Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


   
Des français viennent d'être capturés à Arlit au Niger et nous devons nous inquiéter de leur sort. A cet occasion les reportages nous parlent d'une zone très dangereuse où les occidentaux ne peuvent sortir qu'avec des gardes du corps ou doivent rester enfermés dans leur logement sous la protection des militaires français!
Il y a près de trente ans j'ai sejourné dans ces lieux. Avec un groupe d'élèves de l'ENA nous visitions les mines d'uranium de la COGEMA. Je me souviens fort bien de ce voyage: nous pouvions aller et venir librement dans Niamey, dans les régions sahéliennes, autour d'Arlit, à Agadés...
Il y avait bien quelques tensions entre les touaregs et les autres peuples du Niger avec aussi des incursions lybiennes au Nord du désert, mais le pays connaissait une certaine stabilité. Nous disposions de toutes les analyses de nos services sur la situation: aucune menace de terrorisme islamiste n'était envisageable...
Les temps changent ! Ce que je lis aujourd'hu sur le Niger, les mines d'uranium, les bandes armées liées à Al Quaeda au Magrheb me semble concerner un autre monde.
Mes camarades de l'époque sont aujourd'hui préfets, ambassadeurs, personnages politiques etc... Nous ne sommes pas très vieux, même si j'étais le plus jeune, mais nous vivons dans un autre univers beaucoup plus dangereux semble-t-il.
Je me demande si ce groupe de jeunes gens qui ont depuis tous exercé de hautes fonctions publiques ne sont pas avec tous leurs semblables de par le monde et surtout en Occident responsables de cette évolution tragique.Nous avons cru à la possibilité de perpétuer un système neo-colonial et nous n'avons rien fait pour permette une véritable égalité des peuples.
J'ai retrouvé pourtant les notes écrites par un certain Paul Giacobbi sur ce voyage où je relevais surtout l'extrême fragilité des pays de l'Afrique francophone avec leur jeunesse qui voulait bousculer l'emprise
française... Nous avions rencontré à Paris puis en Afrique des étudiants supposés être nos alter ego dans les sciences politiques et administratives et bien loin de les trouver en admiration devant la France et son administration, ils finissaient par nous dire qu'il était temps d'en finir avec la colonisation.
Ainsi n'avons nous même pas l'excuse de l'aveuglement. Il aura fallu le onze septembre, la crise et l'émergence de l'Asie pour que nous comprenions enfin que le monde devait changer. C'était inévitable et d'ailleurs parfaitement juste mais si nous l'avions compris nous aurions peut-être évité au moins la violence et le terrorisme!

Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 17/09/2010
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