Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


   

Ambassadeurs…

13/06/2014
Ambassadeurs…
Le ministre des affaires étrangères et le président de la République procèdent ces jours-ci à un mouvement d’ambassadeurs qui sera probablement l’un des plus remarquables et des moins contestables de ces dernières années.
Je connais personnellement ou professionnellement un certain nombre d’entre eux et je me réjouis de ce renforcement qualitatif de notre appareil diplomatique.
Mais il me revient aussi en mémoire ce qu’étaient les ambassadeurs du temps où la France avait encore une véritable diplomatie et une considérable influence.
A la fin du XIXème siècle, la France républicaine, un des rares pays d’Europe à ne pas être monarchique, avait de surcroît à souffrir d’un isolement diplomatique qui réduisait notre influence en Europe et dans le monde, nous privait de toute alliance, alors même que le jeu diplomatique consistait précisément pour beaucoup de pays européens à nous isoler.
Deux ambassadeurs et un ministre vont réussir, de la fin du XIXème siècle à la Première guerre mondiale, à faire d’ennemis presque héréditaires de la France d’excellents alliés voire à retourner des alliances à notre profit.
Le ministre s’appelait Théophile Delcassé. Il arrive au Quai d’Orsay au moment de la malheureuse affaire de Fachoda - du nom d’un poste militaire dans le Soudan oriental que se disputaient la France et la Grande-Bretagne - affaire qui a tendu les relations entre les deux pays jusqu’aux limites du conflit.
En quelques années, sur la base d’un plan parfaitement réfléchi avec des objectifs et un programme bien défini dès le début, ce diplomate d’exception va réussir à rompre l’isolement de la France et à trouver pour elle deux alliés de choix mais parfaitement inattendus : la Grande-Bretagne et la Russie.
Il s’appuyait dans son action sur des diplomates d’exception et, en particulier, sur Paul Cambon, ambassadeur de France à Londres, de 1898 à 1920, qui fut un grand artisan de la constitution de l’Entente cordiale entre la France et la Grande-Bretagne puis du rapprochement russo-britannique de 1907 qui accordait les deux pays désormais alliés de la France à propos de tous leurs contentieux, notamment en Asie centrale et plus particulièrement en Afghanistan.
Un autre ambassadeur, Camille Barrère, en poste à Rome de 1897 à 1924, va réussir l’exploit de « retourner » l’Italie qui était pourtant l’alliée de l’Allemagne et de l’Autriche-Hongrie au point que finalement l’Italie rentrera en guerre mais aux côtés de la France.
Cet ancien communard parlait parfaitement l’anglais, est devenu une véritable légende en Italie et a réussi par son intelligence, son habileté et sa ténacité, un retournement de situation comme il en est peu dans l’histoire diplomatique.
Ces trois personnages, au-delà de leurs qualités intellectuelles et morales, ont plusieurs points communs : leur discrétion et leur longévité dans la fonction.
Cambon et Barrère sont chacun restés un quart de siècle dans leurs ambassades respectives et si Delcassé a eu à souffrir de l’instabilité ministérielle propre à son temps, il est tout de même resté six ans d’affilé au ministère des affaires étrangères.
Quant à la discrétion, elle est tout à fait caractéristique d’un Delcassé qui avait pensé le renversement des alliances dès 1899 et son arrivée au Quai d’Orsay, sans pour autant en faire un étalage public qui aurait évidemment compromis son succès.
Camille Barrère a fait en sorte que rien ne transpire de ses accords secrets avec l’Italie qui renversaient de facto le système d’alliances précédent, tandis que Paul Cambon, ambassadeur à Londres, a parachevé l’œuvre du trio en agissant discrètement pour rapprocher les deux alliés que la France s’était faite pour contrebalancer l’alliance austro-allemande.
Nous n’avons pas à avoir de nostalgie de ce temps qui était très loin d’être une « belle époque » et qui a conduit à l’une des plus tragiques boucheries de l’Histoire, la Première guerre mondiale.
Nous pourrions peut-être cependant nous inspirer de cette histoire finalement glorieuse pour espérer une diplomatie centrée sur nos intérêts nationaux qui se pense et s’exécute dans la discrétion plutôt que de se résumer à de bonnes intentions fortement médiatisées, et en nous souvenant qu’une grande ambassade dans un grand pays ne saurait changer de titulaire tous les trois ans.
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 13/06/2014

Statistiques

03/06/2014
Source : Insee, Comptes régionaux base 2005.
Source : Insee, Comptes régionaux base 2005.
L’INSEE nous révèle que la Corse est la seule des régions métropolitaines à n’avoir pas subi de baisse de son PIB en 2008-2009. Elle a affiché une croissance moyenne annuelle de 2,6% de 1993 à 2011, la plus élevée sur la période.
Il faut prendre ces statistiques avec précaution même si les raisons de cette croissance tiennent essentiellement à deux facteurs : l’immigration très forte en Corse et le retard qu’il y avait à rattraper en matière notamment d’équipements publics.
Par ailleurs, la Corse n’a pas connu de recul de grandes industries puisque, tout simplement, elle n’en possède pas.
Elle a pu se développer dans des secteurs nouveaux (sait-on que des centaines d’emplois ont été créés en Corse dans l’industrie aéronautique ou l’informatique ?), connaître une considérable expansion touristique, restructurer une agriculture beaucoup plus productive que par le passé etc…
Il nous faut donc tout à la fois analyser ces chiffres pour ce qu’ils sont, nous réjouir de leur caractère positif mais ne pas nous en satisfaire tant la croissance du PIB n’est pas toujours représentative du véritable progrès et moins encore du bonheur d’un peuple.
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 03/06/2014

Bourbons

03/06/2014
Bourbons
L’abdication du roi d’Espagne dont le patronyme double à la mode espagnole est « Bourbon et Bourbon » puisque son père et sa mère sont issus de la même famille, nous rappelle les péripéties historiques et dynastiques qui font qu’aujourd’hui règne sur l’Espagne un monarque dont le patronyme est issu d’une petite ville du département de l’Allier.
Robert de Clermont, sixième fils de Saint-Louis, avait eu le malheur de recevoir un coup de masse d’arme sur sa tête lors d’un tournoi dans sa jeunesse, ce qui le fit sombrer dans la démence.
Il avait épousé la fille et héritière de la seigneurie de Bourbon qui donna son nom patronymique à sa descendance laquelle, par l’extinction de mâle en mâle des branches plus aînées, accéda au trône de France avec Henri de Bourbon Navarre, Henri IV.
Quelques siècles plus tard, de nouveaux hasards dynastiques allaient faire de Philippe, duc d’Anjou, petit-fils de Louis XIV, le roi d’Espagne, par héritage de sa grand-mère, Marie-Thérèse d’Autriche, et surtout par la volonté de son grand-père, le grand roi !
Règne mouvementé peu glorieux que celui de ce Philippe V qui fut le jouet de ses ministres, de son épouse et de ses courtisans et dont la descendance d’ailleurs ne s’est guère illustrée dans un pays déclinant bien loin de la grandeur d’un Charles Quint ou d’un Philippe II.
Néanmoins, au-delà des vicissitudes, le hasard a voulu que ce soit un roi, imposé comme son successeur par un dictateur, un roi appartenant à la plus vieille dynastie d’Europe, celle des Capétiens, à qui l’on doive la transition heureuse qui a fait rentrer l’Espagne dans l’Europe et dans la norme des gouvernements démocratiques.
Pour le reste, les monarchies sont une survivance de plus en plus symbolique et parfois contestée, qui a au moins l’avantage de permettre à la nation de s’incarner dans une personne politiquement neutre, qui règne sans gouverner, et qui peut parfois rendre d’immenses services comme ce fut le cas pour le roi Juan Carlos, lors d’une tentative de coup d’Etat. Ceci explique sans doute la persistance en Europe de cette institution plusieurs fois millénaire.
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 03/06/2014

Arithmétique

27/05/2014
Arithmétique
Les partis actuellement représentés au gouvernement, c’est-à-dire à l’exclusion de tous les autres, le Parti socialiste et le Parti radical de gauche, disposent, au sein de l’Assemblée nationale, d’une majorité absolue.
Ces mêmes formations politiques viennent d’enregistrer, dans les listes qu’elles ont présentées aux élections européennes 14% des suffrages exprimés.
L’arithmétique devrait conduire à une dissolution de l’Assemblée nationale ou une démission du Président de la République ou aux deux successivement.
En Italie et en Allemagne, deux pays où les exécutifs, qu’ils soient de droite ou de gauche, ont une caractéristique commune qui est de gouverner, c’est-à-dire qu’ils font des choix et en tirent des conséquences pratiques, les partis au pouvoir arrivent logiquement en tête de ces élections européennes.
Si le Président de la République décide de ne pas démissionner et de ne pas dissoudre l’Assemblée nationale, il lui reste encore une issue pour sortir de l’impasse où il nous a placés : gouverner comme cela se fait en Italie et en Allemagne.
Gouverner, c’est choisir d’augmenter ou de diminuer les impôts mais pas de faire les deux à la fois.
Gouverner, c’est choisir d’attirer les entreprises étrangères ou, à l’inverse, de subordonner leurs investissements à une autorisation préalable mais pas de faire les deux à la fois.
Gouverner, c’est supprimer les départements ou les maintenir mais pas de faire les deux à la fois.
Gouverner, c’est enfin, pour prendre un exemple qui m’est proche, décider une restructuration de la SNCM pour sauver le service public et l’emploi et ne pas remettre au surlendemain les mesures difficiles mais indispensables qu’il serait déjà un peu trop tard de prendre aujourd’hui et certainement pas de faire encore miroiter des solutions impossibles et miraculeuses !
A force de ne pas gouverner, de ne pas choisir entre le blanc et le noir et de perpétuellement composer des décisions grises, informes et insipides qui ne satisfont personne et ne règlent aucune question pendante, le gouvernement pousse la France dans les bras de Marine Le Pen, tandis que les résultats des élections européennes placent déjà la première des République d’Europe en marge des démocraties.
Commentaires (22) | Rédigé par Paul Giacobbi le 27/05/2014

Comparaison

21/05/2014
Comparaison
Une actualité récente relative aux pertes qu’ont entraîné pour trois grandes entreprises le comportement d’un individu m’incite à comparer pour des montants de pertes à peu près équivalents, quelques milliards d’euros chaque fois tout de même, une certaine inégalité de traitement…
D’un côté, deux dirigeants d’entreprise, M. Jean-Marie Messier et Mme Lauvergeon. L’un est puni de dix mois de prison avec sursis tandis que sont relevés à l’encontre de l’autre des faits justifiant l’ouverture d’une enquête préliminaire.
Le troisième est M. Kerviel qui n’a pas fait perdre plus d’argent à son entreprise que les deux précités n’en ont fait perdre à la leur mais il est condamné à titre définitif à trois années de prison ferme.
Comparaison n’est pas raison et l’on en est par ailleurs pas au même stade d’une procédure judiciaire, pas encore définitivement bouclé concernant M. Messier, parvenu au stade de la cassation rejetée pour M. Kerviel et seulement à celui de l’enquête préliminaire pour Mme Lauvergeon.
Par ailleurs, il est difficile d’estimer objectivement les responsabilités sans connaître le détail précis d’un dossier.
Il n’en demeure pas moins qu’un esprit superficiel pourrait tirer la conclusion hâtive d’une comparaison de ces trois affaires que l’on est d’autant plus sévèrement puni que l’on est placé plus bas dans la hiérarchie et inversement.
Jean de La Fontaine avait trouvé à cet égard une phrase toujours juste : « suivant que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir ».
Commentaires (5) | Rédigé par Paul Giacobbi le 21/05/2014
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