Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


   

Débat sur la proposition de loi, 14 janvier 2016.


L’idée que l’enseignement d’une langue serait préjudiciable à
l’apprentissage d’une autre est une des sottises les plus remarquables que l’on puisse
entendre. Je ne citerai qu’un auteur, qui parlait et écrivait plutôt bien le français, d’autant
qu’il l’avait appris à l’âge de sept ans. Cet auteur a écrit : « J’avais plus de six ans que je
ne comprenais pas encore plus de français ou de périgourdin que d’arabe. » Il avait en
effet été enseigné, du fait de la volonté de son père, en latin qui, soit dit au passage,
était à l’époque la seule langue reconnue comme telle, le français étant alors très mal
considéré. Cet auteur a commencé à apprendre le français parce qu’il fréquentait une
école où l’on parlait entre autres cette langue ; et comme il était en immersion, à sept
ans il a commencé aussi à apprendre le périgourdin, car les gens qui vivaient autour de
lui, dans son village, ne parlaient pas le français. Cet auteur, qui, du fait de ces
enseignements multiples, s’est trouvé être, comme chacun peut le constater en lisant
ses Essais, un handicapé linguistique, s’appelait Michel Eyquem de Montaigne !

Il a été indiqué tout à l’heure que la signalétique se mettait
en place naturellement, mais il n’est pas mauvais, effectivement, que cela soit inscrit
dans la loi de cette manière, d’autant plus que le dispositif prévu l’étendrait à l’ensemble
du service public. Par conséquent, elle n’est pas tout à fait sans portée.
Je constate avec regret que la dernière révision de la Constitution, qui a réuni des
parlementaires qui siègent encore dans cet hémicycle, est aujourd’hui interprétée par le
Gouvernement de manière tellement restrictive qu’il n’en reste à peu près rien.
Par ailleurs, le Gouvernement brandit la jurisprudence du Conseil constitutionnel comme
si il s’agissait d’un arrêt de règlement. Or je rappelle que l’arrêt de règlement est, en
France, puni, au même titre que la forfaiture.

Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 15/01/2016
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