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Franz Joseph Haydn  (1732-1809)
Franz Joseph Haydn (1732-1809)
Cette phrase était la première de l'hymne national allemand. Elle provient du « Chant des Allemands » (« Das Lied der Deutschen ») dont les paroles ont été écrites en 1841 par August von Fallersleben et dont la musique est issue d'un quatuor à cordes de Joseph Haydn dont il avait fait un chant d'anniversaire pour l'empereur d'Autriche.
L'hymne officiel allemand d'aujourd'hui ne reprend d'ailleurs que le troisième couplet (« unité, justice et liberté pour la patrie allemande... »), tandis que le premier couplet qui prête à confusion n'est plus officiellement utilisé.
Il y a d'ailleurs sans doute une mauvaise interprétation si l'on comprend qu'il s'agit de placer l'Allemagne au-dessus de tous les autres pays alors qu'il s'agit plutôt de dire que pour le citoyen allemand elle passe avant toute autre de part le monde, ce qui est un peu différent...
Néanmoins, on pourrait ainsi résumer l'intervention télévisée de Nicolas Sarkozy, le 29 janvier, dans laquelle il citait sans cesse l'Allemagne comme exemple, comme modèle dont la France et son peuple devraient évidemment s'inspirer !
Outre qu'il est choquant que la France doive se conformer à un modèle quel qu'il soit, car elle est tout de même assez grande pour décider de ses choix toute seule, on peut se demander si l'exemple allemand est aussi bon qu'on nous le dit et surtout s'il suffit de transposer une ou deux mesures prises par les gouvernements successifs de l'Allemagne pour se retrouver miraculeusement dans une meilleure situation économique.
Croire par exemple que c'est par la seule vertu de la TVA sociale que l'Allemagne a une meilleure compétitivité que la France est une absurdité. L'Allemagne n'est d'ailleurs pas compétitive par les prix de ses produits industriels, généralement plutôt élevés, mais par leur qualité et leur fiabilité qui fondent une réputation universellement reconnue.
Je ne crois pas qu'un véhicule de marque Mercédès ait un prix très compétitif sur la marché actuel de l'automobile mais je crois que sa réputation et sa qualité, que sa fiabilité le font préférer à bien des modèles équivalents d'autres marques pourtant beaucoup moins coûteux à l'achat (mes moyens limités ne me permettent toutefois pas de rouler allemand...).
Par ailleurs, si l'une des forces de l'Allemagne depuis trente ans repose sur la qualité de son dialogue social, celui-ci ne peut pas se décréter si facilement et je ne crois pas qu'il sortira grand chose des fameux accords de compétitivité qui seraient mis en place en quelques semaines, à la veille de l'élection présidentielle, tandis que beaucoup de chefs d'entreprise français trouveraient très contraignant le dialogue social tel qu'il est pratiqué en Allemagne.
Conclusion : le quinquennat de Nicolas Sarkozy a commencé par une opposition frontale avec l'Allemagne en général et Madame Merkel en particulier et, à l'opposé, par l'affichage du modèle politique et financier anglo-saxon, américain et britannique, il se termine par la taxe Tobin, la volonté de singer l'Allemagne et l'amitié indéfectible Merkel-Sarkozy. Ce qui semble ne jamais changer, c'est précisément cette manie de changer tout le temps, de brûler ce que l'on a adoré, d'adorer ce que l'on a moqué et d'imiter en fin de compte ce que l'on citait en mauvais exemple.

Commentaires (3) | Rédigé par Paul Giacobbi le 31/01/2012
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