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Au-delà de tout soupçon
Pompeia Sulla était la seconde femme d’un certain Caïus Julius, plus connu sous le surnom de César. A l’époque où son mari présidait à la religion romaine sous le titre – qui est toujours en latin celui du pape catholique – de « pontifex maximus », Pompeia Sulla avait organisé des festivités dédiées à la bonne déesse (« bona dea »), divinité symbolisant la chasteté, desquelles les hommes étaient exclus. Or, un jeune patricien, du nom de Claudius Pulcher – dont le nom de famille évoque évidemment la beauté, s’y était introduit déguisé en femme, sans doute pour faire une mauvaise farce mais qui conduisit la rumeur publique à prétendre qu’il voulait séduire le femme de César.
Il s’en suivit un procès qui devait aboutir à l’acquittement de Claudius Pulcher bien qu’il ait dû affronter comme accusateur un avocat sénateur du nom de Cicéron…
Peu de temps après, et nonobstant cette absence de suite judiciaire, alors même qu’à aucun moment l’épouse du Pontifex maximus n’avait été mise en cause, César décida de divorcer, se justifiant en disant que la femme de César devait rester au-dessus de tout soupçon.
Il y aurait beaucoup de commentaires à faire sur le contexte et les circonstances de cette histoire vaudevillesque et pourtant éclairante quant à la vie publique et privée des dirigeants romains.
On pourrait, par exemple, trouver singulier que César ait été aussi sourcilleux sur la réputation de vertu de son épouse alors qu’il était lui-même un bisexuel notoire et particulièrement pratiquant puisque Suétone a cru bon de remarquer qu’il était « le mari de toutes les femmes et la femme de tous les maris ». Cette remarque prouvant d’ailleurs que, déjà, longtemps avant l’intervention de Christiane Taubira, les mœurs européennes étaient ouvertes à bien des situations matrimoniales…
Mais il faut surtout retenir que les personnes publiques et leur entourage doivent faire preuve, jusque dans les détails de leur vie privée, d’une extrême prudence car même si rien ne saurait leur être reproché, la rumeur pourrait avoir sur eux ou sur elles, des effets destructeurs.
Dans l’affaire qui a conduit Jérôme Cahuzac à la démission, je reste persuadé que les suites judiciaires, même si elles agiteront l’actualité pendant un long moment, ne déboucheront sur aucune sanction significative.
Malheureusement aujourd’hui, des éléments sérieux semblent confirmer qu’il pourrait être le locuteur de quelques phrases enregistrées à son insu il y a plus de dix ans, lesquelles pourraient signifier qu’il aurait détenu à ce moment-là un compte bancaire en Suisse qu’il avait d’ailleurs l’intention explicite de fermer.
D’ores et déjà, la punition est sans commune mesure avec une faute encore largement hypothétique et dont on ne voit pas très bien à quelle sanction pénale elle pourrait conduire.
Il n’en a pas fallu plus pour nous priver à un des pires moment de notre histoire budgétaire, d’un des meilleurs ministres du budget que nous n’ayons jamais eu et dont la compétence, le talent et la détermination sont reconnus, même après sa démission, à gauche comme à droite.
On le voit, il y a deux mille ans comme aujourd’hui, celui ou celle qui touche de près au pouvoir peut tomber sans que sa faute ait été prouvée et ce n’est pas sans raison que l’on faisait récemment remarquer que bien des ministres ayant dû démissionner dans de telles circonstances n’ont pas été par la suite sanctionnés pénalement, non parce que leur ancien statut les aurait protégé, bien au contraire, mais parce qu’il apparaissait après enquête et avec le recul qu’il n’y avait plus rien qui justifiait une sanction pénale.

Commentaires (11) | Rédigé par Paul Giacobbi le 20/03/2013
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