Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


   
Un des plus remarquables philosophe des temps modernes, le général Alcazar, célèbre personnage de Tintin, n’aurait pas manqué de commenter ainsi l’évolution législative du fameux CPE.
 
Nous partons d’une loi assez banale qui doit être à peu près la 53ème loi programme destinée à agiter l’atmosphère dans le but de faire croire que l’on va s’occuper de la question de l’emploi. Et puis, au milieu de cette nouvelle bataille pour l’emploi, le Premier ministre a eu tout d’un coup une illumination. Est-ce une fulgurance d’un de ses brillants conseillers ou la lecture trop rapide d’un article de la presse britannique ou américaine, peu importe le CPE est là avec ses deux caractéristiques principales : pas de motivation du licenciement et une période d’essai de deux ans.
 
Une fois l’idée lancée, notre Premier ministre n’a pas voulu s’encombrer de ces détails d’intendance du style, demander son avis au Medef et aux syndicats de salariés qui, pour une fois, auraient été d’accord pour dire que c’était une ânerie. Ou encore vérifier la compatibilité de ces brillantes dispositions avec les conventions de l’organisation internationales du travail souscrites par la France.
 
Pas de complications parlementaires non plus puisque l’accord enthousiaste du seul parti qui compte, l’UMP, et de son brillant président suffit à assurer que les dispositions nécessaires passent comme une lettre à la Poste.
 
Après les ennuis ont commencé. Le peuple, cet être multiforme et rétrograde que notre Premier ministre n’a jamais rencontré est de manière complètement incompréhensible descendu dans la rue.
 
Le Premier ministre atteint d’une maladie incurable autrefois décrite par Bruno Bettelheim s’est enfermé dans ses mouvements compulsifs des bras et a continué à regarder de manière fixe et étrange le vide.
 
Et puis, quand même, le Président de la République qui se souvient qu’il existe un peuple et qu’il a bien connu autrefois a décidé d’intervenir.
 
Sa solution est simple. La loi est promulguée tout de suite. Ce qui veut dire qu’elle est immédiatement applicable. Mais, c’est là que le général Alcazar va pouvoir manifester son admiration. En même temps que l’on rend la loi applicable en la publiant au Journal officiel, on pond une lettre circulaire qui recommande de ne pas l’appliquer.
 
Et encore mieux, on décide de la modifier tout de suite mais puisque le Parlement n’existe plus, en confiant directement cette mission subtile à l’UMP, c’est-à-dire à Nicolas Sarkozy.
 
Mais au fait, est-il bien nécessaire de réunir le Parlement ? Pourquoi ne pas faire voter les lois directement par Nicolas Sarkozy ? Et puis, d’ailleurs, est-elle aussi nécessaire que çà cette loi puisque, de toute façon, on ne va pas l’appliquer et qu’elle est d’ailleurs à peu près inapplicable ?
 
Vraiment, que de simplifications en perspective dans la France d’après !
 
Bientôt, nous allons atteindre le niveau d’efficacité politique qui fait la grandeur de Vladimir Poutine : les lois sont directement décidées par lui et il ne nous reste plus qu’à passer à l’étape suivante, à savoir mettre en prison tout ceux qui ne sont pas d’accord.
Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 03/04/2006

L'epreuve de force

31/03/2006
     Dans le flot de sottises que suscite le CPE il faut tout de même rapeler quelques vérités. Primo il n'existe pas de pays en europe où l'on puisse licencier sans motif et où la période d'essai soit supérieure à un an. En Grande-Bretagne la période d'essai maximale est de douze mois et essayez donc de licencier quelqu'un pour un motif du style racial, religieux, ou discriminatoire dans ce pays!
Deuxiémement, le taux de chomage est très élevé en fait dans d'autres pays, simplement il y a beaucoup de petits boulots payés à des niveaux très bas et l'indemnisation du chomage est faible. A bien des égards la situation de la Grande-Bretagne n'est pas très supérieure à la nôtre. En revanche la plupart des pays européens dépensent plus et mieux pour la formation des jeunes que nous. Et c'est là le vrai enjeu. Depeuis quelques mois le nombre des personnes qui prennent leur retraite en France augmente colossalement pour la bonneraison qu'il y a eu beaucoup plus de naissances à partir de 1946 par rapport aux années 30 et 40. Il n'y a pas de problèmes pour trouver des postes pour les jeunes qui arrivent sur le marché du travail et même il commence à y avoir de nombreux postes qualifiés que l'on arrive pas à pourvoir. En revanche nous n'avons pas assez de jeunes formés à un poste de travail qualifé quel que soit le niveau. Or ce que recherche les entreprises ce n'est pas de pouvoir licencier c'est de pouvoir recruter des personnes qualifiées.
Dans les prochaines années la France va de plus en plus importer des médecins des pays en développement, des infirmiéres d'Espagne ou d'Asie, des ingénieurs polonais bie plus que des plombiers et des ouvriers du batiment chinois. Nous allons donc avoir une immigration forcée et non choisie et des jeunes non qualifiés sans emploi. Le gouvernement pense qu'il faut permettre de licencier pour susciter l'embauche alors que celle ci se fera automatiquement si nous faisons un énorme effort de qualification.
Nous avons de plus le code du travail le plus complqué du monde avec quarante sortes de contrats de travail et ce gouvernement en a ajouté au moins six ou sept sans aucun effet sesible sur le marché du travail. Rarement une politique aura été aussi inadaptée à la situation.
Pendant ce temps en Inde les grandes entreprises informatiques investissent massivement dans la formation de leurs salariés, se battent pour garder le plus longtemps possible leurs personnels qualifiés, leur donnent un pouvoir d'achat parfaitement comparable à ceux de leurs homologues français et créent des dizaines de millers d'emplois chaque mois.
Savez vous que Cap Gemini, société franaise vient d'annoncer la création de cinq mille emplois... à Calcutta!
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 31/03/2006
La solidarité gouvernementale est un grand principe républicain qui existe dans toutes les démocraties parlementaires.
 
Nicolas Sarkozy vient d’en donner hier soir un exemple touchant. Il a en effet attendu la veille de la grande manifestation contre le CPE pour affirmer qu’il fallait suspendre celui-ci.
 
Rarement au cours du dernier siècle, on aura vu un tel exemple de manquement à la solidarité gouvernementale.
 
Il y avait eu pire en 1946 avec les ministres communistes que Paul Ramadier a fait démissionner de son gouvernement.
 
Ceci étant, qu’un ministre en exercice qui ne cesse de nous rabâcher le thème de la rupture avec le système social français veuille suspendre le CPE qui a été voté par le Parlement et qui est une loi de la République paraît d’autant plus extravagant que le véritable inspirateur du CPE n’est autre que Nicolas Sarkozy, fanatique reconnu d’une société libérale où la souplesse serait devenue le principe fondamental.
 
Mais au fait, comment fait-on pour suspendre une loi ? Contrairement à ce que pense Nicolas Sarkozy, on ne suspend pas une loi, avec un bout de ficelle et un clou mais tout simplement en votant une autre loi qui abroge la première.
 
Mais sans doute dans la société libérale et souple de « la France d’après », on aura plus besoin de s’encombrer de toutes ces complications parlementaires et on en reviendra au bon principe d’autrefois « si veut le Roi, si veut la loi ».
Commentaires (2) | Rédigé par Paul Giacobbi le 28/03/2006

Le CPE mort-né

20/03/2006
Au point où nous en sommes, la question n’est plus de savoir quand ou comment le CPE s’appliquera mais plutôt comment il va mourir avant d’être né.
En effet, personne ne veut du CPE, ni les Français, ni les employeurs qui n’y voient aucun intérêt particulier et une source de complications juridiques inutiles, ni même le Medef qui n’avait rien demandé.
Fort heureusement, le CPE est clairement contraire à la Constitution française et aussi contraire aux conventions internationales signées par la France dans le cadre de l’Organisation internationale du travail.
Tous les pays développés ayant accepté lesdites conventions, ceci explique d’ailleurs qu’aucun pays développé, ni en Europe, ni aux Etats-Unis, ni ailleurs n’ait une disposition comparable au CPE.
En effet, partout dans le monde, en tout cas dans le monde développé, il faut un motif pour licencier un salarié.
Le groupe socialiste à l’Assemblée nationale a déposé un recours devant le Conseil constitutionnel et ce recours a été rédigé par un député PRG par ailleurs professeur de droit. Nul doute que Jacques Chirac demandera à son ami Pierre Mazeaud, président du Conseil constitutionnel, de simplement dire le droit, ce qui entraînera l’annulation du CPE.
Ainsi donc, cette disposition parfaitement absurde sur le plan du droit et dont l’inefficacité était garantie par avance aura eu pour seule conséquence d’accélérer le processus de pourrissement du gouvernement.
En tout cas, quand en 2007 le peuple licenciera l’UMP, il ne manquera pas de motif.
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 20/03/2006

Notre Breton frisé - il ne s'agit pas d'une variété ovine d'origine armoricaine - mais de notre sympathique ministre des finances - vient d'indiquer avec mépris que la rumeur selon laquelle le groupe ENEL pourrait poursuivre son OPA sur Suez était "saugrenue".
Ceci est dit avec beaucoup d'assurance, de mépris et de morgue. Mais les faits sont têtus.
Premièrement, le gouvernement italien a déposé plainte auprès de l'Union européenne à props du comportement du gouvernement français dans cette affaire, suite à cette plainte, la Commission européenne a demandé très sèchement des explications au gouvernement français tandis que la plupart des grands pays européens ont clairement et publiquement stigmatisé notre nouveau "patriotisme économique".
Il y a donc de très grands risques à ce que nous soyons sanctionnés par l'Union européenne dans cette affaire.
Par ailleurs, ENEL a obtenu auprès d'un consortium de banques la possibilité de lever des financements sur les marchés à hauteur de 50 milliards d'euros, c'est-à-dire largement de quoi mener une OPA victorieuse sur le groupe Suez.
Il reste qu'il y a quelque chose de saugrenu effectivement dans cette affaire. En quoi le patriotisme économique de la France serait-il favorisé par le fait qu'au motif d'empêcher un groupe comme Suez dominé par les capitaux belges d'être absorbé par un groupe italien, on vendrait audit groupe belge un des plus beau fleuron du secteur énergétique français GDF ?
N'est-il pas saugrenu de vouloir au nomp d'un patriotisme économique français vendre notre patrimoine national dans le secteur énergétique à des belges pour les empêcher de devenir italiens ?
Interrogé sur le sujet, le Breton frisé a hôché la tête et s'est contenté de dire qu'il avait au moins le mérite de parler.
On lui recommandera désormais de se taire.
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 17/03/2006
Paul Giacobbi - Photo officielle

Consultez le blog de Paul Giacobbi sur votre mobile !


Les dernières notes
Communiqué 20/02/2017
Pace e Salute ! 10/01/2017
Toutes les archives