Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

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Baby Loup

29/03/2013
Baby Loup
La Cour de Cassation vient de rappeler les limites de la loi qui interdit en France le port de signes religieux ostentatoires.
On ne peut porter le voile dans les écoles qui sont sous le régime du service public de l’éducation nationale, mais on peut – selon la Cour de Cassation – le porter dans une crèche associative.
Les juristes savent à quel point il sera difficile de soutenir une législation qui fixe une norme vestimentaire pour les citoyens, en particulier si elle est contestée devant une juridiction internationale telle que la Cour européenne des droits de l’Homme.
Car si l’on comprend bien que le voile intégral couvrant le visage pourrait être effectivement prohibé, il est pratiquement et juridiquement impossible de se prononcer sur le foulard, accessoire vestimentaire dont le port peut être tout autant une question de goût ou de mode que de religion.
Quant à vouloir rendre universelle – en toute heure et en tous lieux – une telle interdiction, c’est probablement une atteinte aux libertés qui ne tiendra ni en droit, ni en fait.
L’influence croissante du fanatisme religieux doit être combattue avec détermination. Il n’est pas certain qu’une législation fragile en droit et en fait y suffise.

Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 29/03/2013

Commentaires

1.Posté par eric zeltz le 31/03/2013 16:21
Monsieur le député,

Autant je suis contre l'usage du voile intégral sur tout l'espace non privé de la République, autant le fait qu'une fille ou femme musulmane couvre ses cheveux d'un voile discret (et tant qu'affaire, de bon goût) ne me gène pas du tout. Y compris dans les écoles de la République.
On n'est plus au temps de la troisième république où l'école de la République devait se défendre des influences et tentatives d'infiltration du catholicisme. Ce qui a justifié, à l'époque, l'interdiction de signes visibles d'appartenance religieuse.
De même que les règles rigides et jacobines de l'interdiction des "patois", parfaitement justifiées à l'époque de la Révolution pour permettre à la Nation de se construire, ces règles doivent maintenant évoluer (cf. ce que vous dites vous-même dans votre dernier message sur les langues minoritaires), car devenues en grande partie obsolètes, de même les règles laïques à la Jules Ferry et à la Combes doivent aussi évoluer, dans le sens d'un meilleur respect de l'individu et de ses convictions intimes.
Un lycéen chrétien peut désirer porter une chaine avec une croix, par conviction religieuse, sans pour autant qu'on le considère comme un dangereux prosélyte, et cela même si c'est au lycée public.
De même une lycéenne musulmane peut éprouver le désir spirituel de se voiler les cheveux, même à l'école publique, sans pour autant qu'on la considère pour une islamique militante et fanatisée. Et on n'a pas à juger les raisons intimes qui lui donnent ce désir: ça la regarde, ça ne nous regarde pas.
C'est du moins mon opinion.

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