Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


   
Benghazi : Chronique d'un massacre annoncé
S'il est désormais trop tard pour organiser des frappes aériennes cîblées destinées à empêcher le colonel Khadafi d'attaquer, avec ses avions ou ses frégates, des insurgés pratiquement désarmés, il faut être conscient que l'attitude occidentale consistant à la fois à encourager l'insurrection et à l'abandonner dès que les choses ont mal tourné va de manière désormais inévitable conduire à un massacre épouvantable à Benghazi.
Trois remarques s'imposent :
premièrement, les forces libyennes qu'il fallait anéantir ou réduire à l'impuissance sont dérisoires : une vingtaine d'avions de chasse, disposant de deux bases aéroportuaires, deux frégates, quelques dizaines de chars. De surcroît, l'essentiel de ces forces se déploie à très faible distance du littoral, de telle sorte qu'il eut été militairement très facile de les détruire sans même que les forces occidentales aient besoin de survoler le territoire libyen.
Deuxièmement, le monde arabe a été plus courageux que l'Occident puisque la Ligue arabe a demandé officiellement et publiquement l'instauration d'une zone d'interdiction aérienne sur la Libye, ce que ni l'Union européenne, ni l'OTAN n'ont eu le courage de faire.
Troisièmement, puisque l'Occident n'avait pas l'intention d'agir militairement pour protéger l'insurrection, il est criminel de l'avoir encouragée, de lui laisser entendre qu'on la protégerait en combattant le colonel Khadafi. Des militaires libyiens, des civils se sont joints à l'insurrection persuadés par de bonnes paroles et des déclarations enflammées que les puissances occidentales les protégeraient d'une contre-offensive du dictateur de Tripoli. Nous les avons envoyés au massacre en les trompant sur nos intentions et en cela, les puissances occidentales se sont rendues complices des crimes qui vont être perpétrés.

La France a défendu certes une position relativement offensive. Mais en subordonnant toute intervention à l'accord préalable du conseil de sécurité des Nations Unies, elle savait par avance qu'il ne pourrait y avoir aucune suite à ses rodomontades. Pire encore, en reconnaissant officiellement l'insurrection et son conseil national comme les seuls représentants de la nation et du peuple libyien, elle a implicitement fait croire qu'elle s'engageait à les protéger. L'attitude de l'Allemagne, consistant à dire d'emblée qu'il n'était pas question de reconnaître l'insurrection ou d'envisager une intervention militaire a au moins eu l'avantage de la clarté.
Nous avons trompé les insurgés, nous les avons poussés en avant et nous les abandonnons à leur bourreau.

Commentaires (4) | Rédigé par Paul Giacobbi le 16/03/2011
Paul Giacobbi - Photo officielle

Consultez le blog de Paul Giacobbi sur votre mobile !


Les dernières notes
Communiqué 20/02/2017
Pace e Salute ! 10/01/2017
Toutes les archives