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Dura lex, sed lex

17/10/2013
Dura lex, sed lex
Si je comprends bien le message véhiculé par des lycéens en révolte humanitaire, des politiques de tous bords et de tous poils, et des médias déchaînés, à propos de l’expulsion d’une lycéenne en situation irrégulière, le reproche fait au ministre de l’intérieur et à ses services c’est d’avoir appliqué la loi.
Cette affaire est désolante. En effet, chacun d’entre nous peut être choqué de voir interpelée par les forces de l’ordre une élève d’un lycée en sortie scolaire parce qu’elle se trouve en situation irrégulière sur le territoire français alors même qu’elle est mineure et qu’elle n’a fait naturellement que suivre sa famille.
Cependant, la loi est ainsi faite en France comme d’ailleurs dans tous les pays occidentaux qui attirent sur leur territoire des étrangers venant de pays infiniment moins favorisés.
On peut donc contester la loi, demander en tout cas qu’elle soit réformée, mais il est assez singulier de voir les uns et les autres et, en particulier, les parlementaires qui font la loi se plaindre qu’elle soit appliquée !
On dira qu’il faut qu’elle soit appliquée avec discernement et c’est à juste titre qu’une circulaire recommande de ne pas interpeler un mineur dans cette situation dans l’enceinte d’un établissement d’enseignement et cela se comprend tout à fait.
Il y a cependant beaucoup d’hypocrisie et beaucoup d’ignorance dans tout ce que l’on dit à ce propos.
Tout d’abord une circulaire ne peut aboutir à interdire pratiquement l’exécution de la loi : si l’on ne peut interpeler une famille en situation irrégulière ni le jour parce que les élèves sont scolarisés, ni la nuit parce que les domiciles sont inviolables à ce moment, ni les vendredis ou dimanches parce que ce sont des jours marqués par la religion éventuellement et/ou le samedi parce que les enfants peuvent pratiquer ces jours-là des activités de loisirs et que l’on trouvera toujours à redire sur le plan de la fraternité ou de la simple humanité lorsque l’on interpelle un enfant qui n’est coupable de rien sauf du fait que sa famille a choisi de fuir la misère ou le danger pour se réfugier dans notre pays.
A moins d’être totalement hypocrite, il nous faut bien admettre que c’est la loi elle-même qui pose un problème humanitaire et non pas la manière dont elle est exécutée car quelle que soit cette manière, on y trouvera toujours à redire et matière à émouvoir l’opinion publique.
Ayons donc le courage soit d’assumer la loi telle qu’elle est, soit de la réformer, sachant que cette réforme ouvrirait grand les portes de notre pays à toute la misère du monde.

Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 17/10/2013
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