Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


   

Le cinéma de guerre a eu ses heures de gloire avec le service cinématographique de l'armée américaine auquel participait glorieusement pendant la Seconde guerre mondiale John Ford. C'était du vrai cinéma, une vraie guerre, de grands cinéastes, c'était sincère, juste et digne.

Aujourd'hui, la France est en guerre contre elle-même puisque nous envoyons des troupes en milliers d'hommes, avec véhicules blindés, hélicoptères guerriers dotés de projecteurs pour la surveillance nocturne, et que cette situation de guerre ou d'après-guerre est reconnue et revendiquée par les acteurs les plus en vue de la scène gouvernementale qui parlent de plan Marshall, comme si la guerre avait déjà eu lieu et qu'ils l'avaient gagnée, comme si nos caisses publiques étaient remplies à craquer comme celles des Etats-Unis en 1945, comme si la nouvelle frontière de nos nouveaux combats, une sorte de ligne bleue des Vosges, était celle des barrières de nos villes.

A Villiers le Bel, sans doute après que nos services de renseignements intérieurs aient mené enquête, comme on espionne le territoire ennemi, l'offensive a été menée dès l'aube avec un service cinématographique, sans doute dénué du talent de John Ford, mais beaucoup plus doté en personnel et en moyens techniques.

Tout ceci ressemble infiniment à une sorte d'Intifada, car le caillassage des véhicules de police, de secours ou d'urgences médicales dans nos banlieues est tout aussi fréquent que dans les territoires occupés, à quelques différences près: nous n'avons pas encore construit de mur de séparation, nos renseignements généraux sont assez éloignés des standards du Mossad, et nos CRS sont assez loin de la combativité de Tsahal !

Il n'est cependant pas nécessaire d'être vraiment efficace sur le plan militaire et incroyablement performant dans le domaine du renseignement, pour commettre des erreurs politiques majeures et pour instituer durablement entre des territoires une totale ignorance réciproque, une peur panique d'un côté face à une haine tenace de l'autre de telle sorte que l'on finit un jour par se trouver obligé d'en appeler au cessez-le-feu et à la lente reconstruction de la compréhension mutuelle, de la solidarité, et de la confiance.

Dans nos banlieues, nous en sommes aujourd'hui à la guerre, à l'exploitation partisane, via des médias asservis et propagandistes, d'opérations dont l'inefficacité en terme de sécurité n'a d'égal que leurs conséquences dramatiques dans l'ordre du traumatisme et de l'humiliation.

Avant que l'on en vienne, un jour peut-être, à réclamer à l'ONU des observateurs internationaux pour le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis, il serait peut-être temps d'abandonner ces rhétoriques, ces comportements et ces simulacres guerriers et de se persuader d'abord que ces territoires de banlieues sont la France, une France diverse et jeune, dynamique, créative et qui fera peut-être plus la France que les beaux quartiers vieillissants et racornis, uniquement préoccupés du pourcentage du bouclier fiscal et des plus-values boursières.


Commentaires (2) | Rédigé par Paul Giacobbi le 18/02/2008
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