Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


   

Canard boiteux

16/04/2014
Canard boiteux
Un article polémique publié ce jour dans la rubrique « Prise de bec » du Canard enchaîné et consacré au futur Premier ministre de l’Inde, Narendra Modi, en dit long sur l’amateurisme de certains titres de notre presse française.
On peut penser ce que l’on veut de ce Monsieur et je suis loin d’ailleurs de n’en penser que du bien mais cet article fourmille d’erreurs, d’imprécisions, de contresens qui témoignent d’une méconnaissance totale du sujet.
Ainsi, l’article le baptise « gouverneur du Gujarat », poste qu’il n’a jamais occupé, alors même qu’il a été élu chef-ministre par le Parlement local représentatif d’une population presque équivalente à celle de la France.
En Inde, le gouverneur est nommé par le président de l’Union indienne pour le représenter localement et le chef-ministre est, lui, élu.
L’article l’accuse d’avoir participé à des massacres, admet tout de même que les enquêtes officielles n’ont pas prouvé son implication mais se garde bien de préciser que la Cour Suprême de l’Inde agissant en toute indépendance, sur la base d’une enquête extrêmement longue et documentée, n’a pas trouvé à lui reprocher quoi que ce soit sur le plan pénal.
On doit stigmatiser ceux qui ont fomenté de tels massacres mais quand la justice indépendante confirme l’innocence après des années d’enquête et de procédure judiciaire, il est hallucinant de qualifier de « massacreur » celui qu’elle a innocenté.
Enfin, il est choquant de contester par avance l’élection d’un homme dans la plus grande démocratie du monde dont chacun reconnaît, au plan international, la légitimité, comme si un petit hebdomadaire français pouvait l’emporter contre quelques centaines de millions d’électeurs libres.
Par ailleurs, ledit hebdomadaire devrait s’interroger aussi, a contrario, sur l’échec des adversaires, c’est-à-dire le pouvoir en place, celui du Parti du Congrès, qui s’explique en grande partie par la multiplication des scandales de corruption aboutissant à une impressionnante série de condamnations pénales et d’exclusions de la vie publique.
La polémique est saine, la critique est bienvenue, l’ignorance, le contresens, le parti pris et, en définitive, le mépris d’un grand peuple et de la démocratie en général enlèvent toute valeur à ce genre d’article.


Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 16/04/2014

9 avril 2014



Monsieur le Premier Ministre,
Dans la nuit du 23 mars, Jean LECCIA, haut fonctionnaire intègre, compétent et discret est tombé sous les balles des assassins.
C’est le crime le plus grave survenu en Corse depuis l’assassinat du préfet Erignac.
On m’a désigné, dans ce qui fut autrefois un journal de référence, comme le prochain sur la liste.
Pour cautionner ce pronostic morbide, on évoque la mise en cause de « proches » - parfois adversaires acharnés – dans des affaires mineures, prochainement jugées pour lesquelles la justice ne m’a pas entendu et moins encore soupçonné.
C’est la logique de la fable : « Si ce n’est toi, c’est donc ton frère ».
Ces échos stipendiés ne doivent pas nous détourner de l’essentiel.

Monsieur le Premier ministre, vous connaissez mieux que personne ici l’action que j’ai menée avec votre accord et le concours de l’Etat pour que les marchés publics de ma collectivité soient exempts de tout soupçon. Il en est résulté, pour les deniers publics, une économie de près de vingt millions d’euros.
Vous savez que, dans les mois qui viennent et sous mon impulsion, la Corse sera dotée d’un plan d’urbanisme rigoureux mais juste qui ralentira la spéculation immobilière dans notre île.
Comme il y a trois ans déjà, je vous redis ici qu’aucun risque ne me fera dévier du chemin de la République. Je connais votre volonté d’agir contre le crime en Corse et je salue les résultats déjà obtenus.
Monsieur le Premier ministre, à la chronique perverse des crimes annoncés, je vous demande d’opposer le discours de la raison et d’être, en cette occasion, la voix de la République.
Commentaires (12) | Rédigé par Paul Giacobbi le 09/04/2014
Les faits sont têtus.
Cette phrase, en français dans le texte, apparaît dans l’article publié par Paul Kagamé, président du Rwanda, dans le Wall Street Journal du 8 avril 2014.
L’accusation est précise : « In 1994, more than a million people died over 100 days as the Rwandan state, backed militarily and politically by France, told some Rwandans that it was their duty to murder other Rwandans. Les faits sont têtus – facts are stubborn – and no country is powerful enough, even when it thinks it is, to change the facts ».
L’accusation est grave.
Vingt ans après les faits, la France doit y répondre non pas en opposant une défense à une accusation mais en appelant toutes les parties à rechercher la vérité en pleine lumière, sous l’égide de la communauté internationale. Dans ce cadre, la France doit s’engager à livrer toute l’information dont elle dispose, ce qui implique évidemment de déclassifier tous les documents qui pourraient encore être classés au titre du secret de la Défense nationale.
Comme en témoigne cette tribune publiée par M. Kagamé dans un des journaux les plus influents au monde, l’opinion internationale n’accorde que peu de crédit à la version française, ce qui ne veut pas dire que celle-ci soit erronée.
Le seul moyen de convaincre, si la vérité est éloignée de la version du président rwandais, c’est de faire toute la lumière loyalement, sachant bien que dans cette affaire terrible, comme toujours, la vérité est complexe et que nul ne sort indemne de son apparition au grand jour.
Pour la France elle-même, indépendamment de notre position internationale, il serait salutaire, de faire un exercice de vérité car notre pays traîne dans son inconscient bien des épisodes sombres qui hantent sa mémoire collective comme la mauvaise conscience de fautes non expiées.
Avons-nous reconnu la campagne quasi génocidaire de Vendée durant notre glorieuse Révolution qui a fait des centaines de milliers de victimes ?
Avons-nous admis aussi clairement la collaboration que nous n’avons mis en lumière les héroïsmes de la Résistance et surtout toutes ces situations intermédiaires ou successives que peuvent connaître les populations occupées par une puissance étrangère et tyrannique ?
Cinquante ans après la fin de la guerre d’Algérie, avons-nous seulement scellé cette paix des braves que le Général de Gaulle appelait de ses vœux et placé librement dans la lumière de l’histoire cette triste époque sans rien en dissimuler.
Le refoulement des fautes commises et des traumatismes subis peut perturber toute la vie d’un individu jusqu’ à la rendre parfois extraordinairement difficile.
Il en est de même pour les peuples.
La mise en lumière des faits, le libre débat sur leur analyse, permettent de faire objectivement la part des choses et de tirer les leçons de l’histoire plutôt que de traîner comme un fardeau insupportable les non-dits et les parts d’ombre.
Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 09/04/2014
Le massacre d’un innocent
Les mots manquent – ce n’est pas une figure de style – pour dire adieu à Jean Leccia, tout simplement parce qu’il était innocent, c’est-à-dire honnête, étranger à la compromission, au-delà de ses qualités d’administrateur et de ses compétences.
A un moment où nous nous efforçons de construire un socle commun pour la Corse, autour de son identité et de son dynamisme, cet abominable assassinat nous rappelle que nous sommes malades de ce virus issu du croisement mortifère de la cupidité et de la violence.
Je ne doute pas un instant de la volonté du gouvernement de rechercher les responsables de ce crime. Malheureusement, quels que soient les efforts qui seront déployés, il faudra de la chance, beaucoup de chance, pour parvenir à confondre les coupables.
En tout état de cause, identifier et punir les criminels ne suffit pas, il faut parvenir à guérir notre île et chacun d’entre nous, à commencer par les responsables publics, doit y contribuer.
Entre autres, les efforts déployés d’un commun accord par l’Etat et la Collectivité territoriale de Corse ont permis d’économiser des millions d’euros grâce au contrôle des marchés publics et notamment aux enquêtes préalables de concurrence que nous faisons faire systématiquement pour tout marché important et dès lors qu’il y a la moindre doute.
De même, l’adoption dans quelques mois du Plan d’aménagement et de développement durable de la Corse (PADDUC), résolument orienté pour lutter contre la spéculation immobilière, peut contribuer à assainir la situation, ainsi qu’un jour l’adoption d’une réglementation d’accès à la propriété fondée sur la résidence.
Ecrivant cela, et surtout menant une telle action, je peux moi-même être menacé. Mais si je renonçais à agir dans ce sens, je sais que tous les efforts par ailleurs déployés pour faire progresser la Corse seraient vains.
Commentaires (2) | Rédigé par Paul Giacobbi le 01/04/2014

Le vrai scandale

13/03/2014
George Canning
George Canning
Monsieur Copé et Madame Alliot-Marie exigent la démission voire le limogeage de Christiane Taubira en citant les grands principes de la République.
Comme l’avait dit Sir Robert Peel qui citait George Canning pour justifier son revirement à l’encontre de l’agriculture britannique : « le thème, l’orateur, la citation, quelle heureuse combinaison… ».
Car enfin, Christiane Taubira n’est pas accusée d’avoir détourné des fonds de la caisse de son parti, pas plus qu’elle ne peut se voir reprocher une collusion d’intérêts avec une dictature étrangère, tandis qu’elle est au fond critiquée pour ne pas avoir interdit aux juges de procéder à l’écoute de Nicolas Sarkozy, ce qui eût été contraire à la loi et aux principes d’indépendance de la justice.
Mais au-delà de ces enfumages qui se dissiperont au premier vent, il reste une vraie question, voire un vrai scandale dans cette affaire.
Comment est-il possible que l’on en soit venu à écouter judiciairement les conversations téléphoniques entre un avocat et son client. Je ne doute pas que la décision des juges ait été en partie justifiée dans le cadre d’une autre affaire tandis qu’il est clair que la Chancellerie n’avait pas le droit de contester cette décision.
Mais comment les juges ont-ils pu en arriver à cette situation qui méconnaît un principe universel et fondamental du procès équitable : le secret des échanges entre un avocat et son client.
Dans ce pays qui défend comme un principe sacré le secret des sources de la presse, comment est-il possible que l’on ait oublié que le secret professionnel des avocats est bien plus essentiel à la démocratie ?
En réalité, la confusion est telle en France que l’on en vient à considérer les droits de la défense comme secondaires et le pouvoir médiatique comme supérieur à l’autorité judiciaire.
La justice elle-même s’est soumise à la presse qu’elle utilise trop souvent comme un moyen de prendre à témoin l’opinion publique, violant allègrement un autre principe, celui du secret de l’instruction, sans lequel il ne saurait y avoir de présomption d’innocence.
Comme dirait un certain Cicéron, avocat de son état d’ailleurs : « Ô tempora, ô mores ! ».
Commentaires (8) | Rédigé par Paul Giacobbi le 13/03/2014
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