Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


   
Le deuxième référendum écossais
L’Ecosse s’est prononcée hier, à une large majorité, en faveur du maintien de la nation écossaise dans le cadre du Royaume-Uni.
Le même jour, une très ancienne institution écossaise, le fameux club de golf de St Andrews, a organisé une consultation parmi ses membres afin de savoir s’ils étaient d’accord pour accepter des femmes dans leurs rangs.
Les 2400 membres, exclusivement masculins, du Royal and Ancient Golf Club ont pris part à un vote qui a accordé à 85% le droit aux femmes de devenir des membres à part entière du club.
Dorénavant, seuls trois clubs réputés restent exclusivement masculins au Royaume-Uni, le Honourable Company of Edinburgh Golfers de Muirfuild, le Royal Troon (sud-ouest de l'Ecosse) et le Royal St George's (sud-est de l'Angleterre).
Le résultat contre l’indépendance de l’Ecosse est plus controversé, mais ce référendum historique a pour conséquence immédiate une nouvelle évolution des liens entre l’Ecosse et le Royaume-Uni. C’est le sens de la déclaration de David Cameron qui s’est dit prêt à octroyer des pouvoirs renforcés aux quatre nations qui composent le Royaume-Uni.
Nous espérons que cet exemple donnera à réfléchir à ceux qui ne mesurent pas les enjeux des questions d’identité régionale, d’autonomie politique, voire de reconnaissance officielle des langues régionales et mènent des combats d’arrière-garde contre les soi-disant "égoïsmes", "populismes" et "séparatismes".
Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 19/09/2014
Henri Wallon, sortant des nuées, présente le bébé Constitution coiffé du bonnet phrygien.
Henri Wallon, sortant des nuées, présente le bébé Constitution coiffé du bonnet phrygien.
Le psychodrame du vote de la confiance au gouvernement Valls II, par lequel 269 députés ont accordé la confiance et 244 l’ont rejeté tandis que 53 s’abstenaient, évoque ce vers de Victor Hugo à propos d’une aventure militaire qu’avait connu son père le Général Hugo : « Le coup passa si près que le chapeau tomba et que le cheval fit un écart en arrière »…
Pour autant, prétendre que l’on ne peut gouverner durablement sans une majorité forte et stable ou que l’on ne peut rien fonder politiquement en dehors de ces conditions, c’est oublier au moins deux évènements parlementaires qui ont marqué notre histoire républicaine.
La condamnation à mort du roi Louis XVI a évidemment marqué l’histoire de notre République par une condamnation capitale et sanglante qui n’a été acquise qu’à une voix, ce qui n’a pas empêché l’exécution de la peine.
De manière moins sanglante, l’amendement Wallon par lequel, le 30 janvier 1875, le mot de « République » apparaissait clairement dans le texte du projet de loi constitutionnelle a été adopté par 353 voix contre 352, en première lecture, donnant ainsi naissance à un régime politique, celui de la IIIème République, qui a duré jusqu’au 11 juillet 1940.
Je n’imagine pas un instant que la date de la confiance au gouvernement de Manuel Valls ait dans notre histoire la même résonnance mais je constate que, pour la première fois depuis bien longtemps dans notre pays, un gouvernement a le courage de dire toute la vérité et se propose de redresser le pays sur le plan économique quitte à prendre les mesures les plus impopulaires qui sont celles que tous ses prédécesseurs, de gauche comme de droite, n’ont jamais eu le courage de mettre en œuvre.
Ce gouvernement ne durera certainement pas plus d’une trentaine de mois mais il pourrait, s’il a le courage et la détermination de suivre la ligne qu’il s’est tracé, rentrer dans l’histoire de notre redressement national.
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 19/09/2014

Négligences

10/09/2014
Négligences
C’est, semble-t-il, le mot à la mode dans la classe politique française.
Le sens commun condamne la négligence qu’il peut éventuellement traiter de « coupable ».
La vie publique française nous permet ces jours-ci d’aller plus avant dans l’analyse de ce comportement, voire des conséquences à géométrie très variable qu’il peut avoir en termes de mise en cause de la responsabilité des « négligents ».
Le premier cas est la mise en examen de Madame Lagarde pour « négligence ».
Elle aurait, selon la Cour de Justice de la République « négligé » d’analyser suffisamment et personnellement le dossier de recours à l’arbitrage dans l’affaire Tapie car c’est, en définitive, tout ce qu’on a réussi à lui reprocher après quatre années d’investigations.
Le Fonds Monétaire International, pourtant très soucieux des questions d’éthique, n’a pas cru bon de sanctionner Madame Lagarde, considérant sans doute que la supposée « négligence » dont elle est aujourd’hui accusée, ne lui vaudra aucune condamnation.
En revanche, la négligence fiscale des députés ou de leur conjointe semble avoir des effets paradoxaux, en raison inverse de la gravité des faits et de leurs conséquences pénales et financières.
Ainsi la « négligence » de Thomas Thévenoud, il est vrai choquante et irresponsable, à déclarer ses revenus comme tout un chacun, entraîne une vague de réprobation à son encontre, bien qu’il ne fasse l’objet d’aucune mise en cause pénale, tandis que la puissance de cette vague est telle qu’elle emporte son épouse dont le contrat de chef de cabinet du président du Sénat et le salaire qui va avec est suspendu, et que lui-même est exclu de son parti et de son groupe.
Mais d’autres négligences fiscales semblent passer inaperçues tout en étant manifestement d’une nature et d’un montant beaucoup plus significatif.
Ainsi la négligence d’une épouse de député, il est vrai UMP, à déclarer la possession d’une somptueuse villa de vacances dans une île de rêve, bien que cette négligence ait entraîné une mise en examen et l’obligation de verser une caution pour échapper à la prison, ne suscite aucune demande de la classe politique d’avoir à démissionner de ses fonctions électives, tandis que la vague de réprobation est, dans ce cas, tellement faible qu’elle ne va pas jusqu’à entraîner une exclusion du mari, par ailleurs aujourd’hui poursuivi et lourdement condamné dans le passé, de son groupe ni de son parti politique…
Je suis très en colère contre les négligents qui font de la politique et qui devraient savoir que lorsqu’on exerce une fonction publique, on doit veiller à refuser les cadeaux personnels, sauf lorsqu’ils sont purement protocolaires et d’une valeur très réduite, on doit s’efforcer d’être totalement sincère et à jour de ses obligations fiscales, ce qui est la moindre des choses quand on vote l’imposition et enfin avoir une vie personnelle qui ne puisse susciter ni scandale, ni réprobation pénale.
Ne pas être négligent suppose beaucoup d’efforts, beaucoup d’attention et oblige à y consacrer pas mal de temps.
Ne pas être négligent ne vous garantit pas contre la rumeur ou la malveillance voire la manipulation mais donne tout de même une certaine tranquillité d’esprit et une capacité à répondre aux attaques.
Reste que le meilleur moyen de se prémunir contre la négligence serait effectivement la prévention qui pourrait consister, par exemple, à vérifier la situation fiscale d’ensemble de chaque élu important au moment de son entrée en fonction, voire de sa candidature.



Commentaires (6) | Rédigé par Paul Giacobbi le 10/09/2014
Les illusions perdues II
Le 2 juillet 2014, j’évoquais ici-même et sous ce même titre la vacuité et la nocivité du précédent ministre du « redressement productif » qui vient de tenter avec son départ une manière de « rétablissement médiatique ».
Il n’y a pas lieu de revenir sur la vacuité mais la question se pose aujourd’hui de savoir si l’on va réellement changer de politique ou se contenter de concepts clinquants et de slogans tonitruants dont la nocivité est avérée malgré la démonstration de leur caractère creux.
Arnaud Montebourg a rendu un hommage perfide à son successeur en assurant qu’il avait été associé à tous les hauts faits de son ministère et, tout particulièrement, aux bras de fer perdus contre General Electric et Numéricâble et l’on peut légitimement redouter que cela ne soit vrai.
Emmanuel Macron est déjà, me dit-on, l’inspirateur de la grande pensée du règne, à savoir l’hypothétique « inversion de la courbe du chômage » et l’artisan des pactes successifs de stabilité et de responsabilité dont on parlera encore longtemps sans qu’ils aient encore produit pour les entreprises des effets concrets, sonnants et trébuchants.
Accordons-lui cependant le bénéfice du doute, voire celui du précédent.
Il est en effet le troisième ancien directeur à la banque Rothschild à entrer en politique, après Georges Pompidou et Henri Emmanuelli. Sans doute plus proche des idées du premier que du second, son expérience de banquier d’affaires n’est certainement pas un handicap, si l’on en croît ses prédécesseurs, pour réussir en politique.
Commentaires (7) | Rédigé par Paul Giacobbi le 27/08/2014
Bernard Blier
Bernard Blier
On allait voir ce que l’on allait voir ! Roulant des mécaniques au figuré et des « r » dans la prononciation, le président du PRG avait imprudemment proclamé que ce mouvement quitterait le gouvernement si son chef charismatique n’était pas lui-même promu au rang de « ministre régalien », sans doute à la justice, ce qui n’aurait pas manqué de sel ou à la défense, ce qui n’aurait pas manqué de culot.
Il fallait accessoirement que le gouvernement garantisse le maintien éternel dans nos institutions républicaines de ce pilier sans lequel tout l’édifice s’effondrerait aussitôt : le conseil général du Tarn-et-Garonne.
Le Premier ministre n’en a eu cure et a maintenu à leur poste les trois ministres du PRG qui n’avaient d’ailleurs nullement démérité, bien au contraire, sans en ajouter aucun, ce qui paraissait aller de soi et sans promouvoir le président du PRG à un « ministère régalien » et ce d’autant moins que Christiane Taubira qui reste tout de même la figure emblématique de ce parti est confirmée dans ses fonctions et dans les tous premiers rangs du gouvernement.
Je crois me souvenir, même s’il est paradoxal de citer un ancien évêque à propos du radicalisme, qu’il en est des discussions politiques comme de tout dans la vie : « tout ce qui est excessif est insignifiant ».
Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 27/08/2014
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