La Toison d'or
24/01/2012
Charles le Téméraire portant le collier de l'ordre de la Toison d'or par Rogier van der Weyden
Nicolas Sarkozy a reçu des mains du Roi d'Espagne le collier de l'ordre de la Toison d'or, un ordre de chevalerie illustre, héritage autrichien et espagnol du célèbre Charles le Téméraire...
Est-il raisonnable d'accepter d'être décoré à la veille d'une élection à tout le moins disputée ?
Je rappelle ce que Winston Churchill avait dit en 1945 au roi qui lui proposait d'être décoré de l'ordre de la Jarretière (et d'être créé « duc de Londres ») : « Je ne peux accepter que mon Roi me décore de l'ordre de la Jarretière quand le peuple britannique vient de me décerner celui du coup de pied au cul... » (" Why should I accept from my sovereign the order of the Garter, when his people has already given the order of the boot").
Il reste peut-être au peuple français à envisager de décerner cette décoration...
Est-il raisonnable d'accepter d'être décoré à la veille d'une élection à tout le moins disputée ?
Je rappelle ce que Winston Churchill avait dit en 1945 au roi qui lui proposait d'être décoré de l'ordre de la Jarretière (et d'être créé « duc de Londres ») : « Je ne peux accepter que mon Roi me décore de l'ordre de la Jarretière quand le peuple britannique vient de me décerner celui du coup de pied au cul... » (" Why should I accept from my sovereign the order of the Garter, when his people has already given the order of the boot").
Il reste peut-être au peuple français à envisager de décerner cette décoration...
Mitt Romney's 15%
24/01/2012
John William McCormack (December 21, 1891 – November 22, 1980)
C'est le titre d'un article paru dans le Wall Street Journal à propos du taux d'imposition de M. Romney, candidat aux élections primaires américaines pour le GOP (« Grand Old Party », c'est-à-dire le Parti républicain), dont le symbole est d'ailleurs un éléphant.
L'Amérique est choquée qu'un milliardaire en dollars ait un taux d'imposition inférieur à celui d'un cadre moyen aux Etats-Unis. Cette anomalie résulte de dispositions fiscales adoptées en 2003 qui ont introduit un prélèvement libératoire à 15% alors que le taux moyen ou marginal de l'impôt sur le revenu est beaucoup plus élevé.
Il est intéressant de noter qu'il a fallu près de cinquante années de combat des lobbies qui défendent les plus fortunés pour aboutir à cette injustice monstrueuse.
C'est, en effet, en 1954 que le président Eisenhower avait proposé de taxer les dividendes d'actions à un taux inférieur à celui applicable aux salaires. Il est intéressant de relever ce qu'avait dit à l'époque l'un des leaders démocrates de la Chambre des Représentants : « John W. McCormack, a Massachussets Democrat who later was to become speaker of the House of Representatives, was outraged.
« The Eisenhower tax bill is undefensible in that portion which gives great benefits to corporations and constitutes a bonanza to stockholders, the larger ones in particular, », he said in 1954. « It is unjust, and in my opinion morally wrong, to make a person with earned income pay considerably more in taxes than persons with unearned income from dividends ». »
(Cité par Floyd Norris dans le New York Times du 20 janvier 2012)
Du fait de cette opposition, la taxation forfaitaire réduite n'avait été rendue applicable qu'à la première tranche de dividendes, inférieure à 50 dollars par an, ce qui favorisait le petit épargnant, sans diminuer la légitime imposition des grands patrimoines.
En France, Madame Bettencourt acquitte moins de 10% d'imposition sur le revenu...
François Hollande a parfaitement raison de vouloir un peu plus de justice fiscale et l'on voit bien que même dans le camp des libéraux américains, on est choqué par l'injustice fiscale.
Warren Buffett, un des hommes les plus riches du monde, qui a fait don à la fondation Gates de l'essentiel de sa fortune et qui milite publiquement pour l'imposition des grandes fortunes, remarquait qu'il était choquant que sa femme de ménage paye, en proportion de leurs revenus respectifs, plus d'impôts que lui...
L'UMP qui parle parfois du rêve américain ferait mieux de s'informer de ce qui se passe réellement aux Etats-Unis.
L'Amérique est choquée qu'un milliardaire en dollars ait un taux d'imposition inférieur à celui d'un cadre moyen aux Etats-Unis. Cette anomalie résulte de dispositions fiscales adoptées en 2003 qui ont introduit un prélèvement libératoire à 15% alors que le taux moyen ou marginal de l'impôt sur le revenu est beaucoup plus élevé.
Il est intéressant de noter qu'il a fallu près de cinquante années de combat des lobbies qui défendent les plus fortunés pour aboutir à cette injustice monstrueuse.
C'est, en effet, en 1954 que le président Eisenhower avait proposé de taxer les dividendes d'actions à un taux inférieur à celui applicable aux salaires. Il est intéressant de relever ce qu'avait dit à l'époque l'un des leaders démocrates de la Chambre des Représentants : « John W. McCormack, a Massachussets Democrat who later was to become speaker of the House of Representatives, was outraged.
« The Eisenhower tax bill is undefensible in that portion which gives great benefits to corporations and constitutes a bonanza to stockholders, the larger ones in particular, », he said in 1954. « It is unjust, and in my opinion morally wrong, to make a person with earned income pay considerably more in taxes than persons with unearned income from dividends ». »
(Cité par Floyd Norris dans le New York Times du 20 janvier 2012)
Du fait de cette opposition, la taxation forfaitaire réduite n'avait été rendue applicable qu'à la première tranche de dividendes, inférieure à 50 dollars par an, ce qui favorisait le petit épargnant, sans diminuer la légitime imposition des grands patrimoines.
En France, Madame Bettencourt acquitte moins de 10% d'imposition sur le revenu...
François Hollande a parfaitement raison de vouloir un peu plus de justice fiscale et l'on voit bien que même dans le camp des libéraux américains, on est choqué par l'injustice fiscale.
Warren Buffett, un des hommes les plus riches du monde, qui a fait don à la fondation Gates de l'essentiel de sa fortune et qui milite publiquement pour l'imposition des grandes fortunes, remarquait qu'il était choquant que sa femme de ménage paye, en proportion de leurs revenus respectifs, plus d'impôts que lui...
L'UMP qui parle parfois du rêve américain ferait mieux de s'informer de ce qui se passe réellement aux Etats-Unis.
James Tobin , prix d'économie en mémoire d'Alfred Nobel (1981)
James Tobin n'a jamais imaginé une taxe sur l'ensemble des transactions financières mais seulement une taxe dissuasive, à un taux assez élevé, de l'ordre de 0,5%, sur les transactions des marchés de change, ce qui est profondément différent.
Les transactions sur les marchés de change sont infiniment moins nombreuses que les transactions financières, elles font l'objet au niveau planétaire d'un mécanisme complet de compensation, elles peuvent donc être assez facilement et globalement taxées, non pas pour rapporter de l'argent mais simplement pour dissuader la spéculation.
Une taxe sur les transactions financières, c'est-à-dire sur les transactions des marchés financiers où s'achètent et se vendent des actions, des obligations, publiques ou privées, ainsi que toutes sortes d'instruments financiers parfois extraordinairement complexes comme les produits dérivés, est une idée sans doute politiquement attractive mais malheureusement économiquement absurde.
Le problème n'est pas de taxer les transactions mais bien en amont de limiter la masse des capitaux spéculatifs, d'interdire purement et simplement ou au moins de réglementer considérablement ces instruments financiers pervers et dangereux, tels que les véhicules de titrisation et les CDS, de contrôler la vitesse des transactions pour interdire l'usage de la haute fréquence etc...
Aujourd'hui, le monde de la finance ne contribue pas à la stabilité et à l'équilibre économique mais représente la cause essentielle d'instabilité tandis que la rémunération de ces activités pernicieuses n'a cessé d'augmenter malgré la crise au cours des dernières années et ce d'autant plus que les Etats et les banques centrales ont décidé de renflouer en permanence et sans limite toutes les institutions financières qui en auraient besoin sans pour autant jamais leur reprendre un centime de ce qu'elles donnent si généreusement.
Les experts nous disent qu'une taxe Tobin rapporterait en Europe 37 milliards d'euros.
C'est très peu au regard de plus de mille milliards d'euros de prêts gratuits consentis aux banques européennes par la BCE ou des centaines de milliards d'euros d'aide en fonds propres que les Etats européens ont souvent dû consentir à leurs banques en difficulté.
Pour autant, si la taxe Tobin était instituée dans la zone euro, elle entraînerait instantanément et d'autant plus facilement que les moyens informatiques le permettent, une délocalisation des transactions dans un lieu quelconque non taxé comme la City de Londres, Wall Street ou les îles Caïman.
La taxe ne rapporterait pratiquement plus rien et si elle était instituée seulement en France, elle entraînerait une délocalisation immédiate de toutes les activités financières de la place de Paris et ce d'autant plus facilement que la place financière de Paris est gérée avec celle de New York et quelques autres par une société de bourse unique qui s'appelle NYSE-Euronext.
Il y a un immense travail politique à mettre en oeuvre pour reprendre la main sur le monde de la finance qui est devenu autonome, en ce qu'il échappe aux lois et cela suppose une réglementation lourde, globale et très détaillée. Et comme ceci est très difficile à mettre en oeuvre, beaucoup de gens préfèrent nous faire croire qu'il suffit d'une petite taxe pour que tout rentre dans l'ordre.
Depuis 2007, j'insiste sur la gravité de la crise, son ampleur et sa complexité ainsi que sur le temps qu'il faudra pour en sortir, ce qui supposera aussi beaucoup de remises en cause.
On nous propose aujourd'hui une taxe qui n'aura que des effets négatifs, qui coûtera plus cher aux finances publiques qu'elle ne rapportera car la délocalisation des activités financières amoindrira nos recettes fiscales. Et que dire des conséquences en termes d'emploi de ces délocalisations !
Et c'est le président qui nous parlait du modèle anglo-saxon et des vertus infinies du libéralisme financier qui prétend aujourd'hui l'instituer !
Nous espérons que le peuple ne se laissera pas abuser par cette pantalonnade.
Les transactions sur les marchés de change sont infiniment moins nombreuses que les transactions financières, elles font l'objet au niveau planétaire d'un mécanisme complet de compensation, elles peuvent donc être assez facilement et globalement taxées, non pas pour rapporter de l'argent mais simplement pour dissuader la spéculation.
Une taxe sur les transactions financières, c'est-à-dire sur les transactions des marchés financiers où s'achètent et se vendent des actions, des obligations, publiques ou privées, ainsi que toutes sortes d'instruments financiers parfois extraordinairement complexes comme les produits dérivés, est une idée sans doute politiquement attractive mais malheureusement économiquement absurde.
Le problème n'est pas de taxer les transactions mais bien en amont de limiter la masse des capitaux spéculatifs, d'interdire purement et simplement ou au moins de réglementer considérablement ces instruments financiers pervers et dangereux, tels que les véhicules de titrisation et les CDS, de contrôler la vitesse des transactions pour interdire l'usage de la haute fréquence etc...
Aujourd'hui, le monde de la finance ne contribue pas à la stabilité et à l'équilibre économique mais représente la cause essentielle d'instabilité tandis que la rémunération de ces activités pernicieuses n'a cessé d'augmenter malgré la crise au cours des dernières années et ce d'autant plus que les Etats et les banques centrales ont décidé de renflouer en permanence et sans limite toutes les institutions financières qui en auraient besoin sans pour autant jamais leur reprendre un centime de ce qu'elles donnent si généreusement.
Les experts nous disent qu'une taxe Tobin rapporterait en Europe 37 milliards d'euros.
C'est très peu au regard de plus de mille milliards d'euros de prêts gratuits consentis aux banques européennes par la BCE ou des centaines de milliards d'euros d'aide en fonds propres que les Etats européens ont souvent dû consentir à leurs banques en difficulté.
Pour autant, si la taxe Tobin était instituée dans la zone euro, elle entraînerait instantanément et d'autant plus facilement que les moyens informatiques le permettent, une délocalisation des transactions dans un lieu quelconque non taxé comme la City de Londres, Wall Street ou les îles Caïman.
La taxe ne rapporterait pratiquement plus rien et si elle était instituée seulement en France, elle entraînerait une délocalisation immédiate de toutes les activités financières de la place de Paris et ce d'autant plus facilement que la place financière de Paris est gérée avec celle de New York et quelques autres par une société de bourse unique qui s'appelle NYSE-Euronext.
Il y a un immense travail politique à mettre en oeuvre pour reprendre la main sur le monde de la finance qui est devenu autonome, en ce qu'il échappe aux lois et cela suppose une réglementation lourde, globale et très détaillée. Et comme ceci est très difficile à mettre en oeuvre, beaucoup de gens préfèrent nous faire croire qu'il suffit d'une petite taxe pour que tout rentre dans l'ordre.
Depuis 2007, j'insiste sur la gravité de la crise, son ampleur et sa complexité ainsi que sur le temps qu'il faudra pour en sortir, ce qui supposera aussi beaucoup de remises en cause.
On nous propose aujourd'hui une taxe qui n'aura que des effets négatifs, qui coûtera plus cher aux finances publiques qu'elle ne rapportera car la délocalisation des activités financières amoindrira nos recettes fiscales. Et que dire des conséquences en termes d'emploi de ces délocalisations !
Et c'est le président qui nous parlait du modèle anglo-saxon et des vertus infinies du libéralisme financier qui prétend aujourd'hui l'instituer !
Nous espérons que le peuple ne se laissera pas abuser par cette pantalonnade.
Tobin or not Tobin...
11/01/2012
William Shakespeare
« Tobin or not Tobin, that is the question :
Wether 'tis nobler in the mind to suffer
The slings and arrows of outrageous market,
Or to take arms against a sea of traders,
And by opposing end them : to cut, to tax,
No more ; and by a tax, to say we end
The recession, and the thousand natural shocks
That economy is heir to ? 'tis a wise policy
Devoutly to be wished. To cut, to tax,
To tax, perchance to cash... »
d'après William Shakespeare
Wether 'tis nobler in the mind to suffer
The slings and arrows of outrageous market,
Or to take arms against a sea of traders,
And by opposing end them : to cut, to tax,
No more ; and by a tax, to say we end
The recession, and the thousand natural shocks
That economy is heir to ? 'tis a wise policy
Devoutly to be wished. To cut, to tax,
To tax, perchance to cash... »
d'après William Shakespeare
This is the title of a remarquable paper published last month in Foreign Affairs.I do not read regularly Foreign Affairsbut the indian ambassador in France, Mr Rakesh Sood, recommended it to me (we are living in a global world : a french MP read a paper published by an american newspaper on the advice of an indian diplomat...)
The author is George Packer from The New Yorker and he delivered this essay as a lecture at the New York Public Library.
The last sentence is : « Inequality undermines democracy ».
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bonjour ,à propos de liberté de parole , monsieur le député, n'y aurait il pas actuellement un abu...Ecrit par Antoine le 26/01/2012 -
La Toison d'or
M Giaccobi Désolée je n'ai vraiment pa...Ecrit par M.A le 25/01/2012 -
La Toison d'or
Au cas où vous n'auriez pas compris "the order of the boot" c'est la seule décoration que le peupl...Ecrit par Paul Giacobbi le 25/01/2012 -
La Toison d'or
Bonsoir Antoine Contente de vou...Ecrit par M.A le 25/01/2012 -
La Toison d'or
bonsoir M.A . bonsoir le blog . Monsieur l...Ecrit par Antoine le 25/01/2012




