Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


   
Solidarité atlantique ?
Un récent article paru dans la presse américaine traduit le sentiment de tout un peuple, celui des Etats-Unis d’Amérique, sur Barack Obama : « The president is more a presider than a decider ».
On pourrait appliquer le même constat en France où notre président a bien du mal à décider et semble se borner à présider. Il y a pourtant deux différences.
La première est que si Barack Obama ne décide pas, c’est qu’il ne dispose pas d’une majorité à la chambre des Représentants et qu’une grande partie de ses opposants ne veulent même pas entendre parler d’un quelconque compromis avec un exécutif dont les idées sont aux antipodes de celles du Tea Party.
La seconde est que bien qu’il ne décide aujourd’hui de rien, l’Elysée se mêle de tout tandis que je ne crois pas que le président Obama soit tous les matins accaparé par une nomination au poste de service adjoint d’une quelconque agence gouvernementale.
Les niveaux de popularité respective ne sont pas si différents que cela et les perspectives de dérouillées électorales à court terme sont à peu près comparables.
On sait qu’une des rares orientations retenues par le président de la République française est une solidarité atlantique sans faille.
L’impopularité de l’un et de l’autre, les échecs électoraux à répétition auxquels leur conduite respective les condamne serait-elle une nouvelle manifestation de cette solidarité atlantique ?
Commentaires (7) | Rédigé par Paul Giacobbi le 04/11/2014

L’aveu

04/11/2014
L’aveu
L’aveu, en français, évoque cette situation psychologique qui caractérise l’individu qui, soumis à la torture, au harcèlement ou au traumatisme, qui finit par dire sa vérité.
A ma connaissance, il n’a fallu ni harcèlement, ni torture, ni traumatisme pour qu’Arnaud Montebourg avoue enfin ce qui était pourtant bien connu : qu’il n’avait aucune expérience, aucune connaissance, ni aucune idée de l’entreprise, ce qui ne l’a pas empêché d’expliquer péremptoirement pendant plus de deux ans aux chefs d’entreprises de France et du monde ce qu’ils devaient faire, tout en sous-entendant en permanence que quoi qu’ils fassent, ils étaient une espèce méprisable que rien ne pouvait racheter à ses yeux impitoyables.
Mais le plus surprenant n’est pas tant qu’Arnaud Montebourg avoue une ignorance dont chacun était conscient mais qu’il prétende, en un mois d’un enseignement qui lui sera donné dans une langue qu’il maîtrise assez mal de son propre aveu, devenir miraculeusement un cadre dirigeant que le monde des affaires s’arrachera.
Le roi Henri III aurait dit du Duc de Guise qu’il était encore plus grand mort que vivant.
Arnaud Montebourg reste, privé de toute responsabilité publique, à l’exception d’un mandat de conseiller général, tel qu’en lui-même, talentueux mais inconséquent.
Commentaires (2) | Rédigé par Paul Giacobbi le 04/11/2014

mardi 28 octobre 2014


Commentaires (5) | Rédigé par Paul Giacobbi le 28/10/2014

Mon intervention lors de la rencontre "Marcel Proust, le Temps retrouvé", organisée par l'Académie de Paris, 15 octobre 2014, au Lycée Raspail.
Captation vidéo disponible sur le site de l'Académie de Paris : http://www.ac-paris.fr/portail/jcms/p1_1033672/le-temps-retrouve-de-marcel-proust?hlText=proust


Une vision artistique, intellectuelle, patriotique et engagée de la Grande Guerre par un témoin privilégié : Marcel Proust
Proust est un artiste et sa vision de la guerre est d’abord esthétique.
Il nous en a laissé des tableaux émouvants ou lyriques, tragiques ou cocasses, historiques ou intimes, et parfois tout cela à la fois.
Comme je ne suis pas professeur de littérature, je ne vous présenterai pas ces tableaux, laissant à d’autres, plus qualifiés, le soin de le faire.
Je me bornerai à souligner le décalage chronologique que Proust a introduit entre sa vie et son œuvre dont on ne rappellera jamais assez qu’elle est un roman « où tout a été inventé par moi pour les besoins de ma démonstration ».
Dans la vie, « la mayonnaise » - celle du moment où les éléments de la genèse de l’œuvre prennent de la consistance selon le mot de Roland Barthes – se situe vers 1906 ou 1907.
Dans l’œuvre, l’illumination de la mémoire involontaire, enfin pleinement comprise par le narrateur à l’occasion de la fameuse matinée de la princesse de Guermantes, se situe clairement après-guerre… et peut-être même après la mort de Marcel Proust survenue en 1922. En effet, il se retire dans une seconde maison de santé – vers la fin de la guerre – « et beaucoup d’années passèrent avant que je la quittasse » ! Ce décalage n’est pas fortuit, on peut y voir une signification profonde, un double sens caché : comme si à la fois l’auteur veut confirmer l’idée que la guerre est vraiment le tournant de sa vie – le moment qui sépare ses deux vies, celle qu’il a vécu, celle qu’il a sublimée dans son écriture - comme elle est la fin d’un monde. Curieusement, Proust s’est peut-être donné dans son œuvre ce recul sur les évènements de la guerre qui lui a manqué dans sa vie.
Je voudrais simplement évoquer devant vous la vision d’un intellectuel engagé mais patriote qui apparaît tant dans La Recherche que dans la Correspondance.
Le patriotisme de Proust est celui de ses racines paternelles, paysannes et bien françaises.
Ses séjours de vacances à Illiers dans son enfance l’ont marqués mais c’est la guerre qui lui a fait comprendre qu’il était aussi, à sa manière, « un français de Saint-André-des-Champs ».
Sa curiosité intellectuelle pour la politique française et européenne, la diplomatie voire la stratégie, lui vient de la fréquentation parisienne du monde de la haute administration ou de la politique à travers les relations de ses parents (la famille de Félix Faure, les dîners avec les différents « MM. De Norpois » etc…), de ses études à Science po ou à la faculté de droit, voire pour la stratégie de son expérience militaire (le service militaire à Orléans) et surtout de ses conversations avec des officiers.
Son engagement citoyen date évidemment de l’Affaire Dreyfus dont il a précisément écrit qu’elle était avec la Grande Guerre l’un des deux évènements majeurs de sa vie (lettre de 1914 à Madame Strauss).
S’il est un témoin privilégié, c’est parce qu’il a un accès aux sources directes d’informations de par sa position mondaine. Il analyse du reste parfaitement le phénomène par lequel la maîtrise de sources d’informations de première main devient, à la faveur de la guerre, un atout mondain nouveau et exceptionnel qui explique, entre autres, l’ascension mondaine de Madame Verdurin.
De même est-il capable de mesurer, avec humour, la distance qui sépare l’information du public s’apparentant au bourrage de crâne de la propagande et la connaissance des faits réels et de leur portée réservée aux « happy few ».
Intellectuel, patriote et engagé, témoin privilégié, c’est à travers ces différents prismes que Marcel Proust nous fait entrevoir sa guerre : l’absurdité d’un conflit sans justification (I), la transformation sociale qu’elle entraîne dans les hautes sphères mondaines comme dans le peuple (II), le bouleversement des « valeurs » qu’il s’agisse de l’argent pour tous les citoyens comme pour le rentier et boursicoteur qu’est aussi ce grand écrivain, mais aussi de la morale qui s’effondre chez les uns ou qui se magnifie en héroïsme combattant au quotidien chez les autres voire qui connaît ces deux extrêmes chez les mêmes individus (III).

http://www.ac-paris.fr/portail/jcms/p1_1033672/le-temps-retrouve-de-marcel-proust?hlText=proust http://www.ac-paris.fr/portail/jcms/p1_1033672/le-temps-retrouve-de-marcel-proust?hlText=proust

Commentaires (2) | Rédigé par Paul Giacobbi le 22/10/2014
La librairie de Central Park ou la madeleine new-yorkaise
« Il y avait à New York une librairie française qui avait son siège au Rockefeller Center. Elle a fermé ses portes en septembre alors qu’elle existait depuis 1935. Et pendant ce temps, nous avons un service culturel qui occupe un magnifique immeuble sur Central Park, des bureaux où presque personne ne passe… ».
J’avais déploré dans ce blog cette fermeture de la dernière librairie francophone de New-York (article « Librairie », 19 février 2010) et l’avais dit au ministre des affaires étrangères de l’époque, M. Kouchner, lors d’une réunion de la commission des affaires étrangères (compte-rendu cité ci-dessus).
Il est très rare que les vœux des députés soient exaucés et pourtant, miraculeusement, c’est bien le cas aujourd’hui dans cette affaire puisqu’à l’initiative de M. Antonin Baudry, conseiller culturel à l’ambassade de France aux Etats-Unis, une librairie francophone a été ouverte récemment à l’endroit précis que j’avais indiqué comme possible, à savoir notre service culturel magnifiquement situé en face de Central Park.
Ce projet a pu se réaliser par la mobilisation de fonds privés, sans que le contribuable français ne soit sollicité.
En apprenant cette heureuse nouvelle, j’ai retrouvé miraculeusement l’état d’esprit combattif qui était le mien il y a quatre ans sur le sujet, comme si l’annonce de l’ouverture de cette librairie qui s’intitule « Albertine », du prénom d’un personnage central de La Recherche du temps perdu et qui comporte une salle de lecture Marcel Proust, avait agi sur les mécanismes de ma mémoire comme la fameuse madeleine pour la plus célèbre des réminiscences du grand écrivain.
C’est, en tout cas une initiative heureuse dont on espère qu’elle sera suivie d’autres de par le monde afin de promouvoir l’influence culturelle de la langue française.
Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 22/10/2014
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