Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


   

Au mois d'août 2008, je devais me rendre en famille à Kolkata et j'ai eu l'idée de voyager sur la compagnie Emirates, basée à Dubaï, qui est célèbre pour la qualité de son service et des prix très raisonnables.

Devant faire escale à Dubaï, j'avais souhaité au retour m'arrêter trois jours pour visiter ce mirage de la finance et des prouesses de l'architecture moderne avant que cette illusion ne se dissipe, emportée par la vague de la crise économique.

Il était en effet évident au mois d'août 2008, plus d'un an après l'éclatement de la crise aux Etats-Unis, que Dubaï ne résisterait pas à l'effondrement de la finance internationale.

Même si à l'époque en France la plupart des « responsables », à commencer par le ministère des finances, niaient encore l'évidence de la crise, et que ceux qui lançaient des avertissements comme je pouvais le faire à l'Assemblée, étaient taxés d'excès de pessimisme, il paraît inconcevable aujourd'hui que des gens aient pu penser encore à ce moment qu'une folie comme Dubaï pouvait survivre à la fin d'un monde.

J'avais néanmoins été fasciné par la qualité architecturale des plus belles réalisations de ce Manhattan des sables, par le côté héroïque de ces constructions de haute technologie au milieu d'un désert à peu près invivable, ainsi que par les qualités de ces installations aéroportuaires aux antipodes des pratiques inqualifiables d'Aéroports de Paris.

Que restera-t-il maintenant de tout cela ?

Des tours désertées, des galeries marchandes condamnées à des soldes éternelles, des lotissements off-shore rapidement devenus invivables par manque d'entretien, tout un mirage d'acier, de verre et de béton qui fascinera encore longtemps quand on en verra de loin les ruines et qui sera, vu de plus près, une image saisissante de ce qui reste après une bataille financière.

Mais je suis peut-être trop pessimiste et la créativité arabe ainsi que la solidarité bédouine, surtout quand elle s'appuie sur de riches et puissants voisins, peuvent peut-être permettre sinon le miracle d'une résurrection, du moins la possibilité d'une survie approximative.

C'est du moins ce que je souhaite aux citoyens de Dubaï dont la faillite n'est finalement pas vraiment supérieure à celle de M. Madoff, lequel n'a pas laissé derrière lui de cité du XXIème siècle ni même d'amas de ruines mais seulement un air mauvais qui empoisonnera encore longtemps le monde de la finance.


Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 01/12/2009
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