Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

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D’un Watergate l’autre
Il pourrait paraître provocateur de faire des comparaisons entre le second mandat de Barack Obama et celui qui fût interrompu par la démission de Richard Nixon. Pourtant, ces deux seconds mandats débutent de la même manière par un incroyable scandale !
Et ces scandales se ressemblent singulièrement puisque Richard Nixon ou son entourage étaient accusés d’avoir fait espionner leurs adversaires politiques tandis que le président Obama ou son entourage sont accusés d’avoir utilisé les services fiscaux pour diligenter des enquêtes fiscales ciblant leurs adversaires politiques…
La comparaison ne s’arrête pas là puisque l’arrogance de chacun des présidents se situe probablement au même niveau, que leur réélection a été dans l’un et l’autre cas confortable et que leur gouvernance a donné lieu à des appréciations divergentes.
Les différences sont cependant marquées mais sont loin d’être ce que l’opinion publique imagine. On pourrait dire pour caricaturer que Richard Nixon était aussi antipathique et peu charismatique que Barack Obama est, à l’inverse, incroyablement sympathique et fait l’objet d’un véritable engouement au point que l’on a pu forger le mot « Obamania ».
Pourtant, Richard Nixon avait promis la fin de la guerre du Vietnam et il y a mis fin.
Il avait promis une grande politique étrangère et il a bouleversé la géopolitique mondiale en reconnaissant la Chine de Mao Zedong.
A l’inverse, Barack Obama avait promis de fermer l’odieuse prison de Guantanamo dans laquelle croupissent injustement, hors de tout cadre juridique, des centaines de personnes dont le seul crime repose parfois sur une homonymie tandis que certains restent murés à vie alors même que leur innocence a été reconnue.
Mais Barack Obama n’est pas prêt de mettre fin au scandale de Guantanamo.
Barack Obama avait promis une politique étrangère plus respectueuse des droits des peuples et des individus et il décide chaque matin, selon son bon plaisir et l’appréciation qu’il a des rapports qui lui sont remis par les services secrets, de faire assassiner à l’autre bout du monde de supposés terroristes avec des « dommages collatéraux » qui sont souvent des enfants en bas âge !
Bien entendu, face au scandale, les présidents et leurs partisans clament leur parfaite innocence et mettent en cause les administrations concernées.
Pourtant, comme le dit ce matin le Wall Street Journal : « A president sets a mood, a tone. He establishes an atmosphere. If he is arrogant, arrogance spreads. If he is too partisan, too disrespecting of political adversaries, that spreads too. Presidents always undo themselves and then blame it on the third guy in the last row, in the sleepy agency across town.”
Sans porter le moindre jugement sur les personnes qui sont, dans l’un et l’autre cas, des personnalités d’exception dont le bilan restera longtemps controversé, ce bégaiement de l’histoire, à quarante ans de distance, est une démonstration de plus de ce que Montesquieu avait vu juste, et Machiavel bien avant lui, en relevant que le pouvoir corrompt d’autant plus qu’il est grand.

Commentaires (6) | Rédigé par Paul Giacobbi le 21/05/2013
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