Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


   

Explication de vote au nom du groupe RRDP, 2 décembre 2014


Commentaires (8) | Rédigé par Paul Giacobbi le 02/12/2014

EPR (suite…)

19/11/2014
EPR (suite…)
Il y a encore quelques années, il était de bon ton de citer en modèle l’entreprise AREVA et sa dirigeante, visionnaire et dynamique, qui s’était auto-attribuée le surnom supposé flatteur de « Atomic Anne ».
J’avais, depuis longtemps, dénoncé la folie d’un projet industriel dénommé EPR dont le dérapage en termes de coût et de délais, aurait dû conduire depuis longtemps soit à l’abandon pur et simple, soit à la reprise intégrale à la base afin de tenter de le rendre viable.
Je l’ai dit dans ce blog, je l’ai dit en commission, je l’ai dit à Madame Lauvergeon lors d’une audition mais on m’a rétorqué avec cette morgue et cette hauteur que donnent l’incompétence et la malhonnêteté intellectuelle ou autre, lorsqu’elles se retrouvent à des postes très élevés que malgré quelques désagréments passagers, le programme EPR fonctionnait bien et anticipait le nucléaire de demain.
Sans même évoquer le désastre finlandais, un projet pour lequel il n’existe pratiquement plus de calendrier et pas plus d’évaluation de pertes abyssales, nous apprenons que le chantier de l’EPR de Flamanville est encore retardé d’un an, ce qui porterait le temps de construction à dix ans, tandis que le coût atteindrait 8,5 milliards d’euros, soit près de trois fois le budget initial, dans la version la plus optimiste qui ne tient pas compte des derniers déboires.
La bourse, qui elle sait compter, a sanctionné le titre AREVA qui perd ce matin près de 20%. Mais notre gouvernement, aussi peu sensible aux réalités économiques qu’il ne l’est à l’opinion du peuple, persiste et signe et continue à voir dans AREVA le modèle de la bonne gouvernance industrielle et dans Madame Lauvergeon l’incarnation d’une modernité économique qui seule peut nous sortir de la crise. Elle est, à ce titre, la personne en charge de coordonner les grands chantiers d’innovation industrielle qui feront la France de demain.
Pauvre France !
Commentaires (5) | Rédigé par Paul Giacobbi le 19/11/2014

Mistral perdant

19/11/2014
(Source : Marine nationale)
(Source : Marine nationale)
La France bénéficie d’un colossal contrat de construction de navires de guerre appelés « Mistral » qui prévoit de livrer deux de ces navires à la Russie pour le prix d’environ 1,2 milliards d’euros.
Comme l’a rappelé il y a quelques semaines le ministre des affaires étrangères, les contrats doivent être respectés (« pacta sunt servanda ») et la France devait livrer le premier de ces navires à la Russie.
Au cours d’une réunion internationale et face aux remarques acerbes des uns et des autres, qui voient dans cette affaire un bon prétexte de faire perdre à la France la place de choix qu’elle occupe dans le monde de l’industrie de l’armement, le président de la République a réagi à chaud, indiquant que la France ne livrerait pas le premier de ces navires compte tenu des circonstances de tensions internationales en Ukraine.
S’en est suivi comme d’habitude une série de communiqués contradictoires, pour ne pas dire byzantins, affirmant que le contrat n’était pas rompu même s’il n’était pas respecté quant à la date de livraison, que les conditions n’étaient pas réunies mais qu’elles pourraient l’être bientôt.
Nous avons donc assisté à une production massive de bouillie pour les chats au sens figuré en telle quantité que serait-elle arrivée sur le marché au sens propre, aurait constitué une concurrence tout à fait déloyale pour la marque « Ron-Ron », autrefois spécialisée dans l’alimentation des petits félins.
J’ai déjà relevé que nos loyaux partenaires et, en particulier, nos bons voisins d’outre-Rhin, demandaient à la France de ne pas livrer les navires Mistral à la Russie mais se servaient de cette rupture unilatérale du contrat pour dissuader l’Inde d’acheter des avions militaires « Rafale » à la France.
Le gouvernement russe a mis en demeure la France de livrer dans les quinze jours, à compter de la date contractuelle, le premier navire, indiquant que, passé ce délai, il considérait que son droit à indemnités était ouvert.
Ces navires ne sont nullement utiles dans l’éventualité d’un conflit armé entre la Russie et l’Ukraine : il n’est nul besoin pour l’armée russe de passer par la mer pour envahir l’Ukraine quand elle peut le faire très commodément par voie terrestre.
Le navire Mistral est, par ailleurs, un porte-hélicoptères qui a une vocation beaucoup plus logistique qu’offensive.
Nous sommes donc ici dans le symbole et la France est obligée de reconnaître qu’il faut bien vendre des armes à ceux qui, le cas échéant, seraient prêts à s’en servir, ou tout au moins, à menacer de le faire, faute de quoi notre marché potentiel d’exportation de matériel de défense risque de se limiter à la Confédération helvétique, au Vatican, à la République de San Marino et, peut-être, à la Principauté d’Andorre…
Plutôt que d’annoncer une décision qui d’ailleurs n’a pas été tout à fait prise, la France aurait mieux fait de demander à nos partenaires, si vertueux, s’ils étaient tous prêts à renoncer à toute livraison d’armes vers tout pays en tension ou s’ils étaient disposés à indemniser la France de toutes les pertes directes et indirectes de la rupture unilatérale de ce contrat qu’ils exigent de la France.
Un homme politique français de grand talent et qui était lui capable de grandes décisions, de clairvoyance et de courage, est mort malheureusement des suites d’un accident qu’il avait provoqué lui-même en manipulant une arme de poing. C’était, dans un temps déjà si lointain où la France était gouvernée, Léon Gambetta.
Il semble que, bien qu’il n’ait pas encore succombé à ses maladresses successives lorsqu’il manipule les outils toujours dangereux du pouvoir, le président de la République se soit fait une spécialité de se tirer des balles dans le pied.
Le problème, c’est que, chaque fois, il blesse la France en espérant qu’elle ne finira pas par succomber aux effets de ses blessures réitérées.
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 19/11/2014
Du Japon à l’Europe : le mauvais exemple.
J’émettais des doutes plus que sérieux ici même, le 12 novembre dernier, à propos de la politique économique et monétaire du Japon. Le gouvernement nippon a aujourd’hui constaté que son pays entrait en récession et que, par conséquent, les politiques menées sur le plan budgétaire, monétaire ainsi que les réformes en chantier n’avaient eu aucun effet positif sur son économie.
Ce que l’on a appelé prétentieusement les « Abenomics », personnifiant par un néologisme la politique économique menée par le Premier ministre responsable, consistait en des plans de relance massifs, accentuant de plus de cent milliards de dollars le déficit budgétaire, et en une politique monétaire agressive consistant à faire acheter par la BoJ de grandes quantités de bons du Trésor permettant une monétisation directe de ce déficit sensé créer de l’inflation et de la croissance. Ces deux premiers éléments devaient se combiner avec des réformes de structure destinées à libérer le potentiel de croissance du pays.
Une telle politique est très exactement, pour les deux premiers points, ce que la France, par la voix de M. Macron, demande à la commission européenne sur le plan budgétaire et à la BCE sur le plan monétaire.
Pour le reste, M. Macron a ressorti les propositions de réformes structurelles de la commission Attali qu’il avait rédigé lui-même puisqu’il en était le rapporteur, tout en s’inspirant largement des propositions autrefois présentées par Alfred Sauvy…
Nous demandons donc à l’Europe de faire dans l’Union et la zone euro ce qui a totalement échoué au Japon tandis que nous comptons sur le sacrifice de quelques bouc-émissaires comme les taxis, les notaires et les pharmaciens pour redonner du cœur au ventre à nos populations malheureuses et leur procurer des milliards de pouvoir d’achat susceptibles d’alimenter la croissance.
La question de la flexibilité du marché du travail est évidemment éludée, considérant qu’il vaut mieux protéger les français de pertes d’emplois que l’on ne réussira qu’à retarder tout en garantissant, dans un système totalement rigide et dissuasif, qu’ils n’auront aucune chance de retrouver un emploi sur un marché du travail durablement verrouillé.
Nous donnons, à l’évidence, dans la recherche de l’exemplarité.
Le seul problème, c’est que nous nous entêtons à suivre les mauvais exemples.
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 19/11/2014

Byzance

12/11/2014
Byzance
Comparaison n’est pas raison. Cependant, la polémique qui fait rage sur le point de savoir ce qui se serait dit au cours de tel déjeuner chez Ledoyen, entre un ancien Premier ministre et le secrétaire général de l’Elysée, paraît tellement vaine qu’elle évoque ces disputes théologiques qui dit-on faisaient les délices de l’intelligentsia byzantine au moment précis où les ottomans s’apprêtaient à envahir la ville.
Je ne sais pas ce qui s’est dit au cours de ce déjeuner. Sans doute, l’un des protagonistes a-t-il pu évoquer la question d’une éventuelle responsabilité personnelle de Nicolas Sarkozy en tant que bénéficiaire indirect des pénalités infligées au titre du dépassement de son compte de campagne.
Est-ce pour autant que l’ancien Premier ministre aurait pu demander à son ancien secrétaire d’Etat aux affaires européennes de faire en sorte que la justice réprime les faits en question ?
L’un et l’autre savent parfaitement qu’il n’est pas permis au pouvoir exécutif de donner des instructions au Parquet dans un sens ou dans un autre pour une affaire particulière et que d’ailleurs, toute instruction donnée dans un cas aussi délicat ne manquerait pas d’être porté à la connaissance de la presse et d’avoir un effet diamétralement opposé.
Au-delà de la teneur exacte de ce propos de table supposé, quel délit ou quel crime ont pu commettre à cette occasion les participants à ces agapes ? Aucun.
Tout au plus pourrait-on reprocher à Jean-Pierre Jouyet d’avoir fait allusion, dans un entretien avec des journalistes, aux propos tenus lors de ce déjeuner. Encore faudrait-il savoir exactement les termes qu’il aurait employés pour rapporter les propos en question et se souvenir qu’en tout état de cause, lesdits propos n’étaient couverts par aucune forme de confidentialité dont la violation serait répréhensible.
L’affaire se résume en quelques mots : un ancien Premier ministre se serait laissé aller à des paroles sans doute déplacées dans un cadre privé, comme cela peut parfois arriver à chacun d’entre nous.
Son interlocuteur y a fait allusion dans une conversation avec la presse tandis que ni les propos tenus, ni la manière dont ils ont été rapportés ne sont à aucun titre répréhensible, pas plus que ne l’est leur divulgation.
Le débat et la polémique qui ont suivi ont à peu près autant d’importance pour les citoyens de ce pays que la supposée discussion sur le sexe des anges n’en avait à Byzance au cours de l’année 1453.
Nous ne sommes évidemment pas menacés d’une invasion ottomane, même si les gouvernements français ont bien du mal à comprendre la Turquie qui reste, au passage, le plus ancien allié de la France puisque les premiers accords franco-turcs remontent au règne de François Ier.
Nous sommes, en revanche, directement menacés par le terrorisme islamiste sur notre propre territoire, condamné à la stagnation ou à la récession par une crise financière sans précédent, tandis que notre armée se bat vaillamment en Afrique et au Moyen-Orient contre une organisation militaire et religieuse qui prétend imposer à une grande partie du monde le fanatisme et l’intolérance comme mode de gouvernement théocratique.
Nous pourrions débattre de ces sujets essentiels et, plutôt que d’entretenir des polémiques entre gauche et droite et surtout entre les multiples factions internes de chacun de ces deux camps, chercher à construire un consensus national qui ne devrait d’ailleurs pas être si difficile que cela à élaborer puisque, tant sur le plan diplomatique qu’économique, ce que fait notre gouvernement aujourd’hui ressemble à s’y méprendre à ce que la droite prétendait faire et qu’elle n’a d’ailleurs pas réussi à mettre véritablement en œuvre.
Très loin de vouloir préparer ou analyser ce consensus, la classe politique et la presse en sont à s’interroger sur l’importante question de savoir qui a invité qui à ce repas, qui a réglé l’addition et quel était le menu dans l’attente d’une discussion serrée sur le choix du restaurant…
Je ne suis pas porté sur la théologie mais, après tout, dès lors que l’on est croyant, n’est-il pas intéressant de s’interroger sur la personnalité des anges dont on croit qu’ils peuplent nos cieux et pendant qu’on y est sur leur genre masculin, féminin ou neutre ?
Il existe une propension, sans doute universelle, à se consacrer passionnément à des jeux ou à des disputes totalement déconnectés des questions et des menaces du moment, à l’image de ces personnages d’un film de Satyajit Ray qui poursuivent une interminable et passionnante partie d’échecs au moment où le royaume dont ils sont d’importants courtisans est en train de disparaître sous les coups de boutoir du colonisateur britannique.
C’est même peut-être un signe de la gravité de la menace que ces véritables délires de futilité qui nous détournent des dangers et nous empêchent d’en écarter la menace.


Commentaires (3) | Rédigé par Paul Giacobbi le 12/11/2014
1 2 3 4 5 » ... 160
Paul Giacobbi - Photo officielle

Consultez le blog de Paul Giacobbi sur votre mobile !


Toutes les archives