Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


   
Au-delà de tout soupçon
Pompeia Sulla était la seconde femme d’un certain Caïus Julius, plus connu sous le surnom de César. A l’époque où son mari présidait à la religion romaine sous le titre – qui est toujours en latin celui du pape catholique – de « pontifex maximus », Pompeia Sulla avait organisé des festivités dédiées à la bonne déesse (« bona dea »), divinité symbolisant la chasteté, desquelles les hommes étaient exclus. Or, un jeune patricien, du nom de Claudius Pulcher – dont le nom de famille évoque évidemment la beauté, s’y était introduit déguisé en femme, sans doute pour faire une mauvaise farce mais qui conduisit la rumeur publique à prétendre qu’il voulait séduire le femme de César.
Il s’en suivit un procès qui devait aboutir à l’acquittement de Claudius Pulcher bien qu’il ait dû affronter comme accusateur un avocat sénateur du nom de Cicéron…
Peu de temps après, et nonobstant cette absence de suite judiciaire, alors même qu’à aucun moment l’épouse du Pontifex maximus n’avait été mise en cause, César décida de divorcer, se justifiant en disant que la femme de César devait rester au-dessus de tout soupçon.
Il y aurait beaucoup de commentaires à faire sur le contexte et les circonstances de cette histoire vaudevillesque et pourtant éclairante quant à la vie publique et privée des dirigeants romains.
On pourrait, par exemple, trouver singulier que César ait été aussi sourcilleux sur la réputation de vertu de son épouse alors qu’il était lui-même un bisexuel notoire et particulièrement pratiquant puisque Suétone a cru bon de remarquer qu’il était « le mari de toutes les femmes et la femme de tous les maris ». Cette remarque prouvant d’ailleurs que, déjà, longtemps avant l’intervention de Christiane Taubira, les mœurs européennes étaient ouvertes à bien des situations matrimoniales…
Mais il faut surtout retenir que les personnes publiques et leur entourage doivent faire preuve, jusque dans les détails de leur vie privée, d’une extrême prudence car même si rien ne saurait leur être reproché, la rumeur pourrait avoir sur eux ou sur elles, des effets destructeurs.
Dans l’affaire qui a conduit Jérôme Cahuzac à la démission, je reste persuadé que les suites judiciaires, même si elles agiteront l’actualité pendant un long moment, ne déboucheront sur aucune sanction significative.
Malheureusement aujourd’hui, des éléments sérieux semblent confirmer qu’il pourrait être le locuteur de quelques phrases enregistrées à son insu il y a plus de dix ans, lesquelles pourraient signifier qu’il aurait détenu à ce moment-là un compte bancaire en Suisse qu’il avait d’ailleurs l’intention explicite de fermer.
D’ores et déjà, la punition est sans commune mesure avec une faute encore largement hypothétique et dont on ne voit pas très bien à quelle sanction pénale elle pourrait conduire.
Il n’en a pas fallu plus pour nous priver à un des pires moment de notre histoire budgétaire, d’un des meilleurs ministres du budget que nous n’ayons jamais eu et dont la compétence, le talent et la détermination sont reconnus, même après sa démission, à gauche comme à droite.
On le voit, il y a deux mille ans comme aujourd’hui, celui ou celle qui touche de près au pouvoir peut tomber sans que sa faute ait été prouvée et ce n’est pas sans raison que l’on faisait récemment remarquer que bien des ministres ayant dû démissionner dans de telles circonstances n’ont pas été par la suite sanctionnés pénalement, non parce que leur ancien statut les aurait protégé, bien au contraire, mais parce qu’il apparaissait après enquête et avec le recul qu’il n’y avait plus rien qui justifiait une sanction pénale.

Commentaires (11) | Rédigé par Paul Giacobbi le 20/03/2013

Commentaires

1.Posté par simpa le 20/03/2013 23:47
n avez pas honte de dire que ce ministre pôurri etait le meilleur depuis toujours;ce monsieur qui 2 mois apres sa nommination s appretait a faire la guerre aux exiles fiscaux?je regrette mr le depute mais votre volonte de defendre l indefendable ne vous honore guere;il aurait mieux valu que vous vous taisiez.

2.Posté par M.A le 21/03/2013 08:50
Simpa,

qu'est ca qui vous permet de dire que ce ministre est pourri??? Pour l'instant rien!!!

Soyez patient et ne criez pas avec la meute!!! Loin de moi l'idée de défendre quelqu'un de façon aveugle , mais je vous précise qu'au jour d'aujourd'hui il n'est même pas mis en examen!!!Alors avant de hurlé attendez donc ,il ne vous appartient pas de condamner de cette façon vous n'êtes pas le jusge chargé de l'affaire.

Trouvez scandaleux qu'un ministre du budget face la guerre aux exilés fiscaux???Seriez vous un exilé fiscal pour les défendre a ce point??? C'est votre prise de position a ce sujet qui est scandaleuse a mes yeux!!! N'avez vous pas honte à votre tour de defendre cette indeffendable façon d'échapper au fics????

Ne vous en déplaise il a été un bon ministre du budget!!!! Combien de ministres ont dus démissionner???? Et reléxés par la justice??? Beaucoups

3.Posté par eric zeltz le 23/03/2013 15:48
Monsieur le député,

Je vois que vous faites feu de tout bois pour soutenir le projet du "mariage pour tous" qu'a défendu Madame Taubira à l'Assemblée. Après avoir rappelé les mœurs extra-mariage de César, un bisexuel polyvalent et tout azimut d'après l'historien antique Suétone, vous concluez en effet par cette phrase:
"longtemps avant l’intervention de Christiane Taubira, les mœurs européennes étaient ouvertes à bien des situations matrimoniales… "
Or comme vous le savez sans doute, le mariage romain (legitimum matrimonium) concernait uniquement le couple formé par un homme pubère (pubes) et une femme en âge de procréer (viri potens) et non toutes les combinaisons sexuelles qu'on pouvait effectivement trouver dans l'Antiquité à Rome, à Corinthe et plus généralement dans les grandes cités antiques, où la débauche était fréquente et notoire. Il ne faut donc pas faire l'amalgame entre les "situations matrimoniales" officielles de l'époque et les mœurs effectives extra-matrimonium de tel ou tel personnage du monde antique. Amalgame que vous faites pourtant allégrement, sans doute pour participer à la justification de l'utilisation du terme "mariage pour tous", telle qu'elle est proposée dans la loi Taubira.
Expression à mon avis utilisée de façon complétement frauduleuse, j'ai déjà longuement expliqué ce point de vue dans mes précédents messages.


Cordialement.

Eric Zeltz

4.Posté par eric zeltz le 23/03/2013 16:00
Monsieur le député,

Une simple question: avez-vous partagé la même position concernant les compétences et le respect à l'égard de Eric Woerth, lorsqu'il était sauvagement (il n'y a pas d'autre terme) attaqué par ceux qui sont maintenant à la majorité, le premier ministre actuel en tête?

Cordialement

Eric Zeltz



5.Posté par Paul Giacobbi le 23/03/2013 19:39
Je vous renvoie à un billet écrit ici le 30/11/2010 intitulé : "le retour d'Eric Woerth" dans lequel je rappelais la présomption d'innocence. J'ai eu depuis l'occasion de travailler avec lui puisque les rapports de la commission des affaires étrangères associent toujours un député de la majorité à un député de l'opposition. C'est quelqu'un de remarquable et avec lequel j'entretiens des relations cordiales. Les reproches qui lui ont été faits sur Chantilly sont inconsistants. Je n'ai pas d'éléments sur son rôle présumé dans l'affaire Bettencourt mais je ne vois rien qui permette de prouver une quelconque culpabilité dans ce que la presse à révélé. Je suis certain en tout cas qu'aucun manque à la probité personnelle ne lui sera reproché.
Le tribunal des médias accuse sans preuve mais la justice est finalement respectueuse des principes de présomption d'innocence. Quelques journaux m'ont parfois accusé de choses auxquelles j'étais étranger et qu'à aucun moment la justice n'a songé à me reprocher. J'attends toujours des excuses qui ne viendront pas puisque nous n'avons pas en France une presse professionnelle digne de ce nom.

6.Posté par Paul Giacobbi le 23/03/2013 19:42
S'agissant de mon commentaire sur César, vous avez raison de me reprocher d'assimiler une situation de fait et un régime juridique. Cependant Suetone commet la même erreur puisqu'il assimile avec humour les relations de César à des mariages...

7.Posté par eric zeltz le 23/03/2013 20:54
Monsieur le député,

L'utilisation erronée du terme est certes la même, mais avec des intentions bien différentes: pour Suétone, il s'agissait de peindre avec humour une situation scabreuse , tandis que vous-même vouliez sans doute contribuer à "normaliser" dans l'opinion ce concept vaseux de "mariage pour tous".
Toutefois, je constate avec plaisir que vous savez reconnaître le début de vos erreurs. Un premier pas qui en appellera peut-être d'autres, ne désespérons pas!

Eric Zeltz

8.Posté par eric zeltz le 23/03/2013 21:18
J'ai lu votre billet sur Eric Woerth, et il vous honore (même si le soutien est loin d'être aussi appuyé que celui que vous accordez présentement à Mr Cahusac, ce qui est normal puisque celui-ci est de votre camp).

Vous stigmatisez le comportement de la presse (les "chiens" dont parlait anciennement Mitterrand, au sujet de l'affaire Beregovoy) et vous avez raison. Mais au plus fort de l'affaire Woerth, le rôle et le comportement de l'opposition de l'époque ont été en général exécrables, honteux et proprement scandaleux (je ne vous mets pas dans le sac puisque vous m'avez clairement montré que vous ne faisiez pas partie de cette joyeuse compagnie).
C'est sans doute pour l'accomplissement de cette belle mission, et pour d'autres du même acabit, que le président actuel n'a pas tarder à récompenser le chef du groupe socialiste de l'époque, cela en le nommant premier ministre: Jean-Pierre Ayrault avait effectivement montré des qualités rares pour ce petit travail. Cependant, il semble que les faits montrent que ces qualités ne soient pas tout-à-fait adaptées à la bonne conduite d'un gouvernement...

9.Posté par eric zeltz le 03/04/2013 22:01
Monsieur le député,

Je mets à votre connaissance quelques réactions du citoyen lambda que je suis au sujet des conséquences de l'affaire de celui que vous défendiez encore si énergiquement il y a quelques jours (ce n'est pas un reproche, mais une simple constatation):


Tout d'abord, une petite remarque sémantique que le parfait lettré que vous êtes saura apprécier: l'expression "mentir comme un arracheur de dents" est devenue obsolète depuis hier 2 avril 2013. Sur tout le territoire de France et de Navarre, on dira dès lors "mentir comme un implanteur de cheveux" (l'ancienne profession de Mr Cahusac).

Ensuite quelques questions:

Comment le citoyen pourrait-il maintenant faire confiance à un membre du gouvernement si rien de sérieux n'est fait pour vérifier son attitude?
Mr Moscovici, ministre de l'économie, soutient les yeux droits dans les yeux de l'assemblée qu'il a fait ce qu'il devait faire. Pourquoi devrait-on le croire puisque Mr Cahusac, encore ministre du budget, a soutenu avec le même aplomb ce qui s'est avéré n'être qu'un tissu de mensonges?
Mr Hollande soutient qu'il ne savait rien jusqu'à hier. Qui peut gober cela maintenant? Les français ne sont tout de même pas nés de la dernière pluie!
Mr Ayrault joue au chevalier blanc et prend le ton professoral et moraliste dont il a le secret pour condamner celui qu'il a lui-même choisi. Comment ne pourrait-on pas prendre cela pour de la colossale tartuferie?

Et maintenant la solution, car il me faut être constructif:

C'est Borloo qui me la donne (je n'ai encore jamais voté pour lui, mais ça risque de venir): une commission d'enquête indépendante s'impose pour vérifier l'implication (ou non ) du gouvernement actuel dans la couverture de celui que maintenant ils se renvoient comme une patate chaude.

Cela tout en se lavant, ostensiblement et avec un air de dégout appuyé, les mains qui avaient pourtant serré à qui mieux mieux celles de la "seule" brebis galeuse de ce gouvernement parfaitement vertueux. On le sait, au gouvernement, on lave plus blanc que blanc, qu'on se le dise! Ils le disent, mais malheureusement plus personne ne les croit.

En conclusion:

Monsieur le député, je pense que vous feriez une bonne chose si vous vous ralliez à la proposition de Mr Borloo. Simple conseil du modeste citoyen que je suis.

Cordialement.

Eric Zeltz

10.Posté par M.A le 07/04/2013 10:14
Eric

Arretez un peu de vous poser en donneur de leçon et d'orientation politique a prendre ou ne pas prendre!!!
Ce matin le journal le Parisien épingle J C Lagarde (UDI) proche de Borloo!!! j'en prends j'en laisse!!!

mais ce monsieur d'habitude modéré était mercredi a l'assemblée nationale d'une virulence rare!!!

et ce matin "patatras"!!!

11.Posté par eric zeltz le 07/04/2013 18:58
Encore une fois, chère M.A, je ne fais que donner mes positions, si possible bien argumentées.
Les français observent et constatent en grande majorité que ce gouvernement est lamentable.
J'en fais partie.
Si ce Lagarde a fauté, copain ou pas de Borloo, il payera. Ceci dit, si c'est bien le cas, la faute dont le Parisien l'accuse (une histoire de 5000€) n'a strictement rien à voir avec celle de Cahuzac, ministre du budget, grand chasseur devant l'Eternel de la fraude fiscale, pourfendeur et traqueur des magouilles des financiers... et qui avait planqué des millions d'euros (et non 600000) obtenus plus ou moins frauduleusement en dessous de table par des grands laboratoires. La "gauche morale" dans toute sa splendeur! Et malgré le ton indigné qu'ils prennent maintenant, Hollande, Ayrault, Moscovici,etc..., étaient au courant depuis un moment, peut-être même avant qu'il ne l'embauche comme ministre.
En tous les cas, même si ce Lagarde de l'UDI a magouillé, cela ne m'empêche pas d'apprécier Borloo et de le dire.
En attendant, comme je l'ai déjà dit, le gouvernement actuel ferait bien d'accepter la commission parlementaire de contrôle qu'il demande. Sinon bientôt plus personne ne le suivra, sauf ceux qui sont compromis avec.

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