Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


   

.Mon intervention lors de l'examen de l'amendement 78 au projet de loi de finances pour 2013, le 18 octobre 2012.


Il s’agit d’un sujet sensible, bien sûr, mais aussi complexe.

Prenons tout d’abord la nature économique d’une œuvre d’art. Avez-vous seulement une idée de la volatilité du marché de l’art ? Il est impossible, même à quelqu’un qui suivrait ces sujets depuis plusieurs décennies, de savoir ce que vaudra une œuvre d’art, à 40 % ou 50 % près.

Deuxièmement, il faut rappeler qu’une œuvre d’art ne rapporte rien quand elle est détenue.

M. Marc Le Fur. Tout comme une résidence principale !

M. Hervé Mariton. Exactement !

M. Paul Giacobbi. Elle rapporte seulement si elle est cédée.

Et puis, vous oubliez un petit détail, ce sont les coûts qu’entraîne la détention d’une œuvre d’art : assurance, restauration, évaluation même – vous seriez même étonnés de connaître les honoraires liés à cette activité.

Comme cela a été déjà dit, 95 % des acquisitions des musées nationaux proviennent des donations. Les collections constituent un patrimoine national. Saviez-vous, mesdames, messieurs, que pour contempler les Grandes baigneuses de Cézanne il faut se rendre à Philadelphie parce qu’en France, nous n’avons pas toujours su conserver les œuvres qu’il fallait ?

Que va-t-il se passer si on inclut les œuvres d’art dans l’ISF ? C’est très simple.

Ce sera d’abord la ruine de marché de l’art en France. À cet égard, monsieur le rapporteur, je dois vous dire que la Maison des artistes représente essentiellement – vous voudrez bien excuser ma formule – des artistes qui ne vendent pas.

M. Lionel Tardy. Très sympa pour eux !

M. Paul Giacobbi. Ce n’est donc pas très représentatif du sujet. Ce sera la fuite des œuvres d’art et leur vente à l’étranger. Ce sera l’effondrement des donations aux musées. Et tout cela se soldera par une moins-value colossale pour le Trésor public.

Reste un vrai sujet, et j’en termine, je veux parler de la plus-value. Il faut bien voir qu’il y a deux sortes d’œuvre d’art aujourd’hui : les œuvres d’art qui sont de véritables œuvres d’art et puis des objets industriels, simples brand names, objets ignobles qui ont parfois été exposés à Versailles…

M. Jean-Christophe Lagarde. Très juste !

M. Paul Giacobbi. … dépourvus de tout intérêt artistique et qui font l’objet d’une marché spéculatif aux prix délirants. Ceux-là, vous pouvez les taxer tant que vous le voulez ! Vous pouvez d’ailleurs taxer l’ensemble des œuvres d’art sans vous tromper puisqu’au moment de la vente, toute œuvre d’art doit être taxée.

Mais un collectionneur, mesdames, messieurs, par définition, ne vend pas – jamais – il donne !

Commentaires (5) | Rédigé par Paul Giacobbi le 19/10/2012
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