Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


   

Cheval de Troie

05/02/2015
Cheval de Troie
Dans le récit homérique, le cheval de Troie est l’instrument de la ruse grecque par laquelle une offrande, celle d’un cheval de bois de très grande taille, est offerte aux Troyens tandis que les guerriers grecs dissimulés dans les entrailles du cheval, s’en extraient la nuit pour ouvrir les portes de l’intérieur et permettre la prise et le massacre de la cité d’Asie mineure.
La victoire du parti Syriza en Grèce aura-t-elle sur l’Europe un effet comparable à celui de la ruse homérique ?
Pour beaucoup d’entre nous, l’irruption de Syriza sur la scène européenne serait un cadeau, la perspective d’une libération du carcan monétaire et budgétaire qui pèse sur nos économies du fait des règles d’orthodoxie qui, jusqu’à présent, n’ont pas réussi à nous faire sortir de la crise mais semble plutôt l’avoir rendue chronique.
Pour d’autres, l’effacement de la dette grecque, outre le coût qu’elle aurait pour chacun des autres pays, 42 milliards d’euros pour la seule France, soit plus de 600 euros par habitant, entraînerait la ruine de l’euro et de l’économie de notre continent.
La vérité est que cet épisode peut être la meilleure ou la pire des choses.
La pire parce que croire que l’on peut effacer les dettes et renoncer à la responsabilité économique sans subir aucune conséquence négative est une totale illusion qui nous serait fatale.
La meilleure parce qu’il est évident que l’on ne peut pas continuer ainsi et que ni les peuples, ni les économies ne parviennent à supporter et à surmonter une cure d’austérité qui finit par tuer le malade bien avant qu’il ne puisse espérer la guérison.
Au-delà des mots et des rapports de force, des postures des uns et des autres, celle des allemands qui, il n’y a pas si longtemps, disaient aux grecs qu’ils n’avaient qu’à vendre leurs îles pour renflouer leurs caisses, ou celles du gouvernement grec actuel qui, avant d’accéder au pouvoir, promettait monts et merveilles et annonçait des lendemains qui chantent après la répudiation de tous les créanciers, il y a sans doute une voie moyenne par laquelle la Grèce obtiendrait un rééchelonnement de sa dette jusqu’à la rendre raisonnablement supportable et accepterait en contrepartie de remettre un peu d’ordre dans son Etat, en mettant en place un véritable système fiscal auquel pourrait contribuer l’Eglise orthodoxe aujourd’hui exonérée, voire les riches armateurs.
L’attitude du FMI, de la BCE et de l’Union européenne ainsi que celle des gouvernements qui ont prêté de l’argent à la Grèce a souvent été extraordinairement maladroite et, à tout le moins, condescendante alors même qu’ils ont consentis des efforts considérables et pris des risques tout aussi importants pour la sauver de la banqueroute.
Il ne s’agit pas aujourd’hui d’exonérer la Grèce de ses responsabilités en effaçant sa dette mais de lui donner les moyens, en y prenant le temps et sans imposer à son peuple un sacrifice insupportable, de la rembourser et de fonder les bases d’une économie plus saine.
Commentaires (2) | Rédigé par Paul Giacobbi le 05/02/2015

Hommages au roi

05/02/2015
Hommages au roi
La coutume islamique voulant que l’on enterre très vite les morts, les chefs d’Etat étrangers n’ont pas pu se rendre à ses funérailles qui, dit-on, selon la règle wahhabite se sont déroulées dans une grande simplicité.
Cependant, dans les jours qui ont suivi sa disparition, les dirigeants du monde entiers se sont, les uns après les autres, déplacés en Arabie Saoudite.
Le président des Etats-Unis, le président de la République française, le Roi d’Espagne, le Premier ministre britannique, le président de Turquie, le Premier ministre du Pakistan et tant d’autres qu’il serait fastidieux de citer, se sont rendus à Ryad pour présenter leurs condoléances.
Ces déplacements, finalement assez exceptionnels, sont une indication sur l’importance économique, financière et géopolitique de l’Arabie Saoudite qui passe dans la préoccupation des chefs d’Etat bien avant les droits de l’homme et autres considérations futiles.
La directrice générale du FMI est même allée jusqu’à vanter la manière très discrète de défendre les droits des femmes du défunt monarque !
L’histoire de la formation du royaume d’Arabie Saoudite est fascinante. Le roi Ibn Séoud, parti de peu puisque le modeste Etat saoudien, qui remontait au milieu du XVIIIème siècle, avait échappé à sa famille, a su, les armes à la main, constituer, bien au-delà des possessions familiales, un véritable royaume sur l’essentiel de la péninsule arabique.
Le pétrole, la puissance et l’argent qu’il procure, ne sont venus qu’après. Le roi Ibn Séoud devait également lutter contre les britanniques qui voulaient que ce royaume revienne à la dynastie hachémite, descendante du prophète, comme l’avait imaginé et promis le légendaire Lawrence.
Ce n’est sans doute pas à ce passé glorieux que les chefs d’Etat sont venus rendre hommage mais il n’est pas inutile de le rappeler brièvement.
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 05/02/2015

Intervention dans la discussion générale sur la proposition de loi visant à la prise en compte des nouveaux indicateurs de richesse dans la définition des politiques publiques, 29 janvier 2015


Quelques rappels de base, pour commencer. L’économie politique n’a jamais eu pour objectif la croissance du PIB. Le PIB, qui correspond – grossièrement – à la somme des valeurs ajoutées, est un agrégat de la comptabilité nationale ne mesurant, avec certaines approximations d’ailleurs, que la production brute, grandeur qui n’est guère représentative, ni qualitativement ni quantitativement, de l’efficacité d’une économie, et encore moins de sa santé. L’économie politique n’a jamais considéré que c’était important ; cela compte, mais il ne s’agit que d’un élément parmi d’autres.

L’économie politique a pour finalité – c’est une définition plus que centenaire – l’allocation optimale des ressources afin de permettre la maximisation des satisfactions. Rien à voir avec la croissance de la production !

La satisfaction la plus élevée n’est nullement garantie par la maximisation de la production. Ces notions sont, non pas récentes, mais très anciennes, et reconnues sur le plan académique ; elles sont pourtant ignorées de la plupart des commentateurs et de nombre de statisticiens, voire d’économistes, qui réduisent – à tort – l’économie contemporaine à une réflexion sur la croissance de la production ou les signes monétaires.

Vilfredo Pareto, auteur aujourd’hui controversé mais pourtant très important, avait défini son optimum par la maximisation du bien-être. Il parlait même, dans un raisonnement célèbre exprimé sous la forme d’une représentation géométrique de la satisfaction procurée pour un individu par le pain et le vin, de « colline », de « sentier », de « route » et de « chemin » des indices du plaisir. Or Pareto, c’est le fondement de l’économie néoclassique, et par conséquent des raisonnements économiques actuels !

Il avait aussi élaboré le concept d’« ophélimité » pour désigner l’utilité subjective que l’on retire de l’utilisation d’un bien. Je vous fais grâce du lien que tout cela a avec la notion de concurrence pure et parfaite, que Pareto compléta à la suite de l’enseignement de Léon Walras : nous nous éloignerions de la notion de plaisir ! Retenons néanmoins que, depuis plus d’un siècle, c’est la satisfaction, le plaisir ou l’utilité pour les individus qui est l’objectif de l’approche économique de l’allocation des ressources, et certainement pas la maximisation de la production.

Si l’on redescend de la colline du plaisir pour revenir à des réalités plus triviales, que manque-t-il au PIB pour être représentatif de l’état d’un système macro-économique donné et de son évolution ? Dès lors que l’on écarte l’idée que le PIB exprime la santé de l’économie, cela se résume assez simplement : il manque la répartition de la satisfaction, la soutenabilité du système, la mesure des effets négatifs de la croissance – ces deux notions étant liées – et la prise en considération des services non-marchands.

La répartition de la satisfaction est essentielle, non seulement pour des raisons morales ou idéologiques, mais parce qu’elle contribue à l’efficacité du système économique. Cette idée est très ancienne : ce n’est pas M. Piketty qui l’a découverte à partir de courbes contestables de la répartition du revenu à travers les âges ! Pareto, mort en 1923, indiquait déjà que 80 % du revenu de l’Italie était concentré entre les mains de 20 % de personnes : c’est lui qui a inventé la loi du 80/20, qui n’est nullement une création contemporaine. Keynes a pour sa part démontré qu’une économie allait d’autant plus vite au déséquilibre, à l’inefficacité et à la récession qu’elle répartissait inégalement le revenu. La répartition du revenu est donc une condition fondamentale pour une croissance efficace, non sur le plan moral mais économique.

Deuxièmement, les effets négatifs de la croissance doivent être pris en compte dans une analyse économique complète. Prenons par exemple la croissance économique chinoise, aujourd’hui de 7 % – la croissance indienne étant à peu près du même niveau ; elle a beau être très élevée, elle s’accompagne – comme en Inde, d’ailleurs, l’indice de pollution dans les grandes villes indiennes étant aujourd’hui comparables à celui des villes chinoises –, d’un impact écologique négatif considérable, qui altère la croissance de deux façons : d’une part, parce que la pollution procure une très forte insatisfaction, une difficulté d’être et de vivre, et provoque de nombreuses pathologies, avec un coût très élevé pour ces sociétés ; d’autre part, parce que ce type de croissance entraîne l’épuisement des ressources et aboutit à un empoisonnement de l’environnement, ce qui est, à terme, une catastrophe. Si l’on veut avoir une vision sérieuse, j’allais dire néoclassique de l’économie, comme celle qu’avaient Léon Walras ou Vilfredo Pareto il y a plus d’un siècle, on devrait en tenir compte.

Cela nous amène à la soutenabilité : l’optimisation de l’allocation des ressources ne peut s’exprimer seulement dans l’instant, elle doit aussi tenir compte de cet aspect.

Quant aux services non-marchands, chassons de notre esprit l’idée que parce qu’un service serait non-marchand, il n’entrerait pas dans le domaine de l’analyse économique ! Un « prix Nobel » d’économie, Maurice Allais, a écrit des choses admirables sur le sujet. Les services non-marchands ont un coût, une utilité et, d’une certaine manière, une rareté : cela suffit à les faire entrer dans le domaine de l’analyse économique. L’économie n’a jamais reposé entièrement sur la marchandisation ; donner un signe monétaire aux échanges n’est pas nécessaire pour que les choses aient une valeur économique.

Dernier point, en 2008, le Président de la République de l’époque avait réuni une commission de trois excellents économistes : M. Joseph Stiglitz – qui, bien qu’il ait un côté amusant, voire farceur et qu’il se consacre essentiellement au journalisme depuis qu’il a reçu le « prix Nobel », reste un économiste académique de qualité ; M. Amartya Sen, qui joint au fait d’être professeur à Harvard celui d’être d’origine bengalie, ce qui me réjouit ; et M. Jean-Paul Fitoussi, bien connu des Français. Ils ont remis un rapport sans surprise pour quiconque avait des notions d’économie – mais très juste. Je regrette sa nature « grand public », car ses auteurs ne sont pas allés au fond des choses, c’est le moins que l’on puisse dire, et il lui manque une dimension théorique : cela aurait pu être l’occasion de revisiter la « colline » de Pareto de manière plus scientifique. Toutefois, ses conclusions sont intelligentes et intéressantes.

Quant à la présente proposition de loi, elle est a minima ; il s’agit d’une auberge espagnole. Comme l’a dit ma collègue, ce qu’elle prévoit, c’est la rédaction d’un rapport parmi d’autres. Peut-être faudrait-il aller plus loin et exiger des statisticiens qu’ils introduisent un certain nombre des nouveaux indicateurs dans la matrice de la comptabilité nationale conçue par Leontief.

Dans les années 1970, un roi du Bhoutan – peut-être un condisciple de Amartya Sen ? – avait proposé de mesurer le « bonheur national brut ». C’était farce – il y aurait beaucoup à dire sur le bonheur au Bhoutan ! –, mais il n’empêche que les systèmes d’analyse qu’il avait conçus n’étaient pas mauvais. Peut-être pourrait-on aller un peu plus loin dans l’analyse en France et essayer d’enrichir, année après année, les concepts d’utilité collective et de maximisation des satisfactions ? (Applaudissements sur les bancs du groupe écologiste.)

M. Jean Launay. Très bien !
Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 30/01/2015

Explication de vote contre la motion de renvoi en commission, 29 janvier 2015


S’il s’agissait d’affiner le cadre juridique ou de regarder un certain nombre de détails, de responsabilités, je pourrais comprendre que l’on veuille renvoyer le texte en commission. Mais de tout ce que j’entends, il ressort une méconnaissance totale des réalités du commerce international, notamment dans les secteurs de la distribution.

Manifestement, peu d’entre vous sont allés voir au Bangladesh ce qui s’y passe. Je suis allé, moi, visiter des usines. Cela fait vingt ans que je connais les usines et les arrière-boutiques en Inde. J’ai la double nationalité, je sais tout de même ce qu’on y fait.

Vous parlez de sous-traitants, d’arrière-sous-traitants, mais vous rêvez. Savez-vous comment cela se passe dans ces usines qui traitent avec la grande distribution européenne ? Imaginez-vous qu’on achète le tricot d’un côté et l’emballage de l’autre, ou qu’on fait l’emballage ou les étiquettes en France ? Le produit acheté au Bangladesh est un produit complet. Lorsqu’il arrive en conteneur en France, le vêtement, avec une étiquette libellée en euros et un emballage, est prêt à être mis sur les rayons.

La maison qui achète en France, car il s’agit non pas de sous-traitance mais d’un achat de marchandises, sait exactement où c’est fabriqué. Elle connaît parfaitement la capacité de l’usine qui fabrique. Elle le sait si bien qu’elle fait des contrôles de qualité pour être certaine du produit, pas uniquement sur le produit, mais aussi sur le mode de fabrication et les machines qu’elle a approuvés. Elle a des gens sur place, parfois des intermédiaires. Bref, si on n’a pas envie de contrôler, on ne le fait pas mais, si on en a envie, on le fait.

Encore une fois, s’il s’agissait d’arguments juridiques, je pourrais accepter, mais ce que j’entends est totalement étranger à la réalité des choses. Que ceux qui m’expliquent comme cela se passe aillent voir et comprennent un peu ce qu’est le commerce international aujourd’hui.

Pour ces raisons, et parce que, comme me le suggère mon collègue et ami Jean-Noël Carpentier, 130 000 personnes ont signé une pétition, le groupe RRDP s’opposera à la motion de renvoi. (Applaudissements sur les bancs des groupes RRDP et écologiste.)
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 30/01/2015

Abus de faiblesse

28/01/2015
Abus de faiblesse
La justice est rendue au nom du peuple français. Il ne saurait évidemment être question de s’immiscer en quoi que ce soit dans son fonctionnement ou de s’interroger sur un dossier auquel on n’a pas accès.
Il est cependant permis à un citoyen , voire à un législateur, de s’étonner d’un certain nombres d’éléments publiés par le presse à propos d’un procès en cours qui se déroule en ce moment à Bordeaux et dans lequel un certain nombre de personnes vont être jugées principalement sur la base de l’abus de faiblesse à l’encontre d’une personne très âgée et très fortunée à laquelle par ces abus on aurait soutiré des centaines de millions d’euros.
Quelques éléments sont de nature à nous étonner :
- Le principal témoin de l’accusation, qui exerçait la fonction de comptable auprès de la dame en question, est mise en examen pour faux témoignage dans cette affaire, aurait bénéficié de libéralités importantes en provenance de la partie adverse, ne peut assister pour des raisons de santé alléguées au procès du fait d’un état dépressif.
- L’un des prévenus, en l’espèce M. Eric Woerth, a fait l’objet d’une demande de non-lieu du Parquet dans cette affaire mais se trouve néanmoins cité à comparaître sachant que tout ce qui pourrait justifier sa comparution repose sur un témoignage indirect de la personne citée plus haut, laquelle indique qu’elle aurait remis 50 000 euros en liquide à un gestionnaire de fonds destinés, selon elle à M. Woerth.
- Un ancien président de la République a été cité dans cette affaire, sur la base d’ailleurs d’une confusion causée par une quasi-homonymie dans son carnet de rendez-vous qui avait laissé supposer qu’il avait rencontré Mme Bettencourt alors même qu’il rencontrait la famille de Mme Betancourt, à l’époque otage en Colombie, qui n’a d’ailleurs aucun lien de parenté avec la milliardaire qui aurait été abusée. Le Parquet a conclu au non-lieu.
- Une expertise médicale qui a examiné à telle date Madame Bettencourt considère que celle-ci était, plus de cinq ans auparavant, déjà en situation de faiblesse. Ce magnifique exemple de médecine ante-prédictive par laquelle on peut déterminer en voyant un patient quel était son état plusieurs années auparavant, étant l’œuvre d’un médecin qui a été par ailleurs le témoin de mariage du juge d’instruction.
Passons sur quelques témoignages annexes selon lesquels, par exemple, Mme Bettencourt aurait dit à une femme de chambre décédée depuis, à propos d’un ancien président de la République, qu’il en voulait à son argent, appréciation qui aurait été transmise avant sa mort par ladite femme de chambre à un autre employé de la maisonnée, ces paroles décisives ayant été prononcées à un moment ou d’ailleurs l’expertise médicale considère que la personne avait perdu sa capacité de jugement…
Le cinéma a souvent mis en scène des affaires judiciaires voire des procès. Les scénaristes aiment bien imaginer des renversements de témoignage ou de preuves qui donnent de la substance au mélodrame.
Cependant, aucun scénariste n’oserait imaginer autant de rebondissements ou d’invraisemblances dans un film d’une durée de moins de deux heures.
Il nous reste à espérer que la Cour pourra s’abstraire des considérations médiatiques, se fonder sur des éléments réellement probants et admissibles devant une juridiction, et finalement dire le droit.
Cela prendra sans doute du temps, mais il faudra retenir à la fin que la seule sentence qui vaudra sera celle qui sera prononcée ne dernier ressort par une juridiction et non pas les centaines de sentences qui ont déjà été prononcées par les cours médiatiques, sans autre forme de procès, sans considération du droit et sur la seule base du « on-dit » et du préjugé.
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 28/01/2015
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