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Danse macabre en Libye
Rarement on aura vu de la part de la communauté internationale autant d'hypocrisie et de faiblesse qu'à propos de la Libye. Le peuple libyen souhaite clairement se débarrasser du colonel Khadafi, de sa famille parasitaire et de sa dictature sanguinaire.
Des villes sont tombées, une partie de l'armée a fait défection, dans le cadre d'une insurrection qui n'est clairement pas d'inspiration fondamentaliste et dont la revendication essentielle est d'accéder à la liberté, aux droits de l'homme et à la démocratie. La communauté internationale parle beaucoup mais se refuse à agir alors que des moyens militaires lui permettraient de le faire de manière très efficace sans jamais prendre le risque ou commettre la maladresse d'envoyer des troupes sur place.
La proclamation d'une zone d'interdiction aérienne au-dessus du territoire libyen pour l'aviation militaire, l'interdiction qui pourrait être faite à ce qu'il reste de l'armée libyenne et aux mercenaires payés par M. Khadafi de déployer des hommes, de l'artillerie ou des chars à proximité des zones qui sont aux mains de l'insurrection permettrait de mettre les insurgés libyens à l'abri des attaques du colonel Khadafi.
Le droit international permet largement et depuis longtemps à la communauté internationale de prendre en considération ce que l'on appelle une « belligérance », d'interdire qu'il soit fait usage de certaines armes (notamment artilleries, blindés, tirs aériens ou gaz de combat) contre des populations civiles qui ne disposent, même si elles sont insurgées, ni de l'entraînement, ni de l'armement d'une armée régulière.
Par ailleurs, l'usage de l'armée avec tous ses moyens pour une répression politique est évidemment prohibée et assimilable à un crime de guerre de même que le recrutement et l'utilisation de mercenaires a fortiori quand il s'agit de s'attaquer à son propre peuple.
Il n'est nul besoin de faire appel au concept fumeux de « devoir d'ingérence » pour fonder la légitimité voire l'obligation où se trouve la communauté internationale d'agir.
Nous sommes aujourd'hui clairement à la veille d'un bain de sang qui a d'ailleurs largement commencé en Libye et les atermoiements de la communauté internationale sont à l'évidence constitutifs d'une non-assistance parfaitement scandaleuse.
L'expérience du Kurdistan confirme que des mesures d'interdiction de survol et d'attaque des mouvements de troupes et de blindés par des forces aériennes internationales seraient d'une parfaite efficacité sans qu'il soit besoin d'envoyer sur le sol libyen le moindre casque bleu. Le conseil de sécurité doit prendre ses responsabilités et si la fédération de Russie, entre autres, oppose son veto, il restera à l'Europe, aux Etats-Unis et à l'OTAN de prendre les leurs.
L'histoire le Libye a été marquée par la doctrine soufie qui est à l'opposé du fondamentalisme qui est né et s'est développé en Arabie saoudite depuis le XVIIIème siècle. Ainsi, cette doctrine spirituelle et mystique qui fait parfois appel à la danse rituelle dans sa pratique religieuse a-t-elle trouvé en Libye une terre d'élection.
Mais c'est malheureusement aujourd'hui une véritable danse macabre à laquelle nous assistons de Tobrouk à Tripoli sous l'oeil indifférent et complice des pays occidentaux parmi lesquels la France ne se distingue malheureusement ni en paroles, ni en actions.

Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 10/03/2011
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