Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


   

La distinction entre les économistes néo-keynésiens, plus ou moins favorables à l'intervention de l'Etat d'une part et les monétaristes, plus ou moins libéraux, me paraît de plus en plus évidente selon que leur université de rattachement se situe, aux Etats-Unis, au bord de l'océan ou sur les rives des grands lacs et des fleuves.

En effet, les économistes qui habitent au bord de l'Atlantique ou du Pacifique aux Etats-Unis sont essentiellement keynésiens, tandis que ceux qui peuplent la région des grands lacs, en particulier Chicago et plus généralement le centre des Etats-Unis, sont très clairement libéraux et monétaristes.

De telle sorte qu'il paraît évident que la présence ou non de sel dans l'eau environnante est le facteur qui influe le plus sur l'orientation des économistes du coin.

Mais au-delà du facteur de salinité, la récente décision d'attribution du Prix Nobel d'économie à deux américains me fait penser que peut-être, c'est le degré de température de l'eau qui est déterminante et que, dans le cas d'espèce, la banque nationale de Suède a privilégié l'eau tiède.

En effet, l'un des deux lauréats, Elinor Ostrom, première femme à recevoir le Nobel d'économie, est plutôt une spécialiste de la science politique et s'est faite remarquer par des travaux sur la gestion des propriétés collectives, forêts, pêcheries ou pâturages, tandis que son collègue, Oliver Williamson, qui partage avec elle le prix de cette année, s'est intéressé plus spécialement à une théorie de la transaction dans laquelle le marché compterait moins – si j'ai bien compris – que l'aptitude à répondre efficacement aux besoins collectifs.

Autrement dit, le prix Nobel va à des personnes parfaitement estimables, plus proches de la sociologie que de l'économie, et qui ont théorisé une remarquable redécouverte de l'eau tiède, à savoir qu'en économie, il n'y avait pas que les lois du marché qui expliquaient le comportement des agents, alors même que lesdites lois ne donnent pas nécessairement les résultats les plus efficaces.

J'aurais tout de même pensé et espéré que la banque de Suède aurait récompensé les économistes qui ont prêché dans le désert depuis des années l'imminence de la crise plutôt que de botter en touche en distinguant des travaux qui se situent « ailleurs ». Pourquoi ne pas avoir distingué le professeur Nouriel Roubini de l'université de New York (NYU) dont tant de « savants » se sont moqués quand il annonçait, au milieu des années 2000, l'imminence du cataclysme qui a éclaté en 2007 ?

Je remarque que l'un des lauréats enseigne à Berkeley, non loin des eaux salées du Pacifique tandis que l'autre vient de l'université de l'Indiana qui est nettement plus proche de l'eau douce.

Au surplus, le professeur Olstrom de l'université d'Indiana a beaucoup travaillé sur la gestion de l'eau pour l'irrigation des forêts et des jardins.

En définitive, ce prix Nobel d'économie, s'il se situe au confluent de l'eau douce et de l'eau salée, privilégie essentiellement l'eau tiède et n'a pas récompensé ceux qui avaient eu le courage d'être à contre-courant !




Commentaires (3) | Rédigé par Paul Giacobbi le 14/10/2009
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