Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse |
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Bis repetita…
11/04/2013
Contrairement à ce que dit Horace dans son art poétique (« Bis repetita placent », c’est-à-dire « ce qui est répété plaît »), je n’ai pas été heureux de l’issue du référendum alsacien sur la simplification des structures des collectivités locales dans cette région bi-départementale.
Cela m’a rappelé tristement le référendum négatif de 2003 en Corse, il y a dix ans.
On reproche souvent, entre autres, aux hommes politiques de ne pas avoir le courage de simplifier et de rationnaliser nos structures administratives mais, pour une fois, force est de constater que la plupart des hommes politiques alsaciens s’étaient bien mis d’accord pour simplifier mais que c’est le peuple qui s’y est refusé.
Il apparaît donc que même dans une région prospère, responsable, comme l’est l’Alsace, même lorsque les responsables politiques de bords opposés s’accordent sur un schéma de simplification, le peuple, consulté par la voie du référendum s’oppose à ce que la rationalisation des structures et leur modernisation prévalent.
Le général De Gaulle disait qu’il est difficile de gouverner un pays où il existe plus de cent sortes de fromages. Il m’arrive de me demander s’il faut comprendre cette phrase au sens propre ou au sens figuré…
Cela m’a rappelé tristement le référendum négatif de 2003 en Corse, il y a dix ans.
On reproche souvent, entre autres, aux hommes politiques de ne pas avoir le courage de simplifier et de rationnaliser nos structures administratives mais, pour une fois, force est de constater que la plupart des hommes politiques alsaciens s’étaient bien mis d’accord pour simplifier mais que c’est le peuple qui s’y est refusé.
Il apparaît donc que même dans une région prospère, responsable, comme l’est l’Alsace, même lorsque les responsables politiques de bords opposés s’accordent sur un schéma de simplification, le peuple, consulté par la voie du référendum s’oppose à ce que la rationalisation des structures et leur modernisation prévalent.
Le général De Gaulle disait qu’il est difficile de gouverner un pays où il existe plus de cent sortes de fromages. Il m’arrive de me demander s’il faut comprendre cette phrase au sens propre ou au sens figuré…
Commentaires (3)
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Rédigé par Paul Giacobbi le 11/04/2013
Margaret Thatcher
11/04/2013
Bien que je n’aurais pas approuvé une grande partie de sa politique si j’avais été à son époque citoyen ou parlementaire britannique, je suis choqué par l’indignité de certains commentaires, en particulier en France, à propos de la mort de Madame Thatcher.
Lui prédire l’enfer tout en annonçant le paradis pour un des chefs d’Etat les plus corrompus d’Amérique latine récemment disparu est évidemment indigne.
Comme il est, au passage, indigne de bénéficier de vacances tous frais payés par un gouvernement étranger lorsque l’on est un homme politique responsable.
Ce qu’a dit au Parlement britannique le leader de l’opposition travailliste me paraît plus digne et plus juste : « I disagreed with much of what she did, but I respect what her death means for many, many people who admired her and I honor her personal achievements”.
On peut tout de même aussi remarquer que bien des personnalités d’opposition ont en Grande-Bretagne souligné tout à la fois leur respect pour la personne de Madame Thatcher et leurs divergences envers sa politique.
Elle était une femme dans un monde politique presque exclusivement masculin, elle était fille d’un épicier dans un milieu dominé encore à ce moment par l’aristocratie et elle est devenue leader du parti conservateur puis Premier ministre pendant onze ans, battant, si mon souvenir est bon, le précédent record de longévité que détenait William Pitt le Jeune, celui qui, devenant Premier ministre à l’âge de vingt-quatre ans, devait, malheureusement, vaincre Napoléon.
Enfin, le communiqué de la reine est l’expression ultime de ce qui fût sans doute une véritable inimitié. La première réaction royale a été d’indiquer sans le moindre commentaire, que : « la reine avait appris avec tristesse la nouvelle du décès de la baronne Thatcher, Sa Majesté enverra un mot privé de sympathie à la famille. »
Par la suite, la reine a annoncé sa participation aux obsèques…
Lui prédire l’enfer tout en annonçant le paradis pour un des chefs d’Etat les plus corrompus d’Amérique latine récemment disparu est évidemment indigne.
Comme il est, au passage, indigne de bénéficier de vacances tous frais payés par un gouvernement étranger lorsque l’on est un homme politique responsable.
Ce qu’a dit au Parlement britannique le leader de l’opposition travailliste me paraît plus digne et plus juste : « I disagreed with much of what she did, but I respect what her death means for many, many people who admired her and I honor her personal achievements”.
On peut tout de même aussi remarquer que bien des personnalités d’opposition ont en Grande-Bretagne souligné tout à la fois leur respect pour la personne de Madame Thatcher et leurs divergences envers sa politique.
Elle était une femme dans un monde politique presque exclusivement masculin, elle était fille d’un épicier dans un milieu dominé encore à ce moment par l’aristocratie et elle est devenue leader du parti conservateur puis Premier ministre pendant onze ans, battant, si mon souvenir est bon, le précédent record de longévité que détenait William Pitt le Jeune, celui qui, devenant Premier ministre à l’âge de vingt-quatre ans, devait, malheureusement, vaincre Napoléon.
Enfin, le communiqué de la reine est l’expression ultime de ce qui fût sans doute une véritable inimitié. La première réaction royale a été d’indiquer sans le moindre commentaire, que : « la reine avait appris avec tristesse la nouvelle du décès de la baronne Thatcher, Sa Majesté enverra un mot privé de sympathie à la famille. »
Par la suite, la reine a annoncé sa participation aux obsèques…
Francophonie
07/04/2013
Madame Fioraso ministre de l'enseignement superieur vient de s'attirer les foudres d'Antoine Compagnon, professeur au collège de France à propos du projet de loi qu'elle présente et qui libère l'emploi des langues étrangères dans les cours, examens, mémoires et thèses en France. La ministre utilise un argument particuliérement malheureux: "si nous n'autorisons pas les cours en anglais, nous n'attirerons pas les étudiants de pays émergents comme la Corée du Sud et l'Inde. Et nous nous retrouverons à cinq à discuter de Proust autour d'une table, même si j'aime Proust..."
Dans un article de Libération du 4 avril, Antoine Compagnon souligne, outre le fait que la Corée du Sud n'est plus un pays émergent, que Proust est un des auteurs français les plus lus et commentés dans le monde, en particulier aux Etats-Unis, au Japon et... en Corée du Sud.
J'ai pu personnellement me rendre compte de cette gloire internationale de Proust en préparant la conférence que j'ai donné au collège de France à la demande précisément d'Antoine Compagnon. Je connaissais déjà l'immense travail de Philip Kolb, de l'université d'Urbana-Champaign, sur la correspondance mais la lecture de plusieurs thèses faisant autorité, écrite en français par des japonais, m'a convaincu de l'audience internationale de Proust.
Cependant cette dispute autour de la francophonie vient d'une confusion que j'avais souligné dans mon rapport sur l'investissement étranger en France entre langue véhiculaire internationale et langue de culture. Le français n'est pas et n'a jamais véritablement été une langue véhiculaire internationale même s'il était de bon ton jusqu'au début du siécle dernier dans les milieux aristocratiques de la Russie à la Turquie de parler français. En revanche c'est la langue de culture par excellence et bien des étrangers cultivés apprennent le français pour goûter Proust, Saint Simon et bien d'autres dans le texte.
Le rôle de langue véhiculaire n'est pas enviable, il s'agit en fait toujours d'une langue simplifiée, caricaturée, d'un sabir éloigné de ses racines, ce que l'auteur nomme un globish d'aéroport.
La France doit promouvoir cette langue de culture dont notre littérature est le fleuron plutôt que de prétendre imposer le français comme langue véhiculaire.
Au lieu de celà on a vu coup sur coup un président dénigrer stupidement madame de Lafayette, un ministre renoncer à commémorer Céline et enfin une ministre croire que Proust est un auteur inconnu hors de nos frontières.
Dans un article de Libération du 4 avril, Antoine Compagnon souligne, outre le fait que la Corée du Sud n'est plus un pays émergent, que Proust est un des auteurs français les plus lus et commentés dans le monde, en particulier aux Etats-Unis, au Japon et... en Corée du Sud.
J'ai pu personnellement me rendre compte de cette gloire internationale de Proust en préparant la conférence que j'ai donné au collège de France à la demande précisément d'Antoine Compagnon. Je connaissais déjà l'immense travail de Philip Kolb, de l'université d'Urbana-Champaign, sur la correspondance mais la lecture de plusieurs thèses faisant autorité, écrite en français par des japonais, m'a convaincu de l'audience internationale de Proust.
Cependant cette dispute autour de la francophonie vient d'une confusion que j'avais souligné dans mon rapport sur l'investissement étranger en France entre langue véhiculaire internationale et langue de culture. Le français n'est pas et n'a jamais véritablement été une langue véhiculaire internationale même s'il était de bon ton jusqu'au début du siécle dernier dans les milieux aristocratiques de la Russie à la Turquie de parler français. En revanche c'est la langue de culture par excellence et bien des étrangers cultivés apprennent le français pour goûter Proust, Saint Simon et bien d'autres dans le texte.
Le rôle de langue véhiculaire n'est pas enviable, il s'agit en fait toujours d'une langue simplifiée, caricaturée, d'un sabir éloigné de ses racines, ce que l'auteur nomme un globish d'aéroport.
La France doit promouvoir cette langue de culture dont notre littérature est le fleuron plutôt que de prétendre imposer le français comme langue véhiculaire.
Au lieu de celà on a vu coup sur coup un président dénigrer stupidement madame de Lafayette, un ministre renoncer à commémorer Céline et enfin une ministre croire que Proust est un auteur inconnu hors de nos frontières.
N’avouez jamais !
04/04/2013
Charles Baïhaut était ministre des travaux publics en 1886, c’est-à-dire au moment où a éclaté l’affaire du canal de Panama. Il fut traîné en justice avec plusieurs de ses collègues, dont Emmanuel Arène, député de la Corse, et il fut le seul à avouer les faits alors que tous les autres niaient et le seul à être condamné.
Cela fit dire à la presse : « N’avouez jamais ! », formule qui avait été d’ailleurs inspirée par les mots d’un condamné à mort, guillotiné en 1867.
Je ne partage pas ce cynisme et malgré que j’en aie, car le comportement de Jérôme Cahuzac m’a profondément choqué, ces aveux bien loin d’effacer sa faute, clarifient la situation, permettent à la justice d’enquêter plus vite et mieux sur cette affaire.
Cet après-midi à l’Assemblée nationale, plusieurs interventions, y compris celles de l’opposition et, en particulier, celle de l’ancien président Bernard Accoyer m’ont parues appropriées à la situation.
D’un mal peut venir un bien. Je déteste l’expression : « moralisation de la vie publique » car ce n’est pas de morale dont il est question mais avant tout de respect des lois dans leur lettre et dans leur esprit.
Quand Jérôme Cahuzac a menti devant l’Assemblée nationale, il a violé les règles les plus élémentaires de la République, et son aplomb ou son cynisme seront probablement pris en compte à charge dans la sanction qui lui sera infligée comme sans doute, à sa décharge cette fois-ci, les aveux qu’il s’est décidé à faire bien trop tard malheureusement.
Même s’il avait commis la faute ancienne de placer sur un compte étranger non déclaré des sommes importantes qui provenaient de surcroît d’un blanchiment de fraude fiscale, il avait eu la possibilité, du fait des dispositions d’amnistie fiscale, prises d’ailleurs par le gouvernement précédent, de rapatrier l’intégralité des sommes et d’acquitter la totalité des impôts et taxes afférents.
Il a choisi de ne pas bénéficier de cette possibilité, ce qui tendrait à prouver qu’il évaluait à ce moment son honneur à moins de 600 000 euros.
Je n’ai pas de compte en Suisse, la composition de mes biens est accessible sur mon site internet (http://www.paul-giacobbi.org/Le-depute-Paul-Giacobbi_a405.html) mais, à mes yeux, le devoir et l’honneur valent plus que tout ce que je possède. Bien plus !
Cela fit dire à la presse : « N’avouez jamais ! », formule qui avait été d’ailleurs inspirée par les mots d’un condamné à mort, guillotiné en 1867.
Je ne partage pas ce cynisme et malgré que j’en aie, car le comportement de Jérôme Cahuzac m’a profondément choqué, ces aveux bien loin d’effacer sa faute, clarifient la situation, permettent à la justice d’enquêter plus vite et mieux sur cette affaire.
Cet après-midi à l’Assemblée nationale, plusieurs interventions, y compris celles de l’opposition et, en particulier, celle de l’ancien président Bernard Accoyer m’ont parues appropriées à la situation.
D’un mal peut venir un bien. Je déteste l’expression : « moralisation de la vie publique » car ce n’est pas de morale dont il est question mais avant tout de respect des lois dans leur lettre et dans leur esprit.
Quand Jérôme Cahuzac a menti devant l’Assemblée nationale, il a violé les règles les plus élémentaires de la République, et son aplomb ou son cynisme seront probablement pris en compte à charge dans la sanction qui lui sera infligée comme sans doute, à sa décharge cette fois-ci, les aveux qu’il s’est décidé à faire bien trop tard malheureusement.
Même s’il avait commis la faute ancienne de placer sur un compte étranger non déclaré des sommes importantes qui provenaient de surcroît d’un blanchiment de fraude fiscale, il avait eu la possibilité, du fait des dispositions d’amnistie fiscale, prises d’ailleurs par le gouvernement précédent, de rapatrier l’intégralité des sommes et d’acquitter la totalité des impôts et taxes afférents.
Il a choisi de ne pas bénéficier de cette possibilité, ce qui tendrait à prouver qu’il évaluait à ce moment son honneur à moins de 600 000 euros.
Je n’ai pas de compte en Suisse, la composition de mes biens est accessible sur mon site internet (http://www.paul-giacobbi.org/Le-depute-Paul-Giacobbi_a405.html) mais, à mes yeux, le devoir et l’honneur valent plus que tout ce que je possède. Bien plus !
Bien des commentateurs mal intentionnés ont, en Corse, affirmé que le gouvernement et le président de la République renonçaient à toute révision constitutionnelle, excluant en tout cas d’y inclure une disposition propre à autoriser une ratification de la Charte européenne des langues minoritaires, et plus encore toute disposition relative à la Corse.
Je constate aujourd’hui, à l’inverse de ces commentaires mal informés ou malveillants :
- Primo, qu’il y aura bien une révision constitutionnelle,
- Secundo, que le président, socialiste, de la commission des lois de l’Assemblée nationale, Jean-Jacques Urvoas, s’est publiquement prononcé pour un article 53-3 de la Constitution qui permette la ratification de la Charte européenne (Le Monde 27.03.2013),
- Tertio, que dès lors que l’Assemblée de Corse se serait prononcée très largement sur ce qu’elle souhaite pour la Corse sur le plan constitutionnel, il sera bien difficile au gouvernement de s’y opposer.
En Corse, quelques responsables politiques, qui redoutent de « ne sortir de l’ambiguïté qu’à leurs dépens », rêvent d’une révision constitutionnelle qui tournerait court et les dispense de prendre publiquement leurs responsabilités.
Je leur dit aujourd’hui qu’ils seront pratiquement et clairement sommés de les prendre et de se prononcer pour ou contre…
Je constate aujourd’hui, à l’inverse de ces commentaires mal informés ou malveillants :
- Primo, qu’il y aura bien une révision constitutionnelle,
- Secundo, que le président, socialiste, de la commission des lois de l’Assemblée nationale, Jean-Jacques Urvoas, s’est publiquement prononcé pour un article 53-3 de la Constitution qui permette la ratification de la Charte européenne (Le Monde 27.03.2013),
- Tertio, que dès lors que l’Assemblée de Corse se serait prononcée très largement sur ce qu’elle souhaite pour la Corse sur le plan constitutionnel, il sera bien difficile au gouvernement de s’y opposer.
En Corse, quelques responsables politiques, qui redoutent de « ne sortir de l’ambiguïté qu’à leurs dépens », rêvent d’une révision constitutionnelle qui tournerait court et les dispense de prendre publiquement leurs responsabilités.
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