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Divorce à l'italienne ? (à la grecque ? à l'espagnole ?)
Nouriel Roubini fait un parallèle dans un article paru ce jour dans le Financial Times, entre la situation des pays unis dans la zone Euro et celle des couples unis par le mariage lorsque dans un cas comme dans l'autre, ceux qui se sont unis ne s'entendent plus, n'ont plus rien en commun voire s'entre-déchirent.
« We have divorce laws because amicable divorce is better for all concerned than enduring the chronic depressions that accompagny bad marriages. The Eurozone should devise plans for orderly exit sooner rather than later, because delaying often makes break-up more costly. »
C'est à grande peine, après une trentaine de psychodrames eurocratiques, autant de sommets de la dernière chance, le sacrifice de tout le peuple grec immolé sur l'autel rigoriste de l'école de chicago, que l'on a soi-disant sauvé la Grèce, c'est-à-dire que l'on y a ouvert des perspectives de récession drastique et prolongée suivie d'une période indéterminée de stagnation économique et de régression sociale sans parler des risques d'explosion de toute une société !
Il est inconcevable, même avec le fameux pare-feu à centaines de milliards d'euros, qui reste d'ailleurs totalement virtuel puisqu'il ne s'agit pour le moment que de quelques dizaines de milliards d'euros empruntés sur les marchés, que la zone euro puisse se permettre, après la Grèce, de financer l'ardoise espagnole, portugaise ou italienne.
Par ailleurs, l'ajustement qui consiste à faire passer le chameau par le chat d'une aiguille, pour reprendre une comparaison évangélique, plutôt que de laisser le chameau paître tranquillement et se refaire une santé, conduira l'Europe toute entière, même si par extraordinaire elle évitait les explosions successives des pays les plus fragiles, à subir ce que le Japon subit depuis vingt ans, à savoir la fameuse « trappe à liquidités » dans laquelle les banques ne manquent de rien, le peuple est laissé à l'abandon et l'industrie délocalise tout.
Il vaut donc mieux un bon divorce, ou en tout cas des règles autorisant le divorce à l'amiable que de laisser perdurer des situations insupportables qui ont parfois conduit au crime domestique.
« Divorce à l'italienne », c'est d'ailleurs le titre d'un film inoubliable dans lequel Marcello Mastroianni, baron sicilien décavé, assassine sa femme puisque le divorce est impossible pour épouser in fine sa jeune cousine...
Si cette affaire grave a fait le sujet d'un film léger et agréable, l'entêtement quasi théologique des eurocrates à interdire le divorce entre Etats est comparable à celui de la papauté à permettre les lois sur le divorce … En Italie et en Espagne, comme en Grèce sans doute, les patriarches barbus de l'église orthodoxe s'y opposent encore avec la même opiniâtreté.

Commentaires (5) | Rédigé par Paul Giacobbi le 03/04/2012
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