeuvres présentées dans le cadre crasseux et illisible du musée des Offices par exemple...
Je conseille néanmoins à toutes et à tous la visite de Florence et surtout aux corses qui ont l'avantage de pouvoir y accéder en moins de quatre heures, en bateau express et voiture au départ de Bastia.
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