Bernard Lagaffe
19/09/2007
L'activité essentielle de notre ministre des affaires étrangères consiste à expliquer pendant une semaine après qu'il ait lâché une énormité, que ce n'est pas ce qu'il a dit, que ce n'est pas ce qu'il voulait dire et que, de surcroît, ce qu'il n'a pas dit et n'a pas voulu dire a fait l'objet de la part de médias « mondiaux »(sic) d'une « manipulation » (sic).
Il y a quelques temps, il s'agissait de dire aux irakiens qu'ils devaient changer de Premier ministre. Même si nous ne pouvons pas craindre qu'en retour les irakiens nous demandent de changer de Premier ministre puisque rien ne peut leur laisser penser que nous en avons un, cette ingérence dans les affaires intérieures d'un autre état est tout à fait insupportable.
J'ai relu avec attention ce qui a été dit sur l'Iran par le Président de la République et par Bernard Lagaffe. Ce n'est pas du tout la même chose. Le Président de la République a indiqué qu'il fallait à toute force empêcher que nous ne soyons condamnés à propos de l'Iran à ne plus avoir que deux options : accepter qu'ils aient l'arme nucléaire ou leur faire la guerre.
Même si cela était exprimé brutalement, cela avait le mérite de la clarté et était incontestable.
Monsieur Lagaffe a fait part de son inquiétude et a indiqué qu'il fallait s'attendre à tout, c'est-à-dire à la guerre.
Et quand on lui a demandé comment on se préparait à la guerre, il a indiqué que c'était en mettant au point les plans d'attaque dans les états-majors des armées.
Dans les deux cas, la communauté internationale nous a brutalement répondu et nous nous sommes trouvés totalement isolés. S'agissant de l'Irak, le lendemain de cette déclaration intempestive, le Premier ministre irakien parvenait à conclure un accord fondamental entre les communautés prévoyant notamment leur accès aux responsabilités publiques.
La remarque du ministre tombait à tout le moins au mauvais moment.
S'agissant de l'Iran, nous avons été contredits par le directeur général de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique), par les ministres des affaires étrangères de l'Autriche, de l'Allemagne, tandis que les Etats-Unis soulignaient que nous n'en étions pas là...
La diplomatie, c'est l'art de dire des choses justes, au besoin fortes, sans pour autant que ceux à qui l'on s'adresse ne perdent la face. La plus grande faute diplomatique, c'est de s'exprimer d'une manière tellement blessante que l'on contraint à la faute celui que l'on imaginait convaincre.
Il paraît qu'au Quai d'Orsay, certains commencent à regretter MonsieurDouste-Blazy !
Ses gaffes étaient proverbiales mais sans aucune conséquence car personne, ni en France, ni à l'étranger, ne le prenait au sérieux.
Conclusion : il vaut mieux un gaffeur ignorant et peu crédible qu'un gaffeur dont les connaissances et l'expérience sont reconnues.
Il y a quelques temps, il s'agissait de dire aux irakiens qu'ils devaient changer de Premier ministre. Même si nous ne pouvons pas craindre qu'en retour les irakiens nous demandent de changer de Premier ministre puisque rien ne peut leur laisser penser que nous en avons un, cette ingérence dans les affaires intérieures d'un autre état est tout à fait insupportable.
J'ai relu avec attention ce qui a été dit sur l'Iran par le Président de la République et par Bernard Lagaffe. Ce n'est pas du tout la même chose. Le Président de la République a indiqué qu'il fallait à toute force empêcher que nous ne soyons condamnés à propos de l'Iran à ne plus avoir que deux options : accepter qu'ils aient l'arme nucléaire ou leur faire la guerre.
Même si cela était exprimé brutalement, cela avait le mérite de la clarté et était incontestable.
Monsieur Lagaffe a fait part de son inquiétude et a indiqué qu'il fallait s'attendre à tout, c'est-à-dire à la guerre.
Et quand on lui a demandé comment on se préparait à la guerre, il a indiqué que c'était en mettant au point les plans d'attaque dans les états-majors des armées.
Dans les deux cas, la communauté internationale nous a brutalement répondu et nous nous sommes trouvés totalement isolés. S'agissant de l'Irak, le lendemain de cette déclaration intempestive, le Premier ministre irakien parvenait à conclure un accord fondamental entre les communautés prévoyant notamment leur accès aux responsabilités publiques.
La remarque du ministre tombait à tout le moins au mauvais moment.
S'agissant de l'Iran, nous avons été contredits par le directeur général de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique), par les ministres des affaires étrangères de l'Autriche, de l'Allemagne, tandis que les Etats-Unis soulignaient que nous n'en étions pas là...
La diplomatie, c'est l'art de dire des choses justes, au besoin fortes, sans pour autant que ceux à qui l'on s'adresse ne perdent la face. La plus grande faute diplomatique, c'est de s'exprimer d'une manière tellement blessante que l'on contraint à la faute celui que l'on imaginait convaincre.
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