Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

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« Crunch »

07/04/2008

C'est le mécanisme économique qui va dans les semaines et les mois à venir affecter de manière tragique – le mot n'est pas trop fort – l'économie du monde et nos vies quotidiennes.

Comme j'ai eu l'occasion de l'écrire depuis déjà plusieurs mois, la crise économique que nous vivons n'est pas du tout limitée au phénomène du financement de l'immobilier américain. En réalité, c'est toute l'économie du crédit dans le monde entier qui est affectée. En ce moment, le gouvernement américain, et la banque centrale des Etats-Unis tentent d'éviter le désastre en abaissant les taux d'intérêt, en injectant massivement des liquidités sur les marchés et en organisant des plans de sauvetage des banques et autres établissements financiers menacés de faillite.

Le public ainsi que la plupart des politiques ignorent à peu près tout de ces mécanismes, dont les médias parlent pourtant toute la journée.

Quelques explications simples :

- baisser les taux d'intérêt est très facile pour une banque centrale. Cela a pourtant deux conséquences inquiétantes. La première est que cela fait baisser mécaniquement la valeur de la monnaie qu 'émet la banque centrale et c'est en ce moment une cause directe de baisse du dollar.

La seconde est que cela entraîne des pertes considérables pour la banque centrale qui ne peut pas aller trop loin sauf à se trouver elle-même menacée !

- Injecter des liquidités, cela veut dire que la banque centrale accepte d'échanger des titres très sûrs, par exemple des bons du Trésor, contre des créances bancaires douteuses. Là encore, c'est une menace pour la banque centrale et cela a aussi un effet pervers de déresponsabilisation des banques.

- Organiser des plans de sauvetage des banques, cela signifie trouver des repreneurs qui en dernière analyse appartiennent directement ou indirectement au nouveau monde des riches (Chine, Inde, pays pétroliers et Russie), c'est aussi déresponsabiliser des entreprises qui, quoi qu'elles fassent, sont garanties de ne plus faire faillite.

Mais ce qui est fascinant et terriblement inquiétant aujourd'hui, c'est que l'argent, malgré tout ce qui est fait aux Etats-Unis, est en train de fuir ce pays. Et d'ailleurs tout ce qui est fait pour donner de l'argent au système de crédit conduit paradoxalement à ce que cet argent s'en aille ailleurs.

Baisser les taux d'intérêt, c'est encourager les financiers à convertir leurs dollars en euros, tandis que la Fed a vu fondre, en quelques semaines, la moitié des bons du Trésor qu'elle détenait ! Quant aux financiers des pays « nouveaux riches » ils commencent à se demander s'il faut continuer de placer leurs fonds aux Etats-Unis tant ils ont perdu d'argent en quelques mois en renflouant le système financier américain défaillant.

Malgré un rebond paradoxal des bourses mondiales après l'annonce des pertes abyssales d'UBS – c'était le 1er avril ! - on ne voit pas dans ces conditions comment notre monde pourra éviter une baisse massive des prêts. Le « crunch » paraît désormais inévitable et croyez-moi, il sera très dur à avaler !



Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 07/04/2008
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