Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


   
Une fois de plus, il me semble utile de me référer à cet article que j'avais écrit en 2007.
Samedi 5 février, en passant par Delhi, nous avons déjeuné avec l'ambassadeur de France en Inde qui m'a affirmé coup sur coup comme des faits certains, incontestables et vérifiés, que la population indienne n'avait aucune animosité envers les pakistanais et réciproquement voire que les uns étaient accueillis « à bras ouverts » chez les autres et que le Premier ministre Manmohan Singh exerçait la plénitude de sa fonction, qu'il était parfaitement autonome par rapport au pouvoir du parti du Congrès même s'il laissait l'exercice de la politique partisane à Sonia Gandhi...
Je ne sais pas quels indiens notre ambassadeur fréquente mais je peux dire que j'ai rencontré des milliers d'indiens dans ma vie et que j'ai observé chez tous une très forte prévention à l'égard du Pakistan et des pakistanais au point qu'il est tout à fait habituel et commun lorsqu'il y a quelque chose qui ne va pas en Inde que la rumeur publique accuse immédiatement le Pakistan.
A la fin 2010 par exemple, la vox populi accusait en Inde les « rotten onions imported from Pak » (les oignons pourris importés du Pakistan ) d'être responsables de la hausse des prix de cette denrée alimentaire...
Quant à la place et au rôle respectif du chef de la coalition majoritaire en Inde, Madame Sonia Gandhi et du Premier ministre, Monsieur Manmohan Singh, on rappellera simplement que selon la presse indienne, certainement moins bien informée que notre sémillant ambassadeur, le second se rend plusieurs fois par semaine rendre visite au domicile de la première pour s'entretenir avec son chef de parti et ses principaux conseillers tandis que la presse attend la sortie de cette visite pour savoir quelle sera la position du gouvernement sur telle ou telle affaire.
Par ailleurs, lorsque la presse évoque le centre du pouvoir politique en Inde, elle cite la plupart du temps l'adresse du 10 Janpath, qui est celle de la résidence des Gandhi-Nehru, plutôt que celle du Premier ministre (7, Race Course Road)...
Sans doute notre ambassadeur en Inde a-t-il besoin de lire plus souvent la presse locale et de rencontrer parfois des citoyens indiens de base.
Toujours est-il que je n'ai jamais trouvé ni dans la presse indienne, ni chez les citoyens que j'ai eu le plaisir de rencontrer, ni dans la presse internationale, ni dans les écrits des spécialistes de l'Inde quelque chose qui conforte en quoi que ce soit les thèses étranges de notre ambassadeur sur ces deux sujets.
Imaginons par exemple qu'en France le président de la République se rende une ou deux fois par semaine au siège de l'UMP pour assister à un conseil politique et que la presse considère qu'aucune décision du président ne puisse être prise en dehors de ce cadre, un tel comportement démontrerait que le centre du pouvoir ne serait plus à l'Elysée mais dans la direction du parti majoritaire, ce qui est semble-t-il bien loin d'être le cas.
Par ailleurs, en dehors de ces thèses tout à fait contestables, notre ambassadeur paraît bien informé de la situation du pays et semble avoir fait plutôt du bon travail pour la préparation du dernier voyage du président de la République en Inde, le précédent ayant été calamiteux.
Empêtrée dans les affaires tunisiennes, ce n'est certainement pas Madame Alliot-Marie qui pourra faire revivre notre diplomatie et c'est dommage car, comme je l'ai fait remarquer pour notre ambassade au Bangladesh, il y a des diplomates français qui font très bien leur travail avec des moyens très réduits par rapport à ceux des autres pays comparables de l'Union européenne.
Les insuffisances de notre ambassade en Tunisie, le délire d'un ambassadeur au Sénégal qui a passé son temps à dénigrer son propre gouvernement, ou la légèreté de notre représentation en Inde et surtout le fait que pour des raisons diverses il faille remonter au ministère d'Hubert Védrine pour trouver trace d'un véritable ministre des affaires étrangères, ne doivent pas faire oublier le travail difficile et quotidien de beaucoup de nos diplomates.

Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 07/02/2011
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