Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


   
Bernard Blier
Bernard Blier
On allait voir ce que l’on allait voir ! Roulant des mécaniques au figuré et des « r » dans la prononciation, le président du PRG avait imprudemment proclamé que ce mouvement quitterait le gouvernement si son chef charismatique n’était pas lui-même promu au rang de « ministre régalien », sans doute à la justice, ce qui n’aurait pas manqué de sel ou à la défense, ce qui n’aurait pas manqué de culot.
Il fallait accessoirement que le gouvernement garantisse le maintien éternel dans nos institutions républicaines de ce pilier sans lequel tout l’édifice s’effondrerait aussitôt : le conseil général du Tarn-et-Garonne.
Le Premier ministre n’en a eu cure et a maintenu à leur poste les trois ministres du PRG qui n’avaient d’ailleurs nullement démérité, bien au contraire, sans en ajouter aucun, ce qui paraissait aller de soi et sans promouvoir le président du PRG à un « ministère régalien » et ce d’autant moins que Christiane Taubira qui reste tout de même la figure emblématique de ce parti est confirmée dans ses fonctions et dans les tous premiers rangs du gouvernement.
Je crois me souvenir, même s’il est paradoxal de citer un ancien évêque à propos du radicalisme, qu’il en est des discussions politiques comme de tout dans la vie : « tout ce qui est excessif est insignifiant ».
Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 27/08/2014

Cassandre

02/07/2014
Cassandre
Il existe encore dans notre monde financier des institutions publiques qui font leur devoir.
La BIS (Bank for International Settlements) qui est formée par les banques centrales vient de lancer un avertissement enjoignant à ses actionnaires de commencer à reconstruire un monde économique dans lequel la croissance serait fondée sur moins de dettes, où les autorités monétaires se borneraient à fournir la liquidité nécessaire aux transactions sans combler les trous abyssaux des banques ou alimenter une spéculation galopante, dans lequel enfin on restaurerait la confiance dans le système financier.
Comme c’est le destin de Cassandre, ceux qui se trouvent ainsi avertis répondent par le mépris et par des raisonnements spécieux.
La réfutation principale s’apparente à ce que j’appelle le syndrome de la chute du 50e étage : malgré l’évidence du danger et l’imminence d’une arrivée au sol potentiellement léthale, celui qui s’est inconsidérément jeté dans l’abîme pense que jusque-là tout va bien au moment même où il franchit le 15e étage.
Bien peu de commentateurs admettent que nous aurions mieux fait d’écouter la BIS il y a dix ans lorsque son responsable du département économique et monétaire, Claudio Borio, avertissait le monde des banquiers centraux des dangers de l’excès de liquidités que M. Bernanke et M. Greenspan distribuaient alors au taux de 1% malgré une croissance de 4%.
Si nous avions alors restreint la liquidité afin de contenir, voire de réduire les bulles spéculatives et de l’immobilier, si nous avions jeté un œil lucide sur les produits dérivés et décidé d’en réglementer l’usage avant que ces monstres financiers n’échappent à tout contrôle, nous aurions peut-être connu une période de relatif ralentissement de la croissance mais, renonçant à la fuite en avant, nous aurions évité la crise.
Revenir à la raison sera beaucoup plus douloureux aujourd’hui mais poursuivre dans la folie de l’expansion monétaire sans limite nous conduira inéluctablement dans une crise plus grave encore que celle de 2007.
Malheureusement aujourd’hui, ceux qui décident sont les banquiers et ceux qui payent sont les peuples puisque le pouvoir de créer la monnaie qui était le privilège des Etats est devenu l’apanage des banques qui, depuis plusieurs décennies ont de surcroît échappé à tout contrôle de telle sorte qu’il y a peu de chance que les banquiers centraux puisent écouter les avertissements de leur Cassandre.
Le retour de la crise n’est plus aujourd’hui une hypothèse mais une certitude. Plus nous tenterons d’en reculer l’échéance par la poursuite de la fuite en avant, plus nous aggraverons la violence avec laquelle elle nous frappera et les dommages qui en résulteront.
Commentaires (3) | Rédigé par Paul Giacobbi le 02/07/2014
Les illusions perdues
Je ne sais pourquoi Arnaud Montebourg me fait penser à cet archétype ancien de l’arriviste que Balzac a immortalisé sous le nom de Rastignac…
Dans le cas particulier de notre Rastignac ministériel, la manière dont il traite de l’investissement et de l’emploi dans notre pays est particulièrement choquante.
La CNUCED indique dans un récent rapport que l’investissement étranger en France a chuté de 94% sur dix ans. Il n’atteint que 5 milliards d’euros en 2013 contre plus de 80 milliards d’euros annuels entre 2005 et 2007.
Cette contre-performance nous place parmi les derniers rangs des pays de l’OCDE pour l’accueil de l’investissement étranger, alors même que le chômage progresse chez nous quand il recule dans l’ensemble de l’Union européenne.
La récente farce d’Alstom et de General Electric est une illustration de cette politique de gribouille qui, prétendant nous conduire de succès en succès, nous fait dégringoler la pente chaque jour plus tout en faisant rigoler l’assistance.
General Electric est en France depuis des décennies, l’alliance GE-Snecma a permis à notre industrie nationale d’entrer dans la cour des grands des moteurs d’avion aux côtés de Rolls-Royce et de Pratt & Whitney et de vendre 22 000 turbines dans le monde entier, ce qui a entrainé la création de dizaines de milliers d’emplois dans notre pays.
Dès lors, la proposition d’un industriel de référence dont l’investissement en France a beaucoup profité à l’industrie et à l’emploi dans notre pays aurait dû être salué comme une chance à saisir et non comme une offensive à combattre.
Après avoir agité le fantasme du cow-boy américain venant prendre au lasso notre industrie nationale, notre Rastignac a dû admettre que sa « contre-proposition européenne » qui s’est d’ailleurs révélée japonaise entre temps ne tenait pas la route et que celle de GE était la seule envisageable.
Mais pour calmer l’amour-propre courroucé de notre ambitieux, il a fallu annoncer que l’Etat achèterait, pour la bagatelle de 2 milliards d’euros, une partie des actions d’Alstom détenues par Bouygues.
En réalité, GE conserve le niveau d’engagement de son offre initiale mais voit l’Etat se substituer à lui, à hauteur de 2 milliards, pour racheter les actions détenues par Bouygues. Ce n’est pas pour GE une punition mais une aubaine.
On a pris entre temps un décret grotesque sur le « patriotisme économique », concept emprunté à l’inénarrable Galouzeau, qui ne pourrait franchir la barre d’aucun tribunal ni en France, ni en Europe.
L’investissement étranger s’effondre : combien de dizaines de milliers d’emplois pourraient-ils être créés chaque année si l’on continuait à accueillir dans notre pays autant d’investissements étrangers qu’il y a dix ans ?
La France aime les Rastignac mais, pour rester dans la veine balzacienne, elle devrait aussi lire et relire « Les illusions perdues ».
Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 02/07/2014

Ma question au gouvernement, 25 juin 2014


Monsieur le Ministre,
S’agissant de la SNCM, je répète depuis deux ans que l’on ne peut esquiver les sanctions communautaires par des procédures dilatoires ou des rodomontades.
On ne peut plus faire miroiter aux partenaires sociaux je ne sais quel financement exotique ou étatique ou les deux à la fois pour le renouvellement de la flotte, pas plus qu’il n’est possible de faire payer au concédant ce qu’il ne doit pas.
Des mois voire des années d’études et de tergiversations ont au moins permis de mettre en évidence la seule issue possible : financement de l’investissement par l’intermédiaire d’une société d’économie mixte, discontinuité, restructuration.
Primo, vos conseils et les banques consultées ont indiqué que le renouvellement de la flotte pouvait être financé par l’intermédiaire d’une SEM ou d’une SPL. La Collectivité territoriale de Corse en est d’accord et vous devez présenter cette solution, d’ailleurs très classique, à la commission européenne.
Secundo, une solution de discontinuité devant le tribunal de commerce peut permettre, par la création d’une société nouvelle d’annuler le passif des sanctions européennes. Il vous appartient d’obtenir l’assentiment de la Commission européenne sur ce point.
Tertio, la restructuration doit, à l’évidence, aller au-delà de ce qui a été déjà accepté par les partenaires sociaux. Le périmètre de la nouvelle entreprise devrait comprendre, outre le service public de la Corse, l’activité d’Afrique du Nord.
La Corse a pris toutes les dispositions pour maintenir l’essentiel de ses capacités de transport et nous prendrons d’autres dispositions encore si nécessaire. Nous avons exigé et obtenu de l’Etat qu’il assure la liberté de circulation dans les ports. La prolongation de la grève aurait pour seule victime la SNCM et ses salariés.
Pour l’éviter, le gouvernement est-il prêt, avec les partenaires sociaux, les actionnaires et l’autorité concédante, à mettre en œuvre ces solutions ?
Commentaires (8) | Rédigé par Paul Giacobbi le 25/06/2014

Mon intervention en séance public sur le projet de loi du gouvernement, 19 juin 2014


Monsieur le président, monsieur le secrétaire d’État, monsieur le rapporteur, chers collègues, ce projet de loi est évidemment indispensable, puisque les échanges commerciaux de marchandises, au plan international, se font essentiellement par voie maritime. L’une des routes maritimes principales, celle qui relie l’Asie à l’Europe, passe par des zones minées par la piraterie – je pense en particulier aux rivages de la Somalie, et plus particulièrement à l’entité autonome du Puntland. Dans cette seule zone – et je ne parle pas du golfe de Guinée – ce sont 1 900 personnes qui ont été prises en otage par des pirates depuis 2008.

Il existe trois moyens de lutter contre la piraterie. Le premier, c’est la police en mer dans les zones à risques, qui est assurée en coopération par les grandes nations maritimes – et notre marine nationale y contribue. Le deuxième, c’est la coopération juridique, menée sur le plan international envers les pays côtiers où la piraterie sévit. S’agissant de la piraterie en Somalie, les Nations unies ont d’ailleurs fondé leur action sur un excellent rapport rédigé en 2010 et approuvé à l’unanimité par l’Assemblée générale des Nations unies. Ce remarquable rapport émanait d’un excellent professeur de droit international public spécialisé dans le droit maritime et qui est bien connu de cette assemblée, puisqu’il s’agit de notre ancien collègue et ami Jack Lang. Le troisième moyen de lutter contre la piraterie, c’est d’organiser la protection à bord des navires eux-mêmes. L’État, en France en tout cas, met déjà à disposition des navires de notre pavillon des personnels militaires de la marine nationale, mais la marine nationale ne peut répondre à toutes les demandes. Il est donc indispensable d’autoriser, mais aussi d’encadrer, l’activité privée de protection des navires.

C’est l’objet même de ce projet de loi, qui est donc parfaitement bienvenu. L’excellent rapport de notre collègue Arnaud Leroy, expert maritime reconnu et dont j’ai pu apprécier personnellement – sur un autre sujet maritime que M. le secrétaire d’État connaît bien puisque, malheureusement, il nous préoccupe tous deux – la compétence et la détermination.

Le droit de la mer m’a toujours personnellement fasciné. Peut-être est-ce une rémanence de mes origines insulaires. Il est fondé sur la libre circulation des navires de toutes les nations. Cela nous paraît aller de soi aujourd’hui, mais ça n’est pas toujours allé de soi. Les Britanniques voulaient imposer, au XVIIe siècle, un monopole de transport des marchandises à destination de leur pays, de leurs ports en faveur de leurs navires nationaux. Les Hollandais s’y sont opposés. C’est un Hollandais célèbre et remarquable, Huit de Groot, ou Grotius, avocat mais également théologien, qui a développé la théorie de la liberté des mers. C’est l’objet d’un livre admirable, Mare Liberum. Il a, en fait, créé le droit maritime des mers et, d’ailleurs, le droit international tout court.

Aujourd’hui, les violations de la liberté des mers par les nations ont été réduites. Il n’y en a plus beaucoup d’exemples, et la liberté des mers s’impose. Restent parfois des zones où, pour des raisons pratiques, il y a quelques entraves, mais enfin, globalement, les États respectent la liberté des mers. Ce qui pose problème, ce sont les zones côtières où le trafic est rendu dangereux, lorsque vous avez à la fois un trafic immense, vital pour l’humanité, et une zone politiquement instable et très pauvre, où la piraterie s’est développée.

Je saisis cette occasion – le secrétaire d’État aurait été déçu que je ne le fasse pas – pour rappeler que, s’il n’est pas question, dans mon esprit, d’assimiler toute entrave à la liberté de circulation en mer à la piraterie, il appartient à l’État d’assumer et d’assurer cette liberté de circulation et d’accès aux ports. J’ai donc d’ailleurs saisi le Premier ministre récemment pour lui rappeler cette obligation et son corollaire : si l’État décide – il peut le faire, au nom de l’ordre public dont il a la charge – de ne pas garantir ponctuellement cette circulation, il sera financièrement responsable de toute entrave qu’il aura tolérée. Cela vaut donc même si la tolérance de cette entrave pourrait se justifier pour des raisons d’ordre public. Le secrétaire d’État connaît ma détermination ancienne et renouvelée en ce domaine.

S’agissant de la piraterie, il va de soi que le groupe RRDP soutient totalement et approuve ce projet de loi. Il tient à remercier le secrétaire d’État et ses services, le rapporteur et tous les parlementaires qui y ont contribué.
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 19/06/2014
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